‹ Œuvres complètes de François Arago (volume 2)Chapitre 45 sur 117 · CHAPITRE XVIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVIII

m UN MOUVEMENT ONDULATOIRE QUI SE MANIFESTE PEU DE TEMPS AYANT ET PEU DE TEMPS APRÈS L^ÉGLIPSE TOTALE, G'EST-A-DIRE ^RSQUE LE SEGMENT SOLAIRE VISIBLE A TRÈS-PEU DE LARGEUR

In exanainant attentivement des écrans sur lesquels le l^il donnait en plein, j'avais souvent remarqué sur leur tantôt ici, et tantôt là, des variations d'intensité tes, momentanées, sans régularité, mais très-mani- Ces variations étaient évidemment l'effet de mouits particuliers dans les couches atmosphériques ïs par les rayons solaires ; elles provenaient d'une ne action exercée par des courants doués de tempéj, de densités, de réfrangibilités diverses. Telle est, vn. — IV. 15

dans sa plus grande généralité, la cause du phénomè»;] telle est l'explication vue en gros. Reste l'étude détails, reste l'épreuve à laquelle les théories phyât erronées ne résistent jamais. Ici des difficultés surgi de toutes parts; un phénomène en apparence si semble se rattacher, du moins en partie, aux propriétés! plus subtiles de la lumière. Ce lien, vrai ou su| entraînait à mes yeux une conséquence importante : effets devaient être d'autant plus fréquents, d'autant] caractérisés, que le segment visible du Soleil aurait moindre diamètre apparent. Cette conséquence me à l'esprit lorsque, déjà arrivé à Perpignan, je sonj mettre à profit la bonne volonté , les oJQfres de con( de plusieurs de mes compatriotes. Pour éviter que r< servalion du mouvement ondulatoire dont il vient d'i question, et sur lequel je voulais diriger l'attention mes collaborateurs , ne fût influencée par des idées conçues, je crus ne devoir rien divulguer d'avance, chant les résultats auxquels je m'attendais. Je me tentai de dire : Portez vos regards sur un mur exposé la lumière du Soleil , quelques instants avant la dii tion de l'astre, quelques instants après sa réapparition, tenez une note exacte de ce que vous apercevrez. Vc un passage de la lettre que M. Fauvelle m'écrivit 9 juillet, le lendemain de l'éclipsé :

« Au moment où l'éclipsé allait devenir totale, je les derniers rayons du Soleil onduler fortement et s\ vitesse sur la muraille blanche d'un des établisse] militaires du rempart Saint-Dominique. L*effet peut comparé à ce qu'on observe lorsque la lumière

»inbe sur un mur ou sur un plafond , après avoir été ^fléchie à la surface d'une nappe d'eau agitée. iLe même phénomène se reproduisit au moment de Smersion du Soleil. Les ondulations, fortes d'abord, siffaiblirent graduellement et disparurent tout à fait au lut de 5 à 6 secondes.

• L'observation a été faite en trois points différents par us de vingt personnes qui le certifieraient au besoin. » A la citadelle de Perpignan, nous n'apercevions guère le des murs en briques assez éloignés, peu propres à îre ressortir des mouvements de bandes obscures et mineuses. La façade de la grande tour elle-même, à ose des nuances variées des pierres qui en forment le vêtement, à cause aussi de sa distance, était peu favoble. Toutefois, pendant les 8 ou 10 secondes que nous imes donner personnellement à ce genre d'observaniB^ la façade en question nous parut éclairée, quoique ciel fût très-pur, par une lumière singulièrement vacilste.

Je trouve, dans le Mémoire que M. Eugène Bouvard B remit en revenant de Digne, la note ci-après de , Savoumin, ecclésiastique fort instruit, demeurant à "3rne.

