‹ Œuvres complètes de François Arago (volume 2)Chapitre 49 sur 117 · IL - IV · texte numérisé non relu

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géant de derrière le disque de la Lune. Le point âtaé k droite, vers l'extrémité du diamètre horizontal , s'est développé un peu plus tard , et aussi très-rapidement. Oi pouvait comparer les formes de ces saillies à celles de pics élevés, vus à travers un verre rouge, et oSrant dan leurs flancs des vallées verticales. L'un des montical», surtout était en effet sillonné de traits rouges plus fon que le reste de l'image. »

En s'aidant d'un réticule à fils fixes placé au fi commun de l'objectif et de l'oculaire de la lunettei M. Petit trouva 1 minute 45 secondes pour la dime angulaire de la plus haute des trois protubérances.

La détermination de M. Petit me paraît devoir considérée comme le résultat d'une véritable mesure, ne saurait, en tous cas, la confondre avec les évaluations^ si incertaines, obtenues, par voie d'estime, dans d'au! lieux.

Très-peu d'instants avant la réapparition du Soleil, M. Petit vit une nouvelle flamme surgir vers le point disque lunaire où l'émersion allait avoir lieu : cell était blanche.

Narbonne. — Les observateurs de Narbonne, MM. Finaud et Boisgiraud, ont rendu compte de l'apparition proéminences rougeâtres, dans les termes suivants :

«Sur le bord supérieur (réel) du disque lunaire,!* partir du diamètre vertical , et s' étendant vers l'ouest, ^ ont apparu comme des montagnes de feu , taillées à pfe du côté gauche et s'abaissant par pointes aiguës et escarpées du côté opposé. Il y en avait dans cette régioD trois bien distinctes, dont la première, qui était la pi».

NOTICE SUR LES ÉCLIPSES. 2i3

élevée, avait une hauteur égale environ au douzième du diamètre apparent de la Lune. Un peu plus loin, à droite, on voyait ramper sur la circonférence du disque lunaire , mais toujours en dehors, plusieurs élévations onduleuses, moins prononcées que les premières, mais également brillantes. Deux pics semblables , moins élevés que ceux de la partie supérieure, et dont les escarpements avaient la même direction, brillaient en même temps, l'un à droite, un peu au-dessous du diamètre horizontal, Tautre à gauche, un peu au-dessus de ce même diamètre. Celui de gauche a été signalé avant tous les autres. Les expresmns manquent pour donner une idée exacte de ces montagnes ignées. C'étaient comme des rochers de cristal incandescents, d'une couleur rose tendre, doués d'une «MTte de transparence, et brillant d'une lumière calme et sans scintillation; leurs contours étaient bien accusés, leurs arêtes vives et nettement tranchées. Ils ont constamment conservé les mêmes formes, les mêmes posi- LtloDs et une immobilité complète. Seulement les pics de hk partie supérieure ont paru grandir un peu à mesure rqae l'éclipsé totale approchait de sa fin; et ils grandis- If «aient, non comme un corps qui s'allonge et se déforme, limais comme des rochers élevés dont on n'apercevait i^ abord que les sommets et la partie moyenne, et dont \\k base devenait visible à mesure que le voile qui la ^^wivrait s'abaissait avec lenteur. Ce magnifique spec- ■ ttade a persisté jusqu'à la fin de l'éclipsé totale. Lorsque çvkSoleil s'est dégagé de dessous le disque obscur de notre ]?î'irtelUte, l'apparition du premier rayon de lumière a été ;»$ «gnaléepar un éclair très-vif, bien plus intense que le

deinier rayon qui avait brillé avant roccultation totaki A ce moment, et seulement alors, Tauréole lumineuse environnait la Lune, et les pics incandescents qui h^ saient une partie de sa circonférence, se sont subil éteints dans les feux de l'astre du jour. •

Toulon. — L'observation de Toulon a un intérêt ticulier, cette ville n'étant pas très-éloignée de la méridionale de la zone terrestre le long de lac l'éclipsé devait être totale. M. Bérard , capitaine de seau et correspondant de l'Institut, m'en transmit détails. Ce. qui suit est extrait de la Lettre de ce sai officier :

< Pendant tout le temps de l'éclipsé totale, on vit^ delà du bord de la Lune, près de la région où le émergea, une bande rouge très-mince, dentelée ii lièrement, ou comme sillonnée çà et là de crevasses.

