‹ Œuvres complètes de FléchierChapitre 94 sur 181 · LETTRE CXXXV IL · texte numérisé non relu

LETTRE CXXXV IL

DR CIVILrrÉ BT DE KOtIVSLLBS SUB LB8 APFAfR%8' TUBUQVBS, * A M. L^RCtaSV^QUE DE 8ABACO80B.

Les grandes affaires que .mous, avons eues en ce pays -ci, monseigneur, et ceHes qui occupent sans doute votre excellence en Aragon m'ont fjiit passer un assez long intervalle de temps sans lui renouveler mes profonds respects et mes sincères obéi^ance«. Lorsque nous pensions avoir éteint le feu de la relïetUon des fanatiques, et que nous croyions être en repos, des émissaires d'Angleterre et de Savoie sont venus rallumer le flambeau falaJ , ont fait Tentcer dans le royaume ceux que la crainte des supplices ou lès ordres du roi en avoient fait sortir , et ont forme des desseins c/uèls qui anroient désolé cette province et les personnes qui la gouvernent. Dieu, par une protection particulière , fit découvrir la conspiration dans le temps qu'elle alloit éclater. Tous les chefs furent arrêtés,* convaincus, punis, et nous jouissons présentement d'une'assez grande tranquillité. Noua apprenons avec douleur les conspirations qui se forment aussi par les factions de quelques grands, qui, suivant les conseib et les projets de l'Amirante, méditent des choses vaines contre le Seigneur et contre son Christ. Nous sommes trop touchés de la gloire de votre nation et de la réputation de fidélité qu'elle s'est acquise, monseigneur, pour

igS LETTRES

croire que Ja noblesse et les peuples d'Espagne aient quelque part à ces mouvemeçs de rébellion. Votre excellence a été heureusement choisie pour contenir le royaume d'Aragon dans les lois de Fohëissance, dont elle lui donne les règles 'et les exemples. Je prie le Seigneur qu'il répande ses bénédictions de douceur et de paix sur tant de nations inquiètes qui s*élèvent contre les autres et contre elles-mêmes. Ce-' pendant y' monseigneur, la campagne n'a pas coiii-» menc4. Les grands desseins de milordMarlborough ont échoué. M. le maréchal dé Villars a forcé les lignes de Vdssembonrg. M. le duc de Vendàtne va au de^ vaut du pince Eugène pour le combattre. Le siège de Chivan se continue, et bientôt celui de Turin» L'armée de Flandre est aussi forte que celle des enfienii^. Les i^écontens de- Hongrie sont plus animés que jamais. Vos troupes sont en quartier de rafraî^ chissement, et se fortifient tou§ les jours, et j'espère que les ennemis de nos rois n'auront pas sujet de s^ réjpuir. Vos prières, monseigneur, et vos conseils sont d'un grand secours. Je vous souhaite, pour Thonnettr de l'Église et pour le bonheur des peuples que vous gouvernez , une parfaite santé , et sais avec une profonde vénération , monseigneur, de votre excellence, lé , etc.

A filmes, ce i5 juillet 1705.

DK FLÉCHJER. 199

LETtRE CXXXViri.

nr C09S0LÀTI0» cnnsTiEicNe -à jiadamb de svjiECTEniiB, sv» L4 moet

BB SA riLLE.

La mort de madame de Floven^ac, madame, m*a surpris et affligé touj; ejnsemblé. Je. me confiois à son âge et à sa santé , et je ne croyoîs pas qu'elle dû^ si tôt nous faire regretter sa perte. Mais qu'y a-t-ii de, certain et de solide dans la vie? Dans le. dessein que vous aviez de passer le reste de vos jours dans la retraite , Dieu a peut-être voulu rompre les seuls liens qui pouvoient encore vous attacher au monde, et réunir en lui l'afiection qui vous restoit encore pour une fiUe que vous aviez toujours tendrement année* Je ne doute pas que Vdu$ ne so^ez sensibleifaent touchée , et je compatis à votre douleur. Il faut faire «u Sei* ■gneur un sacrifice volontaire des maux inévitables qui nous arrivent, et faire de ses peines une partie de notre pénitence. Ce qui vous doit consoler en cette occasion, c'est la résignation et la patience chrétienne avec laquelle on me mande que maditme votre fiUe est morte, il faut nous préparer au même passage par nos bonnes oeuvres , et prier Dieu qu'il nous y prépare par sa grâce. Je vous souhaite les consolations qui viennent dé l'esprit consolateur, et sois parfaitement, madame, votre, etc.

A Nismcs, ce i5 juillet 1705.

LlTT'rRE CXXXIX.

DE <:IT1LITB BT BB PIBTB A LA SOBDB ARCiLIQC^ DU SAUCT-JHtKl'T.

