CHAPITRE III
DE LA COURONNE LUMINEUSE DONT LA LUNE EST ENTOURÉE PENDANT UNE ÉCLIPSE TOTALE DE SOLEIL
Il n'existe pas de relation moderne quelque peu détailM d'une éclipse totale, dans laquelle il ne soit fait mentio d'une couronne lumineuse dont la Lune paraissait en tourée après la disparition entière du Soleil , et qui co! tribuait à tempérer l'obscurité.
Je ne sais si cette couronne ne fut pas la cause de clarté crépusculaire que signalent les relations de l'éclipi totale de 98. Plutarque disait : « La Lune laisse débord autour d'elle, dans les éclipses, une partie du Soleil,! qui diminue l'obscurité. » Ces derniers mots portent penser qu'il parlait alors plutôt des éclipses totales qi des éclipses annulaires, pendant lesquelles il n'y a réelk ment qu'un affaiblissement de lumière.
Des observateurs inhabiles avaient classé l'éclipsé ( 1567 parmi les éclipses annulaires, par la raison que Lune, au plus fort du phénomène, parut entourée d't anneau lumineux. Kepler en fit une éclipse totale. L'ai neau lumineux, suivant l'illustre astronome, pouvait s'e pliquer de deux manières : ou en admettant que l'éthi était enflammé dans le voisinage du Soleil, ou en suppc sant que certains rayons partis des bords du grand gloh arrivaient à la Terre après avoir subi une réfraction dan l'air de la Lune.
Kepler développa ces idées à l'occasion de l'aura* -remarquée à Torgau pendant l'éclipsé totale de 1598
Uéclipse de 1605 fut certainement totale à Naples ►«ndant quelques instants. La Lune s'y montra, toutefois, ©mme un nuage noir entouré d'une auréole resplendis- BDte qui occupait une grande partie du ciel.
Jusqu'à présent nous n'avons découvert dans les anciens pnrages, que des relations imparfaites et sans précision |l l'auréole lunaire. Les éclipses de 1706, 1715, 1724, (78, 1806, 1842, 1851 ont fourni des observations plus ■actes que j'ai résumées dans V Astronomie populaire. Je tenerai plus loin en détail les résultats complets con- |ités en 1842, et le lecteur verra combien il reste encore llaire aux observateurs futurs.