CHAPITRE XX
SUR LES PROÉMINENCES ROUGEÂTRES QUI SE MONTRÈRENT EN Dl POINTS DU CONTOUR DE LA LUNE, PENDANT TOUTE LA D DE l'ÉCLIPSE totale DU 8 JUILLET 1842 ^
Je demandais, naguère, au directeur de i'observ de Greenwich, ce qu'il pensait des flammes roug qui jaillirent de divers points du contour de la Lune dant l'éclipsé de Soleil du 8 juillet 1842. « A vous franchement, me répondit l'illustre astronome, je m pas que personne en ait donné une explication sa santé. »
1. Les lumières rougeâtres dont il va être question dans ( pitre ont été appelées : proéminences, protubérances, fla nuages, montagnes. Nous ferons usage indistinctement de ces dénominations, sauf à examiner plus tard la nature réi phénomène.
Un phénomène dont l'esprit inventif de M. Airy n'a us triomphé, mérite d'être décrit dans les plus grands :iails. J'accomplirai d'ailleurs un devoir, en épargnant 3C astronomes la peine que j'ai eue à me procurer les cuments nombreux et variés qui se trouvent réunis lis ce chapitre. Toutes les fois que la matière m'a paru pdger, j'ai rapporté les paroles mêmes ou la traduction èle des paroles des observateurs.
§ 1. — Observations faites en France.
Perpignan. — Lorsqu'en regardant dans ma lunette, .91 millimètres d'ouverture et d'un grossissement de fois, sans l'intermédiaire de verres colorés, je com- Bçai à voir les deux protubérances lumineuses qui oblaient s'élancer de la région la plus basse du disque jpire (la lunette renversait les objets), ces protubékces formaient déjà une forte saillie dont la grandeur me parut pas varier. Leur teinte était rosacée dans ||Bemble , et d'un bleu verdâtre en quelques points, l^tre par un eifet de contraste.
Les contours de ces protubérances étaient parfaitement Ép^és. Je remarquai dans la plus grande, vers la gau- ^ une région qui se terminait par une courbe fortelit concave en dehors. Il me parut que ni l'une ni Pitre n'avait une direction normale à la périphérie de Lune : on aurait dit des montagnes qui devaient inépblement s'ébouler.
)stimai que la plus considérable , prise dans le sens 1 longueur, sous-tendait environ 1 minute.
Les remarques de M. Laugier concordent de tout avec celles qu'on vient de lire. Seulement, mena] dation angulaire de la principale protubérance serait peu trop petite.
M. Victor Mauvais ayant accidentellement examinéi bord de la Lune plus tôt que nous ne le fîmes nous-m< aperçut les protubérances quand elles commençais naître. Je rapporterai ici textuellement la partie du joi manuscril de M. Mauvais qui est relative au myst phénomène :
« Quelques secondes après le commencement de clipse totale, comme je cherchais à mesurer la largeur i la couronne lumineuse, je vis apparaître au bord infi de la Lune un point rougeâtre qui ne paraissait encore former une saillie sensible.
« 56 secondes après Téclipse totale, le point rou{ dont je viens de parler se transforma en deux semblables à deux montagnes contiguês, d'un rouge vi^i lacé, parfaitement bien terminées dans leur contour, n'étaient pas d'une coloration uniforme. On voyait leurs flancs des traits plus foncés. Je ne puis donner idée plus exacte de leur aspect, qu'en les comparant pics des Alpes , éclairés par le soleil couchant et va§i très-loin. 1 minute 10 secondes après l'éclipsé totale' vit une troisième montagne à gauche des deux premii elle offrait le même aspect pour la coloration. Elle flanquée de quelques pitons plus petits, mais tous tement définis.
«Pendant la sortie de cette troisième montagne, deux premières ne cessèrent pas de croître. Elles at
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gnirent une hauteur qui, d'après mon estime, sous*tendait environ 2 minutes.
« L'intervalle compris entre les deux groupes me parut embrasser sur la Lune un arc d'environ 25 degrés. Le groupe le plus considérable, le plus occidental en apparence, me semblait être de quelques degrés à gauche du point le plus bas du disque lunaire. •
M. Mayette, capitaine du génie, observa l'éclipsé à Perpignan avec une lunette grossissant vingt- sept fois. Dans la Note manuscrite que cet officier m'a remise, je lis :
t La partie supérieure du disque lunaire ( la lunette ne renversait pas) paraissait surmontée de belles gerbes de flammes rouges, immobiles, à contours très-distincts et très-tranchés. La gerbe septentrionale était inclinée sur 'le contour de la Lune... Je continuai à voir la gerbe du fiiord, quelques instants après l'émersion du Soleil. »
A Perpignan , plusieurs personnes virent les protubé- MBDces à l'œil nu. Le fait n'est pas douteux. ► Montpellier. — Mon ami M. Petit, directeur de l'ObiKrvatoire de Toulouse, avait bien voulu, à ma prière, se Rendre à Montpellier. Il fit usage d'une lunette achroma- •fique de Gauchoix de 95 millimètres d'ouverture, armée tf un grossissement de vingt-quatre fois. Voici en quels termes il me rendit compte de l'apparition des protubérances lumineuses :
tLes deux points rouges inférieurs se sont montrés les
premiers ; le plus occidental (en apparence) avant l'autre.
\ ïsont grandi graduellement, mais avec rapidité, comme
ïauraient fait des objets parfaitement terminés, émer-