‹ Œuvres complètes de François Arago (volume 3)Chapitre 92 sur 161 · Voir Astronomie populaire^ t 111, p · texte numérisé non relu

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ci si Ton ramène les nombres à ce qu'ils seraient au niveau de la mer. La différence est dans le même sens, seulement moins forte que par les observations de M. de Ilumboldt. Depuis encore, à Christiansborg (côte de Guinée, par 5* 24' de latitude nord) MM. Trentepohl et Chenon, avec d^excellents baromètres bien comparés et par une moyenne de 22 mois d'observations, trouvent (1829 et 1830) pour hauteur moyenne 336"«.95 (760"»w.07), comme M. Boussingault.

Enfin, dans son voyage au Cap, sir John Herscbel, pendant une courte traversée et par une mer extraordinairement calme, a trouvé la hauteur barométrique équatoriale moindre de 0.2 de pouce anglais (5 millimètres) que la hauteur à 20 degrés de latitude australe et boréale; moindre de 0.3 de pouce (7 millimètres et demi) que la hauteur à 35 degrés. Ce résultat se trouve entièrement confirmé par des observations de M. Ryan dans une traversée de Calcutta au Cap et par M. Mac Hardy dans son dernier voyage en Angleterre. M. Ryan trouve même des différences un peu plus fortes.

A l'occasion de ces observations faites en mer, M. de Humboldt s'est rappelé qu'en 1803, se trouvant au Callao, il y rencontra une frégate espagnole, la Santa Bafina^ venue de Cadix en quatre mois (du 19 février au 21 juin) et commandée par le capitaine Quevedo. Il y avait à bord un excellent baromètre anglais de Gabory, et le journal des observations, dont un extrait est joint à cette lettre, montre clairement la diminution de hauteur dans le grand sillon de Tocéan Atlantique. A la prière de

dans la recherche de la pression au niveau de la mer, on a négligé à tort jusqu'ici d'appliquer aux hauