‹ Œuvres complètes de François Arago (volume 2)Chapitre 23 sur 117 · V.-:".nc. -i on · texte numérisé non relu

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M. Kaemtz reconnaît que, outre son prétendu mouvement oscillatoire, il y a dans la scintillation des variations dMntensité et de coloration ; il rappelle à ce sujet que Fauteur de cette notice avait déjà très-anciennement essayé de rattacher ces deux phénomènes aux interférences de la lumière. Mais, faute de s'être rappelé les lois qui régissent les additions et les destructions de lumière lorsque les rayons ont traversé des couches inégalement réfringentes, ce qu'il dit à ce sujet manque de clarté et, qui plus est, de précision. Ainsi, M. Kaemtz regarde une inégalité dans les réfractions éprouvées par les rayons interférents comme la seule cause qui puisse amener successivement la destruction des rayons de diverses couleurs dont le spectre se compose; tandis qu'il résulte de ce qu'on a pu lire précédemment (chap. XV, p. 31), que des rayons au point de leur croisement s'ajoutent ou se détruisent sans qu'il soit nécessaire de faire intervenir une inégalité de réfraction. M. Kaemtz me paraît ne pas avoir connu les phénomènes de scintillation qu'on observe dans les lunettes et sur lesquels j'ai tant insisté.

§ 35. — M. Arago.

Dès le moment où mes réflexions se portèrent sur les causes de la scintillation, il me vint à l'esprit que le changement d'intensité et le changement de couleur des étoiles pouvaient être rattachés aux phénomènes des lames minces si minutieusement analysés par Newton.

D'après la théorie de cet immortel physicien, il existe

pour toute nature de corps solide ou fluide, des épaisseurs où ces corps ne réfléchissent aucun rayon lumineux; des épaisseurs diflérentes, mais également trèspetites, où la lumière tombant blanche, se réfléchit rouge, jaune, verte, bleue, violette ; où la lumière transi présente précisément les teintes complémentaires.

Ceci admis, supposons qu'il existe dans l'atmospi des couches flottantes, des couches d'eau par exem ayant ces différentes épaisseurs; les étoiles vues au tra^ vers paraîtront avec des éclats variables ; elles se moin treront colorées tantôt en bleu, tantôt en violet, en vert, en jaune, en rouge.

Toutes ces conséquences étant conformes aux obser vations, pourquoi ne regarderait-on pas l'hypothèse qi les a données comme parfaitement justifiée? Pourqai chercher dans des phénomènes complexes d'interfér^iCi une explication qui se déduit si naturellement des pi^ priétés des lames minces? Examinons. i

L'explication suppose qu'il y a dans l'air des hwà flottantes assez minces pour produire, par voie de tram mission, le rouge, le jaune, le vert, etc. De telles lam^ existent-elles dans notre atmosphère ? i

Je crois qu'on peut prouver qu'elles n'existent pas. '-i

Supposons, en effet, qu'une de ces lames vienne il placer entre l'œil de l'observateur et le Soleil, la haà Jupiter, Saturne ou Mars. On verra sur-le-champ, à il surface de ces astres, suivant l'épaisseur de la lame M terposée, une tache rouge, jaune, bleue, verte ou vUl lette. On verrait même ces teintes en plein air, sur &à parties circonscrites du bleu du ciel. L'absence de ce

îénomènes m'autorise, je crois, à affirmer que la cause existe pas.

Un motif non moins puissant m'a déterminé à renoncer cette explication, c'est l'impossibilité de rendre compte ir des lames minces, sans recourir du moins aux interrences, des disparitions et réapparitions que le centre une image d'étoile dilatée éprouve de temps en temps ins une lunette.

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