LETTRB SUR L'OBSERVATOIRE DE TOULOUSE
cherches dont je serais heureux de vous adresser le programme, avec les Observatoires des capitales. M. Petit est d'ailleurs bien capable, sous tous les rapports, de donner un vif relief à votre nouvel et utile établissement.
J'ai examiné avec une attention scrupuleuse le plan de Tarchitecte de la ville. Ce plan, sous le rapport scientifique, pourrait ôtre amélioré, ce me semble, en éloignant un peu plus les salles d'observation des bâtiments que les astronomes habiteront. A moins d'obstacles insurmontables il serait, je crois, impardonnable de s'établir sur le penchant d'une colline. Un point culminant vaudrait beaucoup mieux, dût-on aller le chercher plus loin de Toulouse. Ce plus grand éloignement, loin d'être un inconvénient, serait à mes yeux un avantage : l'Observatoire n'aurait pas alors à redouter ^es visites quotidiennes de ces nuées de désœuvrés qui abondent dans toutes les villes populeuses et deviennent la terreur de quiconque sait faire un bon emploi de son temps.
Je suis certain, monsieur le maire, de ne rien dire de trop en vous assurant que le Bureau des Longitudes s'attachera à rivaliser avec le conseil municipal de Toulouse dans tout ce qui pourra contribuer à améliorer l'Observatoire. Quant à moi, mon dévouement absolu vous est depuis longtemps acquis. Je n'ai jamais pu oublier que j'étais embrigadé à l'École polytechnique parmi les élèves toulousains. Permettez-moi d'ajouter que la confiance dont le conseil municipal, par votre organe, a bien voulu m'iionorer, m'attache désormais à lui par un lien indissoluble, celui de la reconnaissance.
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AD PRESIDENT DE LA RÉPIBLIQCE DE BOLIVIA, RELATIVE A LA MESURE d'un arc DU MÉRIDIEN DE SANTA-CRUI
Monsieur le Président,
Sous le gouvernement ferme, éclairé, libéral de Votre Excellence, la république de Bolivia s'est élevée à un grand degré de prospérité matérielle. Un pareil résultat aurait probablement satisfait un esprit vulgaire; Votre Excellence, au contraire, a senti qu'elle devait aussi travailler aux progrès intellectuels de ses compatriotes. Déjà sous ses auspices, de jeunes Boliviens fréquentent nos écoles et s'y font distinguer par une persévérance, un zèle et une intelligence dont l'ancienne patrie des Incas recueillera certainement d'heureux fruits. J'ai donc pu penser ([ue j'entrerais dans les vues de Votre Excellence en appelant son attention sur une magnifique opération scientifique qui aujourd'hui ne saurait guère être exécutée avec fruit que dans le territoire de Bolivia, qui fixerait sur cette région de la Cordillère l'attention du monde tout entier, qui assurerait enfin au nom de Santa-Cruz une gloire immortelle. L'opération dont je veux parler serait la mesure d'un arc du méridien terrestre devant servir à la détermination de la figure de la Terre.
J.es rives du lac de Titicaca et la vallée du Desaguadero se prêteraient admirablement à cette opération.
Les instruments nécessaires pour l'exécuter ne seraient ni nombreux ni bien coûteux. Bolivia trouverait d'ailleurs,