CHAPITRE II
ACTIOSr CBIXIQVI DIS LVXlilIS AKTIFICIKLLIS
It e$t un os^ez jrand nombre de substances chimiques quo Pactioa de la Iwnière modifie. Qaand on mélange iie chloœ et d^hydrogàote. par exemple, est exposé m re\ons> dtnx^ \iu Soleil « il se forme aosàtôt de l'adde munatk(tte ou chlorhvdriquie : mais ces deux mêmes gax tt';i^cts$$etit pîi» run ;sur Taotre kvsqœ le bocal qui les
nferrae est seulement éclairé par la lumière diffuse de t^mosphère.
Les journaux américains ont publié en 1822 , un fait ii est en contradiction directe avec cette opinion, génélement admise, que la lumière diffuse de Tatmosphcre est pas capable de déterminer Texplosion dans un mépge de chlore et d'hydrogène. Voici les circonstances t Texpérience :
Une bouteille ordinaire à huile, bien nettoyée, renrmait du chlore. M. le professeur Silliman était occupé y introduire aussi de l'hydrogène, lorsqu'il se produisit ^e forte explosion accompagnée d'un dégagement de Knière très -apparent. Les fragments de la bouteille vent lancés au plafond : le goulot seul resta dans la «dn de l'opérateur. «Or, non -seulement aucun rayon i lumière directe ne pouvait parvenir à la place qu'oci.pait M. le professeur Silliman , mais la lumière diffuse l«-même était d'une extrême faiblesse, le firmament se ouvant alors accidentellement couvert d'une épaisse ^uche de nuages obscurs , chargés de neige. »
M. Brande rapporte qu'ayant exposé un mélange formé 25 parties égales de chlore et d'hydrogène, renfermé ans une boule de verre mince, à l'action de la vive imière émanée d'une large flamme alimentée par du gaz léfiant, il ne trouva pas au bout de quinze minutes qu'il 5 fût manifesté aucun effet chimique. Un foyer trèsrillant produit par la même espèce de lumière n'altéra as non plus le moins du monde la blancheur du chlorure ^argent. M. Brande répéta ensuite les mêmes expéiences par le procédé suivant : la petite boule renfer-
mant le mélange de chlore et d'hydrogène fut placée àh |^ distance de 27 millimètres de deux pointes de charboi F qu'on avait adaptées aux extrémités de deux fils métal- f liques ; ces fils aboutissaient l'un au pôle positif et l'autre au pôle négatif d'une pile de Volta composée de cent couples et fortement chargée. Tout le monde sait qu'en mettant les deux charbons d'un tel appareil en contact, il se produit sur-le-champ une vive lumière ; mais p^sonne avant M. Brande n'avait remarqué que cette lumière 1 ^ est assez intense pour déterminer une action chimigoe p du chlore sur l'hydrogène. Le plus souvent , dans les expériences du savant anglais, un intervalle de dnq minutes était nécessaire pour que les deux gaz se combH nassent complètement. Il arriva cependant, dans deai cas, que l'apparition de la lumière électrique occasioDM une explosion, comme le fait toujours la lumière directe du Soleil.
« N'ayant jamais pu, dit notre auteur, produire un semblable effet à l'aide d'une autre espèce de lumière te^ restre, quelle que fût d'ailleurs son intensité, il m'est impossible de ne pas admettre que le phénomène dépend de quelque propriété particulière dont les lumières solaire et électrique jouissent exclusivement. »
Ce résultat, en le supposant appuyé de preuves démonstratives , devrait , ce me semble, être rangé au nombre des plus curieuses découvertes de la physique moderne. Mais peut- on affirmer maintenant que ces preuves existent? Ne serait- il pas nécessaire, par exemple, de connaître bien précisément quel était , relativement à la lumière électrique, l'intensité de ces autres lumières ter-
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restres qui ne produisaient aucun effet chimique ? Pendant des expériences dont M. le professeur de la Rive, de Genève, voulut bien me permettre d'être témoin, j'eus Toccasion, vers 1812, de reconnaître qu'avec la pile de cet ingénieux physicien, deux charbons rendus incandescents, dans le vide, par le courant galvanique, sont, à égalité de surface, trois cents fois plus lumineux qu'une bougie.
Comme, en général , ces charbons ne brillent que dans une petite étqndue, je conviens qu'il sera toujours possible, soit en donnant à un autre corps lumineux des dimensions suffisantes, soit en rapprochant convenablement ce corps du globe qui renferme le chlore et l'hydrogène,'soit enfin en s' aidant d'un miroir réfléchissant concave ou d'une loupe, de réunir sur un point quelconque de la masse des deux gaz mélangés, une lumière égale à celle qu'y envoient les deux charbons électriques ; mais ces précautions même ne suffiraient pas pour établir sans contestation le principe énoncé par M. Brande. J'ai reconnu, en effet, à l'aide de diverses expériences, que les actions chimiques de la lumière ne sont pas proportionnelles à son intensité ; qu'un rayon isolé, par exemple, peut, en certaines circonstances, produire sur un point donné beaucoup plus d'effet qu'un faisceau de cent rayons semblables. Le seul moyen qui s'offre donc à l'esprit pour lever tous les doutes est d'essayer comparativement les effets d'un charbon rendu lumineux par l'électricité, et ceux d'un charbon de même étendue et de même intensité, mais à l'incandescence duquel l'électricité n'aurait aucune part» Un charbon brûlant au milieu du
gaz oxygène , comme dans les célèbres expériences de p Lavoisîer, remplirait probablement l'objet. On nous permettra , j'espère , de recommander cette recherche à l'attention des chimistes, si l'on remarque que la distinction établie par M. Brande, en la supposant fondée, nous mettrait sur la voie des causes qui déterminent l'émission de la lumière solaire.
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