‹ Œuvres complètes de François Arago (volume 3)Chapitre 11 sur 161 · MESURE DES HAUTEURS PAR LE BAROMÈTRE · texte numérisé non relu

MESURE DES HAUTEURS PAR LE BAROMÈTRE

ment de la chaleur à mesure que Ton s'élève, sur la quantité de vapeur aqueuse répandue dans Tatmosphère aux diflérents degrés du thermomètre et de l'hygromètre, ainsi que sur la période diurne barométrique. L'auteur attribue à cette dernière circonstance une partie des discordances qu'offrent les observations faites aux divei'ses heures, et pense que la marche périodique du baromètre devrait être, sur une grande hauteur, en sens inverse de celle que présenterait un baromètre placé dans une plaine inférieure et adjacente.

Mais nous devons remarquer à cet égard que c'est à Quito, dont l'élévation au-dessus de la mer est considérable, que Godin reconnut le premier la période dont il s'agit, et que les heures maximum et minimum qu'il détermina sont les mêmes que celles qui résultent des nom- . breuses observations que M. de Humboldt a faites au niveau de l'Océan à Cumana, sur le sommet du Pichincha et à Mexico. Ces réflexions, qui sans doute n'auront pas échappé à l'auteur du Mémoire, le portent naturellement à examiner si les périodes diurnes, en sens inverse, qu'il dit avoir trouvées sur quelques montagnes, n'ont pas tenu à des circonstances locales. Nous pensons, en outre, que la Classe doit engager M. Daubuisson à profiter des voyages qu'il fait dans les Alpes, comme ingénieur des mines, pour continuer ses intéressantes recherches et soumettre à l'épreuve de nouvelles expériences ceux de ses résultats sur lesquels il pourrait rester encore quelques doutes à cause des circonstances un peu défavorables dans lesquelles les observations ont été faites.

Le Mémoire de M. Daubuisson, très-important par son

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objet, par le grand nombre de remarques judicieuses qu'il renferme, et surtout à cause du nouveau tenue de comparaison que Fauteur y présente entre les mesures Irigonométriques et barométriques d'une même montagne, nous parait mériter d'être inséré dans les volumes des Savants étrangers^

RAPPORT

SUR LS BAftOMiTRE DB BUNTEN *

Au point où la météorologie et la physique, du glçbe sont actuellement parvenues, ces deux branches si intéressantes des connaissances humaines ne peuvent espérer de progrès réels que de la discussion d'observations simultanées faites dans un grand nombre de lieux à la fois y d'après un plan uniforme et avec des instruments parfaitement comparables. Les constructeurs qui , sans rien sacrifier de l'exactitude dont on se pique aujourd'hui avec tant de raison, simplifient les instruments météorologiques, les rendent moins fragiles, moins chers et d'un emploi plus commode, méritent donc bien de la science.

M. Bunten se plaça, il y a quelques années, dans cctl catégorie d'artistes utiles, lorsqu'il présenta à l'Académie un baromètre à siphon, très-léger, très-portatif cl

i. Rapport lu à rAcadémie des sciences le 21 octobre 1839 au nom d^uoe Commission composée de MM. Cordier, Savary, et Arago rapporteur.

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dont les voyageurs de toutes les nations ont fait depuis un grand usage. Au nombre des avantages des baromètres à siphon sur les baromètres à cuvette, on avait placé Tabsence de capillarité. D'après les idées généralement reçues, la dépression du mercure devant être la même dans les deux branches de l'instrument , la distance verticale des sommets des deux colonnes ne semblait pouvoir exiger aucune correction. L'expérience a prouvé qu'il n'en est pas ainsi, et tout compte fait, mieux vaut une forte correction dont on sache calculer exactement la valeur, qu'une compensation seulement approximative et variable. D'ailleurs, la disposition nécessaire des verniers, dans les baromètres à siphon, a souvent donné lieu, chez les personnes peu familiarisées avec les instruments divisés, à de graves erreurs qui ne sont pas possibles quand on se sert d'un baromètre à cuvette.

11 était donc désirable, dans l'intérêt de beaucoup de voyageurs, que les baromètres à cuvette pussent être rendus aussi légers, aussi portatifs que les baromètres à siphon; qu'on eût le moyen d'en nettoyer facilement le mercure; que leur prix fût notablement abaissé. Telles sont les diverses conditions auxquelles M. Bunten s'est proposé de satisfaire.

Le nouveau baromètre de cet artiste étant sous les yeux de l'Académie, nous pourrons nous contenter de dire que le fourreau en cuivre gradué qui enveloppe ordinairement le tube est supprimé; que les divisions sont tracées sur le verre même, comme dans les anciens baromètres-à siphon de M. Gay-Lussac; qu'une pièce mobile portant le voyant et le vernier permet de viser et de lire

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