«On a vu ici des ombres et des taches lumineuses mnr les unes après les autres, comme paraissent le bre les ombres produites par de petits nuages qui pasïal successivement sur le Soleil. Ces taches n'étaient pas l^-la même couleur : il y en avait de rouges, de jaunes, ► bleues, de blanches. Les enfants les poursuivaient et liaient de mettrf la main dessus.

f Ce phénomène extraordinaire fut remarqué que instants seulement avant la disparition complet Soleil. »

M. Auguste Attenoux, de Salon, m'écrivit le même de Téclipse, une lettre que je vais reproduii tuellement :

«... Je m'étais transporté, pour mieux observe clipse, sur une petite élévation qui domine la vil ciel était serein, et un petit vent nord-ouest (le mis assez frais pour la saison, se faisait sentir, lorsque ques secondes avant la disparition du dernier solaire, je vis très-distinctement, ainsi que la seul sonne qui était auprès de moi, une légère ondi dans l'air qui suivait, autour de nous, la directi vent. Ce mouvement n'était nullement sembla celui que produit l'émission de la chaleur sur un métallique fortement chauffé, ou pendant une g journée d'été, à midi , celui que nous voyons à qu" centimètres au-dessus du sol de la Crau. C'était un vement ondulatoire bien distinct, bien apparent , ( je puis comparer à celui qu'aurait eu l'eau expos même vent dans un grand bassin , en formant qui vagues assez allongées, se succédant rapidemei unes aux autres. Ce phénomène s'est reproduit l'apparition subite du Soleil et n'a duré que qu( secondes.

« Plusieurs personnes à qui je viens de faire pa ce fait s'en sont aperçues comme moi, et nous poi dire avec hardiesse maintenant que nous avons vu p le vent. »

Je n'hésite pas à assimiler le phénomène décrit par . Attenoux à ceux de Perpignan et de Seyne. 11 me jraît évident, en effet , quoique la lettre ne soit pas plicite à cet égard, que l'observation a dû être faite en ant les regards vers le sol ou sur un mur. S'il était sd que M. Attenoux eût vu les ondulations dont il parle

regardant en l'air, le phénomène, sans changer de ractère, mériterait une discussion à part. M. d'Hombres-Firmas a publié une relation des obsertions faites à Alais. On y lit que dans cette ville l'éclipsé

fut pas totale ; qu'une portion du Soleil , large d'en- X)n un cinquième de doigt, resta toujours visible ; que

personnes qui étaient sur la terrasse du fort, sur la ice de la Maréchale, ou sur la grande route, et celles i se trouvaient près de façades hautes et larges, aperrent un phénomène curieux. Des bandes alternativesnt claires et ombrées, très-allongées, parallèles, dirigées

Touest à l'est, se dessinèrent sur le terrain ou sur les timents, comme les plis d'un immense rideau; elles nblèrent onduler et rouler. ,. ; elles furent d'autant plus parentes, que le segment solaire visible était plus ■oit. » Pour qu'il n'y eût pas d'équivoque possible sur

signification des expressions bandes alternativement ùres et ombrées^ M. d'Hombres-Firmas explique qu'il entendu parler de lignes ou de traînées de lumière sur 1 fond ombré.

La petite brochure que M. J. Guérin, ancien directeur X Musée d'Avignon, a fait paraître , renferme , sous le tie de Phénomène singulier, un chapitre dont je ne puis le dispenser de citer quelques lignes :

t%Q NOTICE SDR LES ÉCLIPSB&

« PluAÎeurB personnes remarquèrent avec une es Hur()ri0C, bous un ciel calme et sans nuages, pend; (|uolquoB secondes qui suivirent la réapparition du 1 dm ombres légères se succéder rapidement, pouss nord nu sud avec une apparence de vacillation. < romarquu principalement dans les lieux unis et décoi

«•••• Ces ombres avaient quelques rapports a> vnKiH'!^ très -superficielles d'un lac, poussées pai molli et avoc rapidité. »

Lo Mi^moire de M. Lenthéric, de Montpellier ; c( MM. Piiiaud et Boisgiraud, de Toulouse, nous 1 n)nt doux citations intéressantes relatives au méro< iionuMio :

