RÉPARTITION DE LA PLUIE ENTRE LA NUIT ET LE JOUR
Si Ton partage en deux parties les quantités de pluie qui tombent journellement, et qu'on considère comme étant de jour les pluies recueillies de 6 heures du matin à 6 heures du soir, et comme appartenant à la nuit celles tombées au contraire de 6 heures du soir à 6 heures du matin, on trouve en général qu'il pleut plus la nuit que le jour, mais qu'inversement il pleut plus souvent de jour que de nuit. Tels sont, par exemple, les résultats conclus de 35 ans d'observations faites à Alais (Gard), de 1802 à 1836, par M. d'Hombres-Firmas. Voici les nombres moyens qui ont été obtenus par ce savant météorologiste :
Quantité moyenne Nombre de fois
l^^jg (le plui« tombée qu'il a pla
de jour. de nuit. toUle. de jour, de oolt.
mUl. mlll. mill.
Janvier. 35.65 61.26 86.91 6.5 6.5
Février 26.01 35.38 61.39 U.5 li.9
Mars 25.75 35.52 61.27 U.'6 3M
Avril 39.78 /w.53 84.31 5.7 liJ
Mai US.IO UUti6 90.16 6.2 4.5
Juin 22.62 22.81 45.43 4-7 3.1
Juillet 31.06 21.16 62.22 4.0 2.4
Août 20 96 23.08 44.04 2.6 2.1
Septembre 71.60 60.75 132.35 6.0 4.3
Octobre. 68.38 72.07 140.45 6.4 6.6
Novembre bli.iO 57.34 111.44 6.0 6.4
Décembre 31.60 49.50 81.10 6.5 6.3
Année entière. 476.25 514.92 991.07 60.5 55.1
Dans les environs de Marmato (Al Rodeo), près de rÉquateur, M. Boussingault a mesuré pendant trois mois, et séparément, la pluie qui est tombée le jour et celle qui ^'St tombée la nuit ; il a obtenu les résultats suivants :
Année 1817. Le jour. Lt nuit. Ploie totale.
mUl. miU. mill.
Octobre 34 151 185
Novembre 18 208 226
Décembre 2 159 161
On voit que sous T Equateur il pleut aussi en plus grande quantité la nuit que le jour.
Les observations météorologiques faites à Versailles par MM. Haeghens et Bérigny donnent la même solution que celles d' Alais et de Marmato à la question traitée dans ce chapitre ; en voici le résumé :
Qnantité de plnie tombée Nombfe de Jonrt
Années. ^ ^ ^" de pluie
de jour. d« nuit. total*. et de neige.
mill. mfU. mill.
Moyennes. 270.01 303.58 559.57 126
J'écrivais en 1827 dans les Annales de chimie et de physique : « C'est une opinion fort accréditée qu'il pleut à Versailles beaucoup plus qu'à Paris, quoique ces deux villes soient si voisines. Avant de rechercher si les causes
auxquelles on a généralement attribué la différence doivent être admises, je pense qu'il faut d'abord savoir si elle existe. » Je ne pus à cette époque donner que les deux chiffres suivants dont je fus redevable à M. Demonferrand :
miU.
Je concluais en 1827 que Ton s'était trompé. En comparant les chiffres ci-dessus à ceux des pages ft08, 419, 445 et 447, on reconnaîtra qu'effectivement on était dans l'erreur. Il faut remarquer, toutefois, que l'udomètre de la cour de l'Observatoire de Paris n'est qu'à 65" audessus du niveau de la mer, et que celui de Versailles est à 140° environ.
Les résultats précédents sont en opposition avec l'opinion vulgaire ; mais la contradiction s'explique si Ton fait attention que le public ne tenant aucun compte des quantités de pluie suppute seulement le nombre de fois qu'il pleut. Or il résulte des chiffres d'Alais qu'il pleut en effet plus souvent le jour que la nuit, quoique la quantité de pluie de la nuit soit plus grande que celle du jour.