‹ Œuvres complètes de François Arago (volume 2)Chapitre 99 sur 117 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

AVANT-PROPOS

Je me propose de montrer dans cette Notice comment îl est possible de décider, sans équivoque, si la lumière se compose de petites particules émanant des corps rayonnants, ainsi que le voulait Newton, ainsi que l'ont admis la plupart des géomètres modernes ; ou bien si elle est simplement le résultat des ondulations d'un milieu très-rare et très- élastique, que les physiciens sont convenus d'appeler éther. Le système d'expériences que je vais décrire ne permettra plus , ce me semble, d'hésiter entre les deux théories rivales. 11 tranchera mathématiquement (j'emploie à dessein cette expression), il tranchera mathématiquement une des questions les plus grandes et les plus débattues de la philosophie naturelle.

Au reste, cette Notice est l'accomplissement d'une sorte d'engagement que je pris envers l'Académie des sciences dans un des comités secrets de 1838, où l'on discutait les titres des candidats présentés par la section de physique

pour remplir une place de correspondant vacante dans son sein.

Je venais d'exposer l'admirable méthode à Taide de laquelle M. Wheatstone a abordé le problème de la vitesse de l'électricité dans les conducteurs métalliques ; je terminais à peine Ténumération des importants résultats que cet ingénieux physicien a obtenus , lorsque plusieurs de nos confrères , dont le nom peut faire autorité en pareflle matière, prétendirent que mon rapport était beaucoup trop approbatif. En la supposant bien constatée, la limite inférieure assignée par M. Wheatstone à la vitesse de r électricité n'aurait, disait -on, aucune influence notable sur les progrès des sciences; d'ailleurs, des limites de même ordre et même plus étendues pourraient être déduites indirectement de divers phénomènes électriques ou magnétiques. Quant à la méthode des miroirs rotatifs, elle ne semblait susceptible d'être appliquée qu'aux seules questions déjà étudiées par l'inventeur. J'essayai de réfuter cette dernière opinion. Je crois, moi, que le nouvel |? instrument, convenablement modifié, conduirait à des résultats dont M. Wheatstone ne s'était pas avisé ; j'avais déjà entrevu que , même en le supposant renfermé dans les bornes étroites d'un petit appartement, il pourrait servir à mesurer les vitesses comparatives de la lumière se mouvant à travers l'air ou à travers un liquide. Je ne tardai pas à apprendre, sans que j'eusse presque le droit de m'en étonner ou de m'en plaindre, que mon assertion n'avait rencontré que des incrédules. Je l'ai, je pense, justifiée dans toutes ses parties dans cette Notice, que je reproduis ici textuellement en y ajoutant seulement quelques

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autres communications faites postérieurement à l'Académie des sciences sur le même sujet

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