DES FUTURES ÉCLIPSES
La couronne lumineuse annulaire doit par-dessus fixer l'attention des observateurs.
Cette couronne est-elle centrée sur la Lune ou sur Soleil? A cet égard, les relations sont contradictoi Halley, Louville, trouvèrent que le centre de la coui coïncidait avec celui de la Lune. Suivant Maraldi et Fi rer, au contraire, le centre de la couronne serait touj celui du Soleil. i
Si la prenoière de ces opinions est exacte, le cerd lumineux qui déborde le corps obscur de la Lunei sera plus l'atmosphère solaire, et il faudra chercher di preuves de l'existence de cette atmosphère dans d'autoi phénomènes. Établissons la vérité de l'assertion, afin^ montrer combien la question est capitale.
Si l'atmosphère du Soleil existe, il est probable qu'ef a la même largeur en tout sens. Il est particuIièrenM^ indubitable que dans les régions solaires équatoriales,^ l'est et à l'ouest par exemple du disque apparent, cet atmosphère s'étendra de quantités égales au-dessus dl parties condensées et vivement lumineuses de l'astre. »
Ceci convenu, donnons à la Lune un diamètre angf laire supérieur à celui du Soleil (ce qui est de vérî nécessaire le jour d'une éclipse totale), et voyons-la mouvoir dans l'espace, de l'occident à l'orient.
Le bord oriental de notre satellite atteint extérieai
aent le bord occidental du Soleil ; Téclipse proprement lite commence. Après un temps assez long, le même K)rd oriental deJa Lune atteint intérieurement, c'est-àlire par sa portion concave, le bord oriental du Soleil : *est le commencement de Téclipse totale. A ce moment B bord occidental de la Lune déborde le bord occidental lu Soleil d'une quantité égale à la différence des diamères apparents des deux astres. Ainsi , à Tinstant même tb réclipse totale commence, la Lune nous dérobe à Tocbdent la vue d'une portion de Tatroosphère solaire, tandis ^iétte ne nous cache absolument rien à Torient. Le Pontraire a lieu quand l'éclipsé totale finit. Il faudra donc, fc commencement et à la fin de l'obscurité totale, me- Ibrer, à l'orient et à l'occident, et aussi dans les autres
rections, la largeur de la couronne lumineuse. Ces mesures pourront se faire avec des instruments à îxion ; avec des lunettes prismatiques de Rochon ; avec lunettes de grossissements modérés, portant au foyer certain nombre de fils fixes, espacés de minute en mi- Chacun de ces moyens d'observation pourra avoir avantages, suivant l'éclat de la couronne, suivant la teté de son contour extérieur.
^ Est-il vrai, comme le dit Ulloa, que la couronne se )ntre cinq ou six secondes seulement après le commenlent de l'éclipsé totale, et qu'elle disparaisse quatre cinq secondes avant la fin de l'obscurité? Cette double irUon exige d'autant plus d'être vérifiée, que Halley slare avoir aperçu le phénomène avant l'entière dispaiondu Soleil, fist-il vrai, comme Halley l'a reconnu en 1715, qu'en
plein air Touréole lumineuse lunaire ne forme pas d'oinbret Li couronne a offert des couleurs à Halley, à Louvilfc, A tlloa. Cela doit faire supposer qu'elle est un phéno-] mi'ne de diffraction. Il sera donc important de carai risor nettement toute la série de couleurs visibles, et d*( déterminer l'étendue angulaire. Ces mesures, cora] à celles qu'on obtiendra en faisant naître, comme risle« de IWcadémie des sciences, une couronne ai oielle autour d'un globe opaque se projetant sur le et le débordant un peu« deviendront la pierre de toi qui dissipera tous les doutes.
