LETTRÉ CXVI
Biin Lk PKOVB88IOR HBS ABMES BT SB8 DARGBRS , A DM DB SB8 RBVEUX QVI QOITTOIT L*éTAT ECCI.B8U8TIjQ1IB POIIB. L*BMBBAf8BB.
J'ai vu par votre lettre , mou cher néveû ,' la résolution que vous avez prise de quit^jer Tëtat ecclésiastique , ou il sèmbloit que «vous étiez destiné , pour prendre là profession des armes, où je n^avois pas cru que votre inclination vous eut porté. Votre frère vous aura montré la lettre où je le chargeois de vous représenter les diffieultés et les inconvéniens de ce changement, tant poift* la facilité du salut que pour le repos et pour la commodité de la vie. La crainte que j'avois qu'il n^entrât dans cette espèce de vocation imprévue quelque légèreté d'esprit, quelque vaine éspératice, ou quelque considération mondaine, me faisoit quelque peine. Depuis que vous m'avez vous —même mandé que vous avez consulté Dieu , et que vos supérieurs , vos directeurs et vos amis ont approuvé votre dessein , je ne puis en juger autrement , c'est à vous à vous bien examiner encore 5 pour moi , j'aime mieux vous voir bon et pieux guerl'ier que mauvais ecclésiastique. On peut servir Dieu en servant le roi , et ces deux maîtres ne sont pas incompatibles. Vous savez les dangers qu'il y a dans cette profession , et pour la personne et pour la conscience. Songez aussi que vous n'avez pas de bien pour vous soutenir et vous avancer, comme peut-être
DE FliÉGHlER. 1^3
voos le penses dans cette coiidition, et qae lé mien , est d'noe nature à pouvoir servir à votre nécesîsitë , et non pas à votre ambition ; si elle n est pas raHo^n-' nable, etc.
A TfUmes, ce ;i3 novembre 1704*
LETTRE CXVlt:
Ds iroirvBi.LSS sua m halvsum fobi*icb%»
A H. I.B COMTB DE CALV^SOK. ^.
Nous voici , monsieur , aux états où nous serions avec plus de plaisir , si vous eussiez exécuté le dessein que vous aviez pris d'y venir. L'ouverture sera faite le 4- Belles harangues, bonnes tables, grande compagnie , grand nombre d'évéques. Nous venons de donner au roi ce qu'on nous a demandé de sa. part, trois millions de don gratuit, et deux millions de capitation. C'est peu pour les besoins de l'État , c'est beaucoup et, si je l'ose dire, trop pour la misère de la province. Nous espérons que sa majesté aura égjird à son tour à nos, besoins, et nous fera quelque remise.
Je n'ai jamais eu le courage de vous écrire que nos malheurs étoient finis ; je sentois bien le petit repos dont nous jouissions, mais je prévoy ois qu'il neseroît pas de longue durée. Nos maux étoient soulagés ^ mais je ne les ai pas crus guéris. Gatinat ' , un des plus grands meurtriers du pays , qu'on àvoit conduit
' Nom de gi^erre dç Tan.des cfaefe des fianatif{«M« . • ' •
Iy4 LfiTTRES
à GeoèVe ^ est, rentre dans Lovauuage avecploiieiirs sateUileÀ a dm scélëraf^ que lui. Ot cmt que CavsH lier^^jd: ferabioatôt autant. Il écrit qail est prêta partir. Il vient avec quelques secours et des instructions de SaVoie. Les peuples sont aussi fous qu'ils l'étoient , et il est à craindre que nous ne voyions renouveler la rébellion ^ous de^ fofraes peut-être nouvelles qui ne seront pas moins dangereuses. Dieu veuille détourner Torage , et ôter la force au poison piémontois dont CesT esprits sent infectés ! Il n'est pas encore temps de publier tputcela. Mille complimens a inadamé là comtesse. On ne peut être avec un plus parfait attacbem^ent que je le suis àTuil et à l'autre , monsieur, votre, etc.
A Montpellier, ce la décembre 1704.