SUR LES CARTES TOPOGRAPHIQOES
c^est qu'après avoir tracé sur les feuilles, précisément comme ils le font aujourd'hui, les courbes horizontales, ils se dispensassent d'intercaler entre elles les lignes de plus grande pente. En campagne, on aurait exactement le môme travail ; dans le cabinet, il serait plus court de moitié.
« Un officier général, dit-on, séduit par l'apparence de figures géométriques, prétendrait d'après elles juger de la nature des pentes du terrain pour l'attaque d'une position, etc. » Je .croyais que c'était là le but ou du moins une des propriétés de la carte ; en tout cas, si c'est un inconvénient, qu'on renonce à l'emploi des hachures, car elles ne forment pas des figures moins géométriques que les sections horizontales; ces deux espèces de lignes sont dans une dépendance immédiate; on passe, en effet, des hachures aux courbes tout aussi aisément que des courbes aux hachures.
J'abandonne à regret cet article sans avoir répondu à deux paragraphes dont il m'est impossible d'apprécier l'importance, puisque je ne suis pas parvenu à en deviner le sens. L'un fait partie de la Note de MM. les chefs d'escadron ; il est ainsi conçu :
«Le système qu'on admet maintenant pour l'exécution de la carte de France doit être préféré, comme permettant d'obtenir des résultats calculés, ce qu'il serait impossible de prétendre en employant toute autre méthode. »
Dans le second, l'auteur présente «l'emploi (le concours) des lignes de plus grande pente comme un moyen de régler d'une manière plus exacte l'espacement des courbes horizontales...» S'il est question des tra-
vaux exécutés sur le terrain, Tobjection ne nous regarde pas, puisque nous n'avons entendu ni proscrire ni recommander aucun moyen particulier d'observation; si le passage est relatif au tracé de la carte, nous n'en saisissons pas la signification. Je n'ai pas compris davantage comment les lignes de plus grande pente pourront ôter aux sections horizontales le caractère que leur prêtent les figures géométriques. Si cela était vrai, ces lignes n'auraient bientôt plus de défenseurs; il faudrait les proscrire sans retour.
Voici une objection plus spécieuse : Sur les plans topographiques dessinés à l'aide des sections horizontales équidistantes, les accidents du terrain compris entre deux de ces sections ne sont pas représentés; les hachures, au contraire, donnent les moyens de figurer dans le même intervalfe des berges, des ressauts, qu'il peut être important de connaître; ce moyen consisterait dans un grossissement brusque des hachures.
Une feuille de la Carte de France, celle des environs de Lunéville, a été mise sous les yeux de la Commission; cette carte représente une grande étendue de pays ; je l'ai examinée avec scrupule et surtout sans prévention; or, j'ose aflirmer qu'on n'y remarque nulle part le grossissement des hachures dont il est ici question. La difficulté qu'on nous oppose est donc de pure théorie. Remarquons toutefois que des courbes horizontales interrompues ou ponctuées, intercalées entre quelques-unes des sections équidistantes , fourniraient un moyen également bon de signaler tout accident, tout changement brusque de pente, dont il pourrait paraître convenable de conser-