La couronne oiTrtst-elle des interraptions, des ra] diver^^nls qui la fassent ressembler aux gloires des saint Il î^^m ^^^ss^^ile de noter si le phénomène est r^lîrf! IX^m le cas conUraine. tH c*est le plus probable, il fai \N^r où les rax^Mis aKHiùssent sur le limbe de la Lunel il fi.^uvir;A rwhccvber. autant que pcsàble, a les poil vie viep^rt de o>«^ rj^yons correspcMadert à des vallées
Ijt i«uàèïv de U ovHirvttr^e- hicmeiKe lunaire o( C'^*;" sk;? îri^vvs vie pv\Ar^ù>rc? I! sen bon de s'î
K^-^ .<r$^ s>i't?ec\4C3w"trî> JeîsCiîêes i décider si la cottr" ^.*û»^ jjE«fc*i3^e'ÇiK*? ijwwàre ^îS ,nt ï*:x? ?^ ceotrée sur W Sw^j^ rjc>tt îih> :i^>n Ste> utrle ctK v^-rjïSîr î? mode d'ajK' \\>r\fc.c<;r >àf lîi oct^j5^Iur^^ ^Jt\*îfiv i Lam? va époques dor iOfUi^Jifct^mcs jAvcteyj^ji je^ ieuA 5s^^les: îa manièie ;t^uv »^ iwros :ï<" o,»tfi^tv»flxc^ cûiHn:<«ic ie cnaienr, dr t:i-*jic te s\*:j.tv\a:S!CEtù Vi^curr*?*.^ :a m safî rien de
du chapelet de la disparition des traits noirs parallèles. Ces données de T expérience ne suffiront peut-être pas pour faire découvrir la cause physique de phénomènes aussi singuliers; mais il est évident que cette cause, fut-elle trouvée, serait tenue pour incertaine tant qu'elle D*aurait pas subi l'épreuve des vérifications numériques dont je demande qu'on recueille soigneusement les éléments.
Les lumières serpentantes observées à la surface de la Lune, en 1715, par Louville et Halley; ces lumières que l'académicien de Paris considérait comme des éclairs provenant de plusieurs orages qui éclataient au moment & l'éclipsé en divers points de l'atmosphère de notre satellite, pourraient, ce me semble, être expliquées autrement. Le Soleil est plus gros que la Lune , et il en éclaire ■' toujours plus de la moitié. Au moment même de l'éclipsé i Cientrale, des rayons solaires pénètrent donc dans l'hémi- ^iphère tourné vers la Terre. Ne serait-il pas possible que ces rayons arrivassent jusqu'à la portion de la Lune que nous apercevons, nous fussent renvoyés après des réflexions plus ou moins multiples opérées sur des flancs de montagnes volcaniques lunaires, et donnassent ainsi à* la lumière une apparence trompeuse de mobilité? Voilà pour les éclairs voisins des bords. Les éclairs du centre tiennent peut-être à une cause différente. Les rayons solaires se réfléchissent à peu près régulièrement sur les nappes liquides terrestres. Si en dehors de la région plongée dans l'ombre de l'éclipsé, une de ces nappes ,
fffune étendue bornée, est disposée de manière que les rayons qu'elle réfléchit atteignent la Lune, ces rayons y
opéreront un éclaircment partiel; Us
sivement sur divers points , à cause da mnvFasËazt
rotation de la Terre. N'est-ce pas là le
du phénomène? Je ne sais s'il ne serait p&s pnsble
soutenir également que les éclairs de Halky, (fe L:
étaient dans l'atmosphère terrestre,
cee apparitions lumineuses» des circonsUDoes qm
mieut permettre de choisir entre ces trois hypothèses,
tîoit être le but principal des observateurs. U est éô
pbr exemple, que la troisième de ces explications
^ i^mnis éliminée, si dans des lieux de la Terre un
<îioJgnés l'un de l'autre, tels que Perpignan et Di
*/u H\'H\i vu les lueurs apparaître vers les mêmes rég?)
II faudra jeter un coup d'oeil attentif sur la partie W;-A de la Lune. Ulloa la croyait percée d'^outre en oi i: iffi^ginait que le point lumineux observé en 1778 vM; ♦W;î>-petite portion du Soleil vue à travers une é1 '^jv'rrtijre. Lalande calcula que pour satisfaire à i'?>, circonstances de l'observation de l'amiral espa, r'y';'»'rrhjre devait se trouver à quinze lieues de la tan H:$ :/it'\ fUt la Lune passant par la Terre, résultat d'oùj */?:/r.ii>,X ^jnsuite qu'elle avait cent neuf lieues de li SJvpv^, O; ne serait donc que par un concours de ciri ^y,î/A'A <?ztnVnement rares, que par des mouvements liJ//^tivj/ tr^îH-particuliers, qu'un si long trou serait, cjuisiiu jour, dirigé exactement vers un lieu donné. l)fm (\it probabilité d'une pareille rencontre ne devra cmp<V;lier, je le répète, de regarder un instant avec al tion le bord nord-ouest de notre satellite.
11 va sans dire qu'en chaque lieu on cherchera à d
winer le nombre et la grandeur des étoiles qui deviendront visibles à Tceil nu pendant Tobscurité totale.
