‹ Œuvres complètes de François Arago (volume 2)Chapitre 101 sur 117 · QUELLE VITESSE DE ROTATION PEUT-ON DONNER A UN MIROIR · texte numérisé non relu

QUELLE VITESSE DE ROTATION PEUT-ON DONNER A UN MIROIR

J'admettrai que le miroir fait sur lui-même i,000 tours par seconde.

1,000 tours par seconde pourront paraître un nombre considérable; mais il n'y a pas à disputer là -dessus: cette vitesse a été réalisée et dépassée. Le miroir dont se servait M. Wheatstone faisait déjà 800 tours par seconde.

S'il y a des limites aux vitesses de rotation dont peut être animé un très-petit miroir, un miroir de 3 à i centimètres de large, c'est à cause de réchauffement des tourillons et de leur prompte détérioration. Notre ingénieux confrère, M. Gambey, à qui je soumettais le problème, m'a d'un seul mot montré qu'il serait possible de vaincre toutes les difficultés; qu'on pourrait aller bien au delà des vitesses qui jusqu'ici n'ont pas été dépassées; qu'on arriverait à les doubler, à les tripler, à les quadrupler même, si c'était nécessaire, sans avoir rien à craindre de réchauffement ou de la détérioration des axes. Pour obtenir une vitesse double, une vitesse de 2,000 tours par seconde, il suffirait de faire reposer l'appareil rotatif actuel sur un tourillon doué lui-même d'une vitesse de 1,000 tours. En superposant dans les mêmes conditions trois ou quatre axes tournant dans une direc-

tion commune, on arriverait à des vitesses de rotation absolues de 3,000 et de 4,000 tours par seconde, sans que les vitesses relatives des pièces en contact surpassassent celle de 1 ,000 tours, à l'action de laquelle, comme l'expérience l'a montré , des axes peuvent résister.

J'entre, au surplus, bien surabondamment dans ces explications sur la possibilité de réaliser les vitesses de : 3,000 à 4,000 tours par seconde, car je n'en aurai pas besoin, car j'arriverai au but avec les seules vitesses de 1,000 tours, car j'ai avisé à un autre moyen d'accroître les déviations angulaires qu'il s'agit d'apprécier. Ce moyen est la multiplication des miroirs.

Je l'ai déjà expliqué, si deux rayons parallèles arrivent l'un après l'autre sur un miroir rotatif, ils forment entre eux, après leur réflexion, un certain angle que j'appellerai a ; mais rien n'est changé dans leurs premières relations de distance ; entre le plus avancé de ces deux rayons réfléchis et le suivant, il y aura exactement le même intervalle qu'entre les rayons directs : s'ils tombent donc sur un second miroir, tournant dans un sens convenable avec la vitesse du premier, une nouvelle quantité a s'ajoutera à la précédente déviation; l'angle des deux rayons aura doublé; à l'aide d'un troisième, d'un quatrième miroir, etc. , etc. , cet angle pourra être porté à 3 a, à 4 a, etc., etc. La réflexion sur des faces planes devient ainsi un moyen d'amplification angulaire, ce qui, par parenthèse, peut au premier coup d'œil sembler assez paradoxal.

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