M. Bérard se servait d'une lunette qui grossissait peu.

Il me semble évident que la bande rouge dont capitaine Bérard fait mention est précisément le pi mène qui, à Perpignan, à Narbonne, à Montpellier^ Turin, à Milan, etc., se présenta avec des proéraii considérables. Cette assimilation est-elle fondée? les auteurs de relations d'éclipsés totales de Soleil, d'éclipsés annulaires, dans lesquelles on parle d*J rouges bordant le disque de la Lune, se trouvent at vu un diminutif du phénomène qui , en 1842, a si ment frappé les astronomes. Il n'est pas besoin d'il sur l'importance qu'aurait cette conclusion. Pour !'( puyer sur une base solide, je me suis attaché à poser i

mestions nettes et précises, aux observateurs qui se trouaient situés, comme M. Bérard, près de la limite mériaonale de la zone où Téclipse fut totale. Je transcrirai 5d une partie de la réponse qui m'a été adressée par I. Flaugergues, professeur de sciences appliquées à lÉcole d'artillerie navale de Toulon. M. Flaugergues ^^était établi au fort Lamalgue.

■ « Peu après l'immersion du Soleil , fatigué d'une bservation longue et attentive, je quittai le télescope. Je komenai quelques instants un avide regard sur le spec- Icle étrange que présentait alors la nature ; mais mon ktention et mes yeux furent bientôt ramenés vers les box astres, par la prévision de ce qui allait se passer à femersion. Je n'avais point encore repris le télescope, tosque je fus surpris par l'apparition d'un point lumi- Wsax rouge; puis d'un second point semblable. A ce ibment je ressaisis le télescope , et puis je vis émerger Kl troisième point lumineux. Mon télescope était armé ^nn verre coloré ; ce verre laissait passer les rayons fekiges. »

^ Le nombre des points lumineux aperçus par M. Flaufetgues, leur couleur, la région où ils se montrèrent Ikpperont le lecteur ; tout, dans cette observation , conbort à faire penser que le phénomène du fort Lamalgue, kmme celui qui s'offrit à M. Bérard sous la forme d'un ■e rouge dentelé , était, avec quelques différences d'as- Ikd dues en partie au grossissement employé, le phéno- ■fene des grandes protubérances observé en tant d'autres (box.

^ Visan. — M. Guérin, d'Avignon, a fait ses observa-

lions à Visan, par 4i" 19' de latitude nord et 2" 35' de longitude orientale. Il s'est servi d'une lunette de Do^ lond, parfaitement achromatique, ayant 1 mètre environ de distance focale , 81 millimètres d'ouverture d grossissant 90 fois. Yisan, situé à 5 lieues au nord d'Orange, n'était pas très- éloigné de la limite sep trionale de la zone correspondant à l'éclipsé totale, comme on peut le voir dans la carte qui représente trace de l'ombre de la Lune sur la surface de la T (fig. 3, p. liO). Cette circonstance donne un nouv degré d'intérêt aux remarques de M. Guérin.

Immédiatement après le moment de l'immersion to du Soleil, « cet observateur vit quelques points crén bien apparents, distincts, qu'on aurait pu prendre premier coup d'œil pour 7 à 8 étoiles de différentes deurs, rangées sur le bord du disque où venaient disparaître les derniers rayons d'une vive lumière.

« Les deux plus grands de ces points, ajoute M. 6u< ( leur ensemble occupait, à des éloignements inégaux, sixième partie de la circonférence du disque), les d points très -sensiblement crénelés avaient à peine une grandeur égale à la deux-centième partie du diamètre la Lune (c'est-à-dire lO"'). Ils persistèrent, ainsi que les plus petits, tout le temps que l'éclipsé fut totale, et dis- ^ parurent subitement dès que le Soleil se montra... Si la" circonférence du disque lunaire avait été bordée en entierde ces points lumineux, elle eût offert l'apparence d'u» boîte d'ébène entourée de rubis... Les points étaient pifl» rouges, mais moins brillants que Mars. »

Digne. — L'observation des protubérances que M. &!■

gène Bouvard m'a communiquée , diffère par des circonstances essentielles de celles qui ont été faites partout ailleurs. Je vais laisser parler le jeune astronome :

«Pendant que je prenais la mesure de l'auréole, je remarquai dans la partie inférieure apparente du disque de la Lune deux faisceaux lumineux fort curieux. L'un (celui de droite ) était d'un tiers au moins plus large que l'autre ; ils étaient tous les deux formés de rayons d'un beau rouge , entremêlés de quelques rayons de couleur orange. Ils allaient en s' élargissant et en s' affaiblissant à mesure qu'ils s'éloignaient du bord de la Lune.

«Ces faisceaux ont été visibles même à la simple vue. Ils ont été aperçus longtemps après la fin de l'éclipsé totale. »

Marseille. — On s'étonnerait, à juste titre , de ne pas trouver ici une mention détaillée des observations faites à Marseille par M. Valz, si je ne rappelais que, d'après les Notes qui me sont parvenues, je n'avais pas le droit de considérer comme des protubérances les points lumineux vus par l'habile astronome, et que dès lors j'ai dû «nalyser son travail dans le chapitre relatif aux lumières intérieures (chap. xv, p. 205).

§ s. — Observations faites hors de France.

La Superga, près de Turin. — Voici en quels termes

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