L'impossibilité, jusqu'ici parfaitement constatée, d'apercevoir les taches de la Lune à l'aide de la lumière que la Terre leur envoie pendant les éclipses totales de Soleil, est une sorte de définition intrinsèque de la clarté répandue dans notre atmosphère aux moments les plus sombres de ces éclipses. Cette définition n'est pas à dédaigner. 11 ne sera pas difficile, en effet, d'y appliquer des nombres. Chercher à entrevoir les taches avec les lunettes qui les montrent ordinairement le mieux dans la lumière cendrée, je veux dire avec les lunettes de nuit , ne sera pas une recherche sans utilité.
Si la très-courte durée de l'obscurité totale n'y mettait obstacle, on trouverait certainement des résultats curieux en dirigeant successivement un polarimètre sur toutes les r^ons atmosphériques voisines du cône d'ombre. Mais tant d'observations ne sauraient être faites en 2 à 3 minutes ; il faudra se borner aux plus importantes.
La légère coloration que l'atmosphère et les objets terrestres éprouvent au moment où une grande partie du Soleil est cachée, semble impliquer qu'alors il nous arrive, avec une quantité de lumière blanche, quelques rayons élémentaires (rouges, orangés et jaunes), isolés, séparés des autres. Cette décomposition de la lumière blanche peut s'opérer par voie de diffraction sur le bord de la Lune, et, dans ce cas, le Umbe de l'astre observé directement doit paraître irisé. Ces iris existent-ils toujours? ne commencent-ils à être sensibles et à produire une coloration appréciable sur la Terre qu'au moment où leur
largeur est dans un certain rapport avec celle du se{ du Soleil resté visible et blanc? C'est ce qu'il faudra cider. L'emploi de verres colorés devra donc être totale lîient proscrit dans les observations d'éclipsés totak Il sera indispensable que les astronomes aient recoui aux combinaisons de verres qui laissent au Soleil toi sa blancheur naturelle.
Si, absorbés par d'autres soins, les astronomes ab« donnent à des amateurs l'observation de la coloration objets terrestres et de l'atmosphère, ils devront les tei en garde contre les effets des contrastes. Il sera né< saire qu'on soit bien averti que la présence de quek lumière artificielle pourrait communiquer aux objets éclail rés directement par l'auréole luminaire, et secondaii ment piar l'atmosphère, des colorations sans réalité, une époque où l'on semble prendre à tâche d'oublié qu'un objet blanc peut paraître coloré, par oppositioi devenir vert, par exemple, à raison du voisinage d'ui lumière rouge intense, de pareilles recommandations sauraient être inutiles. i
Pendant une éclipse, la Lune se projette en noir sur i^ Soleil et dans sa vraie forme. La région du Soleil restéll visible est donc toujours limitée par deux portions de cû^l conféreflce de cercle. Dans les points où ils se rencoH trent, ces deux arcs, l'un obscur, l'autre lumineux, fow^ ment des angles curvilignes qu'on appelle les cornes. A4 certains moments, les cornes peuvent devenir très-aiguë8>< très-effilées. 1
Les rayons lumineux, provenant du Soleil, qui dessM nent en clair le sommet même des cornes et les parties
nvironnantes, ont rasé la surface de la Lune pour arriver ■ la Terre. Si la Lune est entourée d'une atmosphère ausible, ces rayons auront été déviés ; la forme circulaire a Soleil s'en trouvera altérée ; les cornes offriront des tiexions, des irrégularités locales sur lesquelles il sera Nb-utile que les observateurs portent leur attention.
Ce n'est pas seulement par l'observation des cornes itfon peut espérer d'arriver à quelques notions plus ou Mns précises touchant l'atmosphère de la Lune. Les Ife, les vapeurs arrêtent toujours une portion de la kbière qui les traverse. Si notre satellite a une atmo- Ihère, la grande tache noire qu'il forme en se proje- Mt sur le Soleil doit être entourée parallèlement d'une •te de pénombre, je veux dire d'une zone étroite cor- ■pondant à cette atmosphère. Dans toute l'étendue de bione en question, la lumière solaire sera un peu affaile. On n'a pas assez profité, pour constater cet affaiknement, des facules allongées dont la surface du rieil est parsemée. Les facules allongées ont ordinairewnt un éclat uniforme dans toute leur étendue. Le bord Ma Lune se promène-t-il transversalement le long d'une bntre elles, rien ne sera plus facile que de décider si : partie voisine du disque noir a la même intensité que fi reste. La moindre distorsion provenant d'une réfracta dans l'atmosphère de la Lune deviendrait également iiible de cette manière. En un mot, l'observation de ceriînes facules me semble devoir être recommandée de IWférence à celle des noyaux des grandes taches, quoi- |B'en général les astronomes s'en soient peu occupés.