Je vous «uis obligé , ma chère sœnr , de la part que von? avez prise à la perte que riouS avons fake de mon Dev.eu. 11 étoittout forrôë, tout établi, Taîné de sa famille, et- propre à s'avancer dafts le service. Dieu l'a a^elé , il a eu le temps de se reconnoître. Il n'a plus* besoin que de nos prières. Je vous demande Jés vôtres. Je suis bien aise que votre père Provin- .cial ait fait la visite de votre monastère. Je ne doute pas que vous n'en ayez reçu beaucoup de consolation^ et vous me faites plaisir de ccoire que j'y ai qoelcjoe part, car pei^onne ne souhaite plus que moi votre «al'ùt et votre repos dado^ la vie austère que vous avez embrasa. Le désir que vous avez de remplir les deiroirs'de votre vocation , et la grande charité que. vos mères ont toujours eue pour vt)us vous doivent aider à porter le joug à\k Seigneur avec courage. Je vous offre souvent à Dieu dans mes prières, ^t je vous assuré qu'on ne peut être plus véritablement que je le sms, ma chère sœur, votre, etc.

. Recommaûdez-n^oi bienj^ux prières de votre révérende mère abbes^ , ^tde la mère. d.e îSorge^ , et fai^ tes-leur mes complimens,

A IN^ismes, ce 17 octobre 1705.

DE FLÉCHIEK. aOf

LETTIÉE CXL.

toi CIVILITK KT d'i IVOQVBLLBS PUBLIQUIt, \ H> l'aICHItIqOS

, 1>B SAmAGosax.

Nous apprenons avec beaucoup de douleur, monseigneur, les malheureux procès que font les hérétiques et les rebelles dsins la Catalogne. Barcelone prise , la foi de la capitulation violée , le vice-roi et les autres généraux pillés impunément et détenus prisonniers contre toute sorte de droit ; la garnison jointe .aux rebelles par force ou par corruption ; Gi* rone rendue .et Tévéque indignement traité , parce qu'il a été constamment fidèle. Toute cette province enfin injuste et déréglée nous cause beaucoup dHn* quiétude et de diagrin , et nous fait craindre des suites encore plus' fâcheuses, si Di^u n'arrête le cours de ces malheurs. Nous apprenons d'un autre côté les soins et les môuvemens que votre excellence se donne non- seulement pour ' contenir les peuples qu'elle gouverne dans la fidélité qu'ils doivent à leur souverain, mais encore pour lever des troupes et des milices du pays contre les autres qui se révoltent. Ce qui nous fait espérer que le torrent de la sédition, s'il déborde vers vos frontières , sera retenu par les digues qui lui seront opposées. J'ai un grand plaisir, monseigneur , de voir dans ce royaume la confiance qu'on a en la prudence et la fermeté de votre excel-* lence , dont le mérite est connu partout. On sait que.

c'est elle qui anime les communaulés et les particuliers, qui inspire rattachemeiit etle zèle pour le service du prince et de la patrie, et qui en donne Tordre et l'exemple tout ensemble. 11 tant avouer qu'il y a eu quelque* négligence à pourvoir les places de Catalogne de garnisons et de munitions nécessaires pour leur défense; on s'est un peu endormi sur la difficulté des projets. i'Ëspagne n'a pas assez àfpré«* hendé là guerre , la'France Ta portée en tant d'en* droits qu'elle a peine à suffire à tous. Les ennemis des deux* couronnes ont cherché les foij^lês, et se août appliqués à profiter de notre p«u de soin ou de notre peu de prévoyance ; et ne pouvant vaincre les peuples par la force , ils les ont corrompus par leurs artifices. Cependant avec les secours do Ciel nous viendrons à bout de tout. On va lever des milices, oh va convoquer la noblesse, et la«rebel|ion et l'hérésie seront coufondqes.

Je prie le Seigneur qu'il conserve votre excellence pour le bien de l'État et de la religion , et qu'il me donne des occasions de lui ténM>igner par mon respect et par mes obéissances qu'on ne peut être plus parfaitement que je le suis, monseigneur, de votre excellence , le , etc,

. A Nismes, ce a8 oclobrc 1705.

DE FLÉCHI ER. 1o3

LETTRE CXtI.

COMrLIHEIfT A VADAMS LA l|Àft«CilALS bIIGI|SMft I^S VllLAftS.

