DE LA CHALEUR QUI ACCOMPAGNE LES LUMIÈRES TERRESTRES
En 1679, Mariotte trouva que les rayons calorifiqœs émanés d'un grand feu de charbon diffèrent par leurs propriétés des rayons calorifiques du Soleil. Il résultait, en effet, des expériences qu'il rapporte, t que la lumière et la chaleur de cet astre passent avec une égale facilité à travers le verre et les autres corps transparents...; mais que la lumière du feu passe facilement à travers le verre, tandis que sa chaleur n'y passe point, ou bien n'y passe que très-peu. »
En 1726, Dufay, de l'Académie des sciences, confirma par des expériences nouvelles le fait capital découvert par Mariotte , et il établit de plus que la chaleur rayonnante qui émane d'un feu conounun, traverse le verre dans d'assez fortes proportions pour enflaimner diverses substances au foyer d'un miroir réfléchissant.
En 1777, Scheele, qui n'avait probablement connu ni
les expériences de Mariette, ni celles de Dufay, annonça, -dans son célèbre Traité sur le feu^ que le verre intercepte en entier la chaleur des feux terrestres. Hais de nombreuses observations, faites depuis cette époque par une multitude de physiciens, ont toutes confirmé le résultat de Dufay.
Nous n'avons parlé jusqu'ici que de la chaleur rayonnante émanée des corps incandescents. La chaleur qui s'échappe des corps non lumineux, et que, par cette raison , on appelle chaleur rayonnante obscure y a été également étudiée avec soin. L'expérience prouva bientôt qu'un thermomètre monte quand il est placé, par exemple, en face d'un matras rempli de mercure échauffé, alors même que les rayons de chaleur ne peuvent aller du matras au thermomètre qu'en traversant une lame de verre plus ou moins épaisse. Tout le monde s'accorda sur le fait : l'explication seule était différente. Les uns soutenaient qu'une partie de la chaleur obscure traversait le verre à la manière des rayons lumineux et était la principale cause de l'augmentation de température qu'on observait du côté opposé. D'autres croyaient que la lame de verre arrêtait la totalitâ d^S tajdhs calorifiques partis du matras, et que le rayonnement propre de la lame échauffée devenait ensuite la cause de la marche ascendante du thermomètre. Les observations de M. Maycock, vérifiées plus tard par celles de M. Brande, montrèrent l'insuffisance de cette dernière explication. Peu de temps après (août 1810), M. le professear Prévost parvint à s^arer les effets de la chaleur rayonnante immédiatement transmise de ceux qui étaient dus au réchauffement
de récran , d'abord en employant des écrans de vi mobiles qu'il renouvelait fréquemment et sans leur lai le temps de se réchauffer; secondement, en employant comme écran une mince lame d'eau coulant constanHf * ment. Ces deux ingénieuses expériences prouvèrent aimi» de la manière la plus directe, que la chaleur rayonnanlr obscure est susceptible de traverser des écrans diaphaner de verre et d'eau. M. de Laroche compléta ensuite (jua 1811 ) nos connaissances sur cette matière par la démoD»tration expérimentale des deux principes que je m énoncer :
La quantité de chaleur rayonnante qui traverse immé-' diatement le verre est d'autant plus grande relativemol* ^ à celle qui est admise dans la même direction , que h température de la source qui l'émet est plus élevée;
Les rayons calorifiques qui ont déjà traversé un écrat de verre éprouvent, en traversant un second écran senblable, une déperditii» pn^rtionnellement beaucoep moins considérable que dans leur passage au travers ds premier.