Halley rapporte qu'en 1715 le segment oriental du
Soleil qui resta le dernier visible, pouvait être impunè* ment regardé dans la lunette sans verre coloré, et qu'il n'en fut pas ainsi, à la fin de l'éclipsé, du segment occU dental qui reparut le premier.
Pour expliquer ce phénomène, le grand observateur se montra disposé, comme de raison, à faire jouer à l'œil le principal rôle. Ainsi il reconnaissait qu'à la fin de l'éclipse, la pupille, plus dilatée qu'au commencement, devait donner passage à plus de lumière; mais une seconde cause lui semblait avoir dû influer, c La partie orientale de la Lune, disait-il, venant d'être échauffée pen* dant une période égale à près de quinze de nos jours, ne pouvait manquer d'avoir eu son atmosphère remplie dei vapeurs qu'une si longue action solaire avait dû élever. D'après les conditions physiques de cette atmosphère orientale, elle devait donc affaiblir sensiblement l'écW des rayons solaires qui la traversaient. Le bord ceci' dental venait, au contraire, d'éprouver une nuit de menu durée (d'une quinzaine de jours), pendant laquelle lei vapeurs soulevées dans la période précédente s'étaiail précipitées. Les rayons qui traversaient cette seconda région atmosphérique plus pure, plus transparente, devaient être très-vifs. »
Ceux qui croiraient encore ces conjectures dignes de vérification, trouveraient aisément, ce me semble, tef moyens de sortir de l'incertitude qu'éprouvait Halley.i Pour mettre de côté toute influence de l'ouverture de 1e < pupille, ils n'auraient qu'à adapter à leur lunette m grossissement tellement puissant que la largeur du fais-»* ceau parallèle sortant de l'oculaire, fût inférieure audia--
ktre que conserve la pupille dans ses plus fortes réduc- ■is. Les effets de Téblouissement, de la fatigue, seraient piinés à leur tour, en consacrant à T observation de Tim- »sion et de l'émersion du Soleil, Tœil constamment Urert qui n'aurait pas servi à l'étude des autres phases. p|6sulte, en effet, si j'ai bonne mémoire, de diverses liârienees de Du Fay, que Téblouissement d'un œil ne Ilommunique pas à l'autre.
Supposons le Soleil entouré d'une atmosphère. Les Hms qui nous viendront des bords de l'astre auront traité cette atmosphère dans une plus grande épaisseur ^les rayons émanant du centre. Il n'est donc pas cer- 1^ que les deux espèces de rayons soient parfaitement itiques. Par exemple, les bandes de Frauenhofer pour-
it y démontrer des dissemblances provenant des ab-
Sons inégales que les faisceaux lumineux auraient en traversant des épaisseurs diverses de l'atmosolaire. L'expérience a été faite avec un résultat
itif pendant l'éclipsé annulaire de 1836. Je ne propas de la renouveler. Il est inutile de consacrer la »urte durée d'une éclipse à des observations qui pYent être faites tous les jours de l'année. kCn a souvent espéré pouvoir décider, d'après la mar- 1^ du thermomètre pendant la durée d'une éclipse, si pies les parties du Soleil sont également lumineuses. Ce ■re d'observation ne doit pas toujours prendre le temps m astronomes : le Soleil peut être trop bas en France pir qu'on puisse espérer que la marche du thermomètre
ine grande régularité. D'ailleurs les intensités com- Ifcttives, thermométriques ou photomctriques, des di-
456 NOTICE SUR LES ËGLIPSBfl.
vers points du disque solaire peuvent être établies direc-;! tement. Pendant l'éclipsé du 15 mai 1836, on a suivi 11 Paris la marche de deux thermomètres, l'un blanc, Tautr*! noir, et qui avaient été exposés au Soleil dans deux globc^l vides d'air. On n'a pu en tirer aucune conclusion (^ taine sur les effets calorifiques comparatifs des rayons (jrfl partent des bords et du centre du Soleil. Des vapeurs iK même des nuages ont été, pendant la durée de l'éclipsejll une source de perturbation évidente et dont il s&ài impossible de faire la part exacte. ^
Sénèque nous apprend que Posîdonius vit une coraèta^ au moment d'une éclipse totale de Soleil. On a rapporli( l'observation à l'année 462 avant notre ère. Cette annéil il y eut, en effet, à Athènes, une éclipse totale. i
L'an 418 après J.-C, du temps de l'empereur Théo-i dose, on aperçut aussi, dit-on, une comète pendant uMl éclipse totale de Soleil. ^
Je ferai donc une chose toute naturelle en recomraaiM dant aux observateurs des futures éclipses, de s'entoure! de personnes qui, pendant la durée de l'obscurité totales^ chercheront si quelque comète ne serait pas sur l'horizoM