«y AI vu, madame, dans une lettre à madame de Nouy , la bonté quQ nous a^ez de vous souvenir que vous avez été quelque temps ma diocésaine, et que j'ai e'të votre évêque. Je n*ai pas oublié non plus les soins que vous preniez d'adoucir le troupeau féroce , et de consoler le pasteur affligé. JNous jouiséons, grâces à Dieu , de la paix que vous nous avez laissée en ce pay&-ci depuis que vous en êtes partie-, m»is, depuis la prise de Barcelone et des autres places de Catalogne, qui peut s assurer de tant d'esprits mal idtentionnés et naturellement rémuans? Pour vous, madame^ vous tenez à Strasbourg votre cour plénièr^,, Vous voyez la guerre de vos fenêtres et vous n'en sentez pasTincommodité. L'armée est assez bienpq^ tée pour ne pas craindre les ennemis , et assez ptè$ de vous pour vous fournir bonne compagnie , et voas n'avez d'autre chagrin que la part que vous prenez à celui de M. le malréchal ', à qui l\)n ôte les moyens de vaincre. Vous aviez bien voulu vous charger de nosts faire savoir ce qu'il feroit en Allemagne. Et ^»e n'auroit- il pas fait? Mais le sort ou l'état des^affiiii«& nous a fait perdre le fruit des belles aotk»» qu'il avoit projetées, et la boulé que vous auri«a;eue dp nQU3 les apprendre , qui auroient été deux grands plaisirs pour nous. Ce sera pour la campagne pro-*

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chaîne. Vous ne songez présentement* qu'à passer rhlver à Paris où je Voudrais bien pouvoir vous aller assurer, madame, qu'on ne peut vous'honorer plus pa^aitemeat que fait votre , etc.

A Niâmes , ce 3 "noYembre i yoS.

LETTRE GXLII.

DE CIVILITE ET DE «OUVELLES PUBLIQUES, A*M. LVacnEVBQUB I^B 8ÀEAG0S|E.

Lk tribulaiioq où vous vous trouvez , monseigneur, par le malheur des temps et par la rébellion des peuples de votre voisinage , dont le mauvais exemple a .porté sa contagion jusque chez vous , m'engs^e à vous souhaiter avec plus d'ardeur les bonnes et hea*reuses fêtes de la naissance de Jésus -Christ. Je n^ai pas douté que votre excellence ne se servît de tous les moyens que son autorité , sa vigilance, sa religion e\ son zèle pour le service du roi lui fourniroient pour arrêter ces déréglemens populaires. Mais je sais par expérience les dérangemèns et les désordres que causent dans un pays l'irréligion et la révolte, et la difficulté qu'il y a d'éteindre un feu que l'infidélité et l'hérésie ont allumé ^ et je juge de vos inquiétudes, monseigneur , durant les courses et les violences des rebelles qui vous ont troublé , par celles que nous ont données les fanatiques, quoique nous n'eussions qu'un pouvoir subordonné , et que nous ne fussions chargés que de la conduite spirituelle de nos diocèses. J'ai donc compati à toutes les peines qu'a eues

BB FLÉGHIER. ao5

votre excellence ,• et je commence à concevoir de grandes espérances des consolations qu'elle anra bientôt. Les Catalans , à ce que nous apprenons , suivant leur inconstance naturelle commencent déjà à s'ennuyer de la domination qu'ils ont souhaitée. Les contributions qu'on leur demande , le mépris qu'on a pour eux 9 la division et le peu d'intelligence qui est entre eux-mêmes , la rudesse des Anglois et des Hol-^ landois , les profanations des églises, et les scandales que l'hérésie et la rébellion traînent après elfe leur ont déjà fait naître' les premiers repentirs de leur perfidie. Le roi catholique apparemment marche à la tête de son armée. Nous voyons passer ici les troupes qui vont s'assembler dans le Koussillon. Rose est présentement en état de défense. 11 y a déjà neuf ou dix vaisseaux de Toulon ou de Cadix qui vont se joindre. On fait en ces quartiers de grands ipagasins de vivres et de munitions. Le château de Nice, que M. de Barwik assiège , sera bientôt pris , et toutes les troupes du siège marcheront vers la Catalogne. L'archiduc pourra bien se trouver embarrassé , si toute cette machine se remue avec diligence. Je prie le Seigneur qu'il conserve votre excellence pour le bien de l'État et pour l'honneur de son Église -, et je suis , avec toute la vénération possible , monseigneur, de votre excellence , le , etc.

A Montpellier, ce ao décembre 1705.

LETTRE CXLlil.

Ap R. P. HÙÙAQCSfi Sta VK BTABLlSiiEMEST DB SOEURS GRISES ERtARDS.

Vous verrez, mon révérend père, par la lettre da père général des prêtres de la mission , que nous ne pO|l?ons avoir encore les sœurs grisas que nous lui demandions. J*aurois bien voulu que cet établissement eût po commencer avec Tannée^ et que nous eussions eu la satisfaction de donner à nosHiames ce recours de charité; mais il faut attendre le temps que Dieu a marqué pour' cela , garder nos bonnes intentions, et suppléer par le redoublement de notre zèle pour Tassistance des pauvres aux soins que ces bonnes filles ne peuvent pas encore en prendre. Je me recommande à vos prières , et suis entièrement , mon révérend père , votre , etc.

A 'Montpellier, ce 27 ilecembre i-o5.

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