INTENSITÉ DE LA LUMIÈRE ATMOSPHÉRIQUE
La clarté que reflète l'atmosphère pendant les éclij totales semble devoir être assez bien caractérisée, à son intensité , par la grandeur des étoiles qu'elle ptf^
met d'apercevoir à l'œil nu. Dans un chapitre de VAs- ^onomie populaire^ se trouvent réunis les faits constatés le cette manière à diverses époques. Voyons ce que les )bservations de 1842 nous ont appris de particulier sur l'intensité de la lumière qui continua à éclairer la bande terrestre à laquelle le Soleil fut entièrement caché par la Lune.
Les curieux qui, le 8 juillet 1842, à Perpignan, purent donner une attention suffisante à la recherche des étoiles, en aperçurent quatre à cinq à l'œil nu. Au bord de la mer, quelques personnes en virent sept , d'autres dix. D'après les positions indiquées, il ne parait pas que Mars ait été un des astres visibles.
MM. Pinaud et Boisgiraud parlent de quatre à cinq étoiles aperçues à Narbonne, pendant l'éclipsé totale, irers le zénith et du côté du couchant. Divers observateurs assurèrent en avoir compté jusqu'à dix.
Les personnes de Montpellier à qui M. l'abbé Peytal demanda combien elles avaient aperçu d'étoiles, répondirent que le nombre de ces astres visibles à l'œil nu ne s'éleva pas au delà de cinq.
A Digne , M. Dien vit à l'œil nu , la Chèvre, p et ^ du Taureau, y d'Orion. Des vapeurs couvraient une grande partie du ciel.
. M. Piola , à Lodi , aperçut pendant l'obscurité totale : Mars, deux étoiles des Gémeaux, Aldebaran, la Chèvre, d'autres étoiles de première grandeur (on ne dit pas
desquelles).
i liv. XXn, chap. X, t m, p. 57A.
46e NOTICE SUR LES ÉCLIPSES.
M. Majocchi rapporte qu'à Novare, on ne vit, pendant l'obscurité totale, que Mars, la Chèvre et Aidebaran.
L'observateur de Venise ne cite, parmi les étoiles qd furent visibles dans cette ville, que la Chèvre et baran» Il eût certainement mieux valu citer les faibles.
A Lodi , M. Piola lisait des caractères de raoyei grandeur quand le livre se trouvait incliné de manii à être éclairé par la lumière rougeâtre provenant l'horizon. Là où l'horizon était caché par des édifi l'obscurité devait évidemment pardtre beaucoup pi grande.
Sur les lagunes de Venise, les voyageurs du batea vapeur notèrent, pendant l'éclipsé totale, que la colo de fumée sortant de la cheminée n'était plus visible, parcelles de charbon enflammées que la colonne entri toujours avec elle, semblaient ainsi isolées et prodi saient un très-bel effet.
Je crois devoir classer les mouvements de ce plantes, pendant la durée de l'éclipsé totale, parmi phénomènes qui pourraient permettre de remonter à évaluation assez approchée de l'intensité qu'avait aloi» lumière atmosphérique.
APrades (Pyrénées-Orientales), M. Cauder, pha cien, remarqua que les feuilles du Julibrissin^ qui é déjà ouvertes quand l'éclipsé commença, se ferm pendant l'obscurité totale. '^
Le professeur Perego a vu des Convolvulus se îertof^ les miraoses restèrent ouvertes. Des observations ^
ïiéme nature, mais dont je ne connais pas les détails, ont \ié faites à Parme.
A Venise, dans le Jardin de Botanique , les jardiniers m chef, M. Ruchinger et son fils, examinèrent, avec me attention soutenue, pendant la durée de Tobscurité x)tale, les plantes diverses qui se montrent sensibles à la ;)rivation de lumière et à tout changement dans Tétat hygrométrique de l'atmosphère ; aucun effet appréciable De se manifesta.
Hâtons-nous d'ajouter qu'à Venise la durée de l'obscurité ne fut pas même d'une minute.
A Vienne, un Colutea sutherlandia frutescens avait fermé ses feuilles (on n'aperçut aucun changement sur les roimoses).
Supposons maintenant que le 8 juillet, sur les six heures du matin, on cherchât, à Prades, à Milan et à Vienne, d'après des procédés bien connus des physiciens, quel affaiblissement il faudrait faire subir à la lumière atmo- ^hérique, pour que les feuilles de Julibrissin, pour que ^ jdes Convolvulus, pour que les feuilles de CoMea se fer- JDassent dans l'intervalle de deux minutes, le même affaiblissement laissant les feuilles des mimoses ouvertes , et ton serait arrivé à une donnée photométrique importante, i Bans l'état actuel des choses, l'expérience ne mérite
Ipère d'être tentée. En effet , eu égard aux murs , aux 9mms y aux arbres , aux obstacles de toute nature qui ^^ «pouvaient, le 8 juillet 1842, être des écrans pour les \ plantes de Prades , de Milan et de Vienne , on ignore v-| We fraction de l'étendue totale de l'atmosphère éclai- J lait ces végétaux. On sera plus prévoyant une autre fois.