‹ Œuvres complètes de François Arago (volume 3)Chapitre 121 sur 161 · DB LA COMPOSITION DE L'EÂU · texte numérisé non relu

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ces paroles. M. Arago les a citées avec raison , et il aurait manqué à son devoir en les laissant de côté. Quant aux incertitudes, ou môme, si Ton veut, aux tergiversations que Ton trouve dans les travaux de Pricstley postérieurs de sept années au Mémoire de 1783, « je n'avais pas à m'en occuper, remarque M, Arago. En vérité, quand j'écrivais l'histoire d'une découverte dont la date la plus récente est l'année J78/i, pouvais-je aller chercher les titres des compétiteurs dans des Mémoires de 1786, de 1788, etc.? M. Harcourt, je suis peiné d'être forcé de l'en avertir, a raisonné dans cette circonstance comme fit jadis un de ses compatriotes qui, voulant me prouver que Papin n'avait pas eu l'idée de la machine à vapeur atmosphérique, au lieu de discuter les passages clairs, catégoriques, dont je m'étayais, citait toujours une machine diiïérente à laquelle l'illustre et malheureux physicien de Blois avait aussi songé beaucoup plus tard ! »

En traduisant un passage du Mémoire de Watt, M. Arago avait remplacé les mots air déphlogiMiqué et phlogisttque par les termes oxygène et hydrogène de la nomenclature moderne. Aux yeux de M. Harcourt, c'est une faute impardonnable. M. Arago répond par un seul mot : le changement en question a été également fait dans les citations du Mémoire de Cavendish, car l'illustre chimiste se servait, lui aussi, de l'ancien langage. Il n'y a donc nul moyen de supposer que le changement tant critiqué était suggéré à M. Arago par la pensée mesquine de favoriser Watt aux dépens de Cavendish. En tout cas, le passage suivant, tiré d'une Note de M. Arago

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que M. Vernon-Harcourt a dû lire, réduit la question à ses véritables termes :

« En 1784, on savait préparer deux gaz permanents et très-dissemblables. Ces deux gaz , les uns les appelaient air pur et air inflammable ; d'autres, air déphlogistiqué et phlogistique ; d*autres enfin oxygène et hydrogène. Par la combinaison de l'air déphlogistîqué et du phlogistique, on engendra de Teau ayant un poids égal à celui des deux gaz. L*eau, dès lors, ne fut plus un corps simple : elle se composa d'air déphlogistiqué et de phlogistique. Le chimiste qui tira cette conséquence pouvait avoir de fausses idées sur la nature intime du phlogistique, sans que cela jetât aucune incertitude sur le mérite de sa première découverte. Aujourd'hui môme a-t-on mathématiquement démontré que l'hydrogène (ou le phlogistique) est un corps élémentaire ; qu'il n'est pas, comme Watt et Cavendish le crurent un moment, la combinaison d'un radical et d'un peu d'eau?»

M. Arago n'a susbtitué le mot hydrogène au mot phlogistûjue que pour se rendre plus intelligible à ceux qui connaissent seulement la nomenclature chimique moderne. Afin de montrer, au surplus, qu'en écrivant l'éloge de Watt, il avait parfaitement le droit d'opérer cette substitution, M. Arago a mis sous les yeux de l'Académie une lettre autographe de Priestley à Lavoisier, en date du 10 juillet 1782; une lettre antérieure aux Mémoires en discussion, et dans laquelle le célèbre chimiste de Birmingham s'exprime ainsi : « I gave ly Franklin an account of some expcriments which I hâve made with inflammable air, which he probably had shown you.

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pendant plusieurs jours, le niveau de la mer s'élève d'une manière notable; au contraire, il baisse quand le vent souffle du nord. Sur la côte de Lucques, le niveau de la mer s'élève beaucoup quand le vent souffle de l'ouest, alors ses eaux se répandent dans le lac par le canal. Ce pays, il y a quelques années, était tellement insalubre qu'on ne pouvait pas y demeurer quelques heures sans y tomber malade, sans y gagner des maladies presque incurables. Aussi les environs étaient complètement dépeuplés.

Qu'a-t-on fait pour remédier à ce mal? On proposa d'intercepter la communication entre la mer et le canal de la Burlamacca, de manière que la mer ne pût venir , dans le lac. Cette idée n'eut pas d'abord grand crédit ; cependant, en présence de l'impérieuse nécessité d'assainir le pays, on construisit une écluse dont les ventelles jouaient comme une soupape, de manière que, lorsque l'eau du lac était au-dessus du niveau de la mer, l'écoulement se faisait par la venteîle. Au contraire, lorsque le niveau de la mer était plus haut, la soupape se fermait, et empêchait l'eau salée de se mêler à celle du lac. Depuis ce moment, le pays s'est complètement assaini. La ville de Viareggio, qui n'était peuplée que de quelques pêcheurs, a maintenant 5,000 âmes de population. C'est là que les habitants de Lucques ont bâti depuis un grand nombre de maisons de campagne.

On pourrait imaginer que cet assainissement par récluse est un phénomène accidentel qui a pu dépendre d'une autre cause. Voici des circonstances qui ne permettent pas de douter que l'écluse n'ait été la cause de

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cet assainissement : en 1765, on ne répara pas la porlc de l'écluse, Teau de la mer pénétra de nouveau dans le lac et le pays se dépeupla. Plus tard, en 1784, on négligea une seconde fois d'entretenir les portclles, et le pays rprouva une mortalité énorme. Cette expérience suffit amplement pour prouver que c'est le mélange de l'eau douce et de l'eau de mer qui produit le mal. Je pourrais citer d'autres faits empruntés au même pays et qui ne seraient pas moins concluants. Eh bien, c'est l'inverse de tout ceci qu'on a fait dans le Midi de la France : on jette l'eau douce dans les lagunes d'eau salée, et on p(*sîifère le pays. La sollicitude du fisc pour la rentrée des impôts ne doit pas l'autoriser à tuer les contribuables, à les tuer surtout à la mamelle.

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