OBSERVATIONS
SUR DIVERS PROCÉDÉS SUIVIS. POIR FIGDRER LB RELIEF DU TERRAIN SUR LES CARTES TOPOGRAPUIQUES '
Quelques membres de la Commission admettent qu'à toutes les échelles, il suffirait, pour représenter convenablement le terrain, de le supposer coupé par une série de plans horizontaux équidistants, et de projeter les sections sur le plan de la carte. Cette opinion a été combattue dans divers Mémoires auxquels je me suis engagé à répondre : je vais donc parcourir toutes les objections qu'on nous oppose, mais sans m'astreindre, toutefois, à l'ordre dans lequel on les a présentées.
L'auteur d'un des Mémoires distingue deux genres de topographie : la première, qu'il appelle régulière, ne met en œuvre que des matériaux géométriquement exacts, t La topographie est irrégulière, dit-il, quand il y a irrégularité et par conséquent doute sur la position
1. Observations écrites présentées par M. Arago, le 2[i mars 1827, à la Commission chargée par le Minisire de la guerre d'établir de Tuniformité dans le mode de figurer le relief du terrain, et transcrites en entier dans les procès-verbaux de la Commission conservés au ministère de la guerre (Archives administratives, bureau des lois et des archives). La Commission était composée de MAI. le général Dode, président; général Despretz, général Ootty, général Delachûsse de Vérigny. général de Durfort; Arago, examinateur du génie; Val lot, ingénieur des ponts et chaussées; Héron de Villefosse, ingénieur des mines; le général Pailhou , le chevalier de Ro^sel, Chrestien de la Croix ; général de Thulosé, secrétaire.
comme sur la forme des objets à représenter... Celleci, ajoute-t-on, avec moins d'exactitude offre plus de ressources et peut s'étendre aux opérations d'ensemble. »
Celte classification des deux topographies me semble inadmissible. 11 n'y a pas , en effet, de résultat obtenu par les hommes à Taide d'instruments qui ne soit une simple approximation. Le levé le plus parfait est affecte d'un grand nombre d'erreurs; comment trouver, diV lors, la limite qui séparera la topographie régulière de rirrégulière? Le doute qui, d'y près la définition citée, indique où commence cette dernière, devra-t-il porter sur des centimètres, sur des dizaines ou sur des centaines de mètres? Au reste, cette question serait résolue, la distinction proposée aurait été généralement admise, qu'on n'en pourrait pas conclure que les deux genres de topographie doivent employer des moyens graphiques différents.
Les plan, coupe et élévation, à l'aide desquels les architectes, les mécaniciens déposent sur le papier leurs premières idt'es sur la forme d'un édifice ou d'une machine, ne diffèrent pas, quant au mode de dessins, des plans soignés et cotés qui, plus tard, dirigeront le constructeur. Le peintre exécute un portrait de souvenir, connue celui dont le modèle est devant lui; ajouter rol>scurité de Texpression à celle de la pensée, c'est, ainsi que l'a si bien dit le général Fleury, ne montrer un brouillard qu'au travers d'un autre brouillard.
Si je ne craignais d'abuser des moments de la Commission, je demanderais dans quel sens on a avancé que la topographie irrégulière est celle qui offre le plus de
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ressources; mais j'abandonne ces petits détails pour passer à des objets plus dignes d'attiMition.
Dans le système que je défends, le dessinateur met en œuvre les résultats immédiats des opérations exécutées sur le terrain ; ce sont, en effet, suivant nous, les sections horizontales que lèvent les ingénieurs ; on l'avait contesté, mais il ne peut maintenant rester aucun doute à cet égard ; l'un détermine les cotes de hauteur d'un certain nombre de points du mamelon qu'il parcourt par des angles de dépression ; l'autre détermine le relief du monticule autour duquel il tourne par des angles de hauteur; un troisième forme dans le terrain des coupes diversement orientées et passant sur des points plus ou moins exactement nivelés. Les espaces compris entre les repères géométriques sont remplis ici par des courbes horizontales tracées à vue; là, à l'aide de hachures dont l'orientation, la longueur et l'intensité indiquent la direction, l'étendue et l'inclinaison de la pente du terrain ; ailleurs, par les lignes de plus grande pente estimées à vue. J'aurais peut-être quelque droit de m'étonner qu'en expliquant ces diverses méthodes, on n'ait pas prononcé une seule fois ni le nom de baromètre, ni celui de plusieurs autres instruments géodésiques très-commodes, et qu'aucune méthode uniforme n'ait été jusqu'ici prescrite aux officiers qu'emploie le Dépôt de la guerre ; mais il suffit à mon but que l'uniformité existe dans la rédaction des travaux exécutés sur le terrain :ici, plus de divergence, tous les ingénieurs, M. Lapie excepté, discutent les matériaux rassemblés dans les campagnes d'été, pour en déduire les sections horizontales équidistantes. Ce n'est
qu'après ce premier travail que i*on procède au tracé des lignes de pente ; celles-ci sont une déduction, une simple contféquence des courbes horizontales. Si, contre mon altente, cet important résultat de Texamen auquel la Commission a soumis divers officiers était contesté, je citerais la feuille inachevée des environs de Lunéville; tout le monde se rappellerait alors que les courbes horizontales non-seulement existaient, mais qu'elles existaient seules dans toutes les parties que le dessinateur n'avait pas encore couvertes de hachures. Je produirais enfin, au besoin, dix passages du traité qui sert de guide aux élèves ingénieurs géographes, et dans lesquels les sections horizontales cquidistantes sont indiquées comme les directrices des hachures, comme le moyen de déterminer leur direction et leur longueur, comme le seul procédé à l'aide duquel on pourra éviter les contre-sens (je copie textuellement) qu'il n'est pas rare de commcilre en suivant les autres méthodes.
Après avoir établi qu'aujourd'hui même, dans le sein du Dépôt, le tracé des sections horizontales précède constamment celui des hachures, nous combattrons aisément les difficultés qu'on nous oppose :
« Un levé, disent MM. les chefs d'escadron, ne pourrait pas être exécuté rapidement en employant exclusivement les courbes horizontales... » Je réponds qu'on ne réclame aucune modification aux méthodes que les ingénieurs emploient à présent sur le terrain, qu'il n'y a pas de raison pour en changer; qu'ils peuvent exécuter leurs levés comme par le passé et dans le même nombre de secondes, ni plus ni moins. Tout ce que nous désirerions,