LETTRE CVI
DB CIYILITi BT BB ROUTBLLBS PCBLIQITBS , ▲ H. LE MARQUIS SB CÀKILLÀC , BRIGADIER DBS ARHBES DO ROI , COLONBL t
DU RBGIMBBT DB ROOBRGUB.
J'ài eu , monsieur, un sensible plaisir de recevoir de vos nouvelles, et d'apprendre que les fatigues d'un siëge où vous avez eu beaucoup de part n'ont pas altéré votre santé. Il ne vous reste plus, ce semble , après la conquête de Suze , qu'à faire quelque dégât dans le pays, et à réprimer l'insolence de vos barbets, qui ne valent guère mieux que nos caçiisars.
On a usé tous les moyens de douceur et de négociation pour ramener ces derniers -, mais c'est une race devenue si féroce, que rien n'est capable de les adoucir.
Nous sommes retombés dans les craintes d'une descente -, quelques frégates ont paru , et nos généraux sont allés à Cette et à Aigues-Mortes comme les autres; cependant la moisson se fait tranquillement. On a enlevé grand nombre de Cevenots moissonneurs. Ces scélérats ne tuent plus-, ils prennent des chevaux partout , et je ne sais à quel dessein ils font un corps de cavalerie , mauvaise , àla vérité, mais incommode par ses courses. Ils déclarent que , si l'on fait mourir
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quelqu'un de leurs frères , ils reprendront le glaive , et tueront plus que jamais. Voilà, monsieur, un état bien triste:; et le conseil que vous me donnez cl'aUer passer à Paris Fliiver prochain, est bien raisonnable. Il faut attendre les ëvënemens de cette campagne. L^Espagne , l'Italie , le Piémont jusqu'ici vont bien. La naissance du duc de Bretagne est un grand bonheur pour le roi et pour le royaume. Il se forme du côté d'Allemagne de gros nuages. Dieu veuille qu'on les dissipe. Ce seroit nn grand plaisir pour moi de me trouver à Paris avec vous, et de pouvoir vous y assurer qu'on ne peut être plus parfaitement que je le sais , monsieur, votre, etc.
A Nismes , ce 4 juillet 1704.