‹ Œuvres complètes de FléchierChapitre 95 sur 181 · LETTRE CXLIV · texte numérisé non relu

LETTRE CXLIV

COMPLIMKWT CHRÉTIEN POUR LE COMMENCEMEKT OC l'aNKKB, A MADASIR JLA PRRSIDEXTE DE MARBEUF.

Les affaires que nous donnent les états de notre province , madame , qui ne sont pas moins chargés ni moins embarrassés que les vôtres, m'ont empêché jusqu'ici non pas de vous souhaiter d'heureuses années, car les désirs n'ont pas besoin de loisir et partent du cœur au milieu des occupations, mais de vous écrire

DE FLéCHlEA. :207

que personne ne slixtéresse plus que moi à votre sanclificadon premièrement , et puis à la douceur et au repos de votre vie. Je sais bien que vous y travaillez toujours également, et que toutes vos années se ressemblent sur ce sujet« Mais il y a toujours aussi quelque chose à renouveler en nous au commenceincnt de chaque année, et il seroit fâcheux de ne point croître en sagesse à mesure que nous croissons en âge, et de ne pas mettre à profit le temps et les grâces que Dieu nous donne 'pour notre avancement spirituel.

Nous sommes presque enfermés ici par le débordement de toutes les rivières ; les moindres ruisseaux sont devenus des torrens affreux. II n'y a presque plus de chemins, et les courriers ou se noient, ou ne marchent plus. Nous apprenons , par des bruits confus , que les tempêtes^ les inondations n'ont pas fait moins de ravage chez vous. Tout cela marque bien que le monde estperverti , et que le Seigneur est irrité.

Nous sommes, grâces à Dieu, assez tranquilles en ce pays ; quoique les intentions n'y soient pas meilleures, on n'y fait plus de si méchantes actions. Ils n'ont p^is perdu la volonté de nuire , mais on tâche de leur en ôter la commodité. Les guerres de Catalogne lelir donnent beaucoup de courage, et cette rébellion vofsine leur fournira peut-être les moyens de faire renaître leur fanatisme.

Nos états vont finir dans huit ou dix jours, et n'auront pas duré plus que les vôtres. Le roi à grand besoin d'argent ; les peuples commencent à n'en pouvoir

plus donner... Priez pour nous , et croyez-moi autant quonle peut être, madame , votre, etc.

A Montpellier, ce i6 janvier 1706.

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