1 lUi (>cu avant le commencemeQt de Féclipse dit M« l^'iiUi^ric. <ai voyait par terre et sur les mui \milmvft MiHtuhHi$e$ compoâées d'une suite d*arcs I \(^nn>i^tvw do kn^rueur, sur une largeur bea ukmik)vx\ |Vjir«i$ss«nt touroer sur eux-mêmes. Ueffe ^Uiil ^^il ;iiMK^$ue à ors ombres mobiles qu^on v( k^ iVi^) d'im Kft^n {^m piv&MDd plein d'une eau lin Kvr^^w^ U $wiËiKV. k$ièf>«Mni «sÈlee, est éclairée i

Wà^^ ^\t;^V«»»u J^ munfKs de IDL Piiu

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i^MM^^ 4i ^>«m^r jOïSîSwa irï'Hrc jî Sîùaîl. a snA i WiN^ îwr V îttMr ^ Ut itwr^le ^nûugnc de la catU ^ \*::Kwnr K Ki^i^ îmrjaminic r^^ar asseï de vîio ^Ws ^tv >dbA^:i^r àifiïcïtmtf ikî ;»Jif ùi venu Ces oi

it aussi été remarquées en d'autres lieux par les périmes de la ville. Elles n'ont commencé à être visibles le lorsque la lumière qui les engendrait a été suffisam- ^nt affaiblie. Il faut les attribuer sans doute à ces cou* nts de vapeur qui ont donné naissance aux mouvements dulatoires dont nous avons signalé Texistence sur les atours de la partie visible du Soleil K » Le lecteur s'étonnera avec raison que mon énuméion se termine ici, avec les observations faites en ince. Il est, en effet, assez étrange qu'un phénomène ■BTvé avec tant d'évidence à Perpignan, à Narbonne, à ntpellier, à Salon, à Toulon, à Seyne, à Alais, à mn 9 n'ait pas été aperçu dans les nombreuses villes talie, d'Allemagne et de Russie, où tant de personnes »les s'étaient transportées. Il ne faut pasmoinss'éton- * du silence des anciens astronomes touchant des acciits de lumière qui , en 1842, furent tellement manikes^ que des enfants y trouvèrent un objet d'amusement. IMurcourant page à page les collections académiques, pB le dessein de rendre ce chapitre le moins incomplet Irible, je n'ai découvert qu'une seule observation ana- |ne à celles de l'éclipsé de 1842 ; encore aurai-je le |ret de ne pouvoir pas la citer en détail , la feuille lie sur laquelle je l'avais consignée s' étant égarée. trait caractéristique du phénomène sur lequel je d'appeler l'attention des astronomes , a été indiqué

lier vit une fois la planète Vénus projeter sur le mur d*une 're une lumière qui paraissait éprouver des mouvements rdînaires. Cette observation pourra être utilement rapprochée les que je viens de citer.

sur le titre même de ce chapitre : les lumières deviennent très -apparentes , alors seulement que la tion visible du Soleil, alors que la portion a des dimensions angulaires très-petites.

Par cette circonstance, le phénomène, quanta cause intime, se rattache à celui de la scintillation; doit Tattribuer à des effets d'interférences. Il en est même de la coloration signalée à Seyne. Les cl ments d'intensité que j'ai observés sur les écrans, plein soleil , je veux dire lorsque aucune partie de astre n'était cachée, sembleraient se rapporter plus tement aux circonstances physiques qui donnent sance au mirage. Quoi qu'il en soit , on ne pourrait jourd'hui entreprendre l'explication minutieuse de phénomènes que d'une manière conjecturale. Il est cessaire de faire une série méthodique d'observations des fractions variables du Soleil. Il sera bon, dans observations d'éclipsés totales, de noter l'intervalle s'écoulera entre le moment de l'immersion totale ou de l'émersion, et le moment où ces apparitions étr cesseront d'être aperçues.

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