‹ Œuvres complètes de François Arago (volume 2)Chapitre 9 sur 117 · DANS LES LUNETTES · texte numérisé non relu

DANS LES LUNETTES

Bien des personnes éprouvant un peu de diflBiculté à concevoir comment, ainsi que nous l'avons admis dans le chapitre précédent, une petite oscillation imprimée à une lunette transforme l'image très-concentrée d'une étoile en un long ruban de lumière, entrons , à cet égard , dans quelques détails.

Une lunette bien réglée se compose de deux lentilles , l'objectif et l'oculaire, dont les axes se correspondent, dont les axes sont situés sur le prolongement l'un de l'autre.

L'image d'une étoile, que, pour simplifier les idées, je supposerai immobile, se formera toujours dans la direction de la ligne joignant cette étoile et le centre de l'objectif.

Si cette ligne rencontre l'objectif perpendiculairement, e!i d'autres termes, si elle coïncide avec son axe, l'image occupera le milieu de ce qu'on appelle le champ. Dans le cas contraire, elle sera plus ou moins excentrique, suivant que l'axe de l'objectif et le rayon venant de l'étoile seront plus ou moins inclinés l'un par rapport à l'autre.

Supposons que les rayons qui ont concouru à la formavn.— IV. 2

tion de l'image, prolongés au delà, sortent de la lunette et entrent dans l'œil par l'action de l'oculaire, parallèlement entre eux , parallèlement, en outre, à la ligne qui joint l'image et le centre de cette même lentille oculaire. Il est évident que la direction de cette ligne ou du faisceau parallèle qui pénètre dans l'œil , détermine le point de la rétine où va définitivement se peindre l'étoile.

Admettons maintenant ( la lunette restant immobile, les rayons de l'étoile tombant perpendiculairement sur l'objectif, l'image occupant le centre du champ), admettons qu'on fasse marcher horizontalement l'oculaire de droite à gauche ou de gauche à droite. A chaque position correspondra sur la rétine une image plus ou moins éloignée de l'image primitive, mais toujours placée, relativement à elle, dans la position horizontale.

Supposons que le mouvement de l'oculaire dans toute sa course s'effectue dans un temps plus court qu'il ne faut pour que chaque image de l'étoile ne s'efface (en moins d'un septième de seconde, suivant l'expérience de d'Arcy), et l'étoile sera transformée en une ligne continue de lumière horizontale.

Un mouvement vertical de l'oculaire aurait donné une ligne continue de lumière verticale ; un mouvement incliné, une ligne de lumière inclinée. Conséquemment, un mouvement curviligne de l'oculaire suffisamment rapide, transformerait rétoile en un ruban curviligne et continu de lumière.

Les mouvements que je viens de décrire ont consisté uniquement dans le déplacement de l'oculaire relativement à l'image focale; or on arrivera exactement au

même déplacement en dirigeant successivenâent la lunette à gauche, à droite de l'étoile ; en la pointant un peu plus haut ou un peu plus bas, etc. Ces déplacements, en effet, ont pour résultat de faire naître l'image de l'étoile à gauche, à droite, en haut, en bas, etc., du centre de la lunette, du centre où elle existait primitivement : la position de cette image, dans l'espace, reste constante; les parois du tuyau de la lunette, au contraire, s'approchent ou s'éloignent par un côté ou par l'autre du lieu qu'elle occupe, suivant le sens du mouvement qu'on leur a imprimé ; et si l'on se rappelle que l'oculaire est supposé maintenant lié à la lunette d'une manière invariable, que son axe prolongé coïncide constamment avec l'axe du tuyau , on concevra que tout déplacement de l'image , relativement à telle ou telle partie du tuyau , est inévitablement accompagné d'un déplacement correspondant de Foculaire relativement à cette même image, et que ces déplacements auront le même effet que si, l'image étant fixe, Toculaire avait marché.

Lorsqu'on voudra régulariser ces mouvements, dans la

vue de substituer des mesures à de simples aperçus , les

constructeurs décideront si des déplacements réguliers et

. lapides de l'oculaire ne sont pas plus faciles à produire

i mécaniquement que des oscillations de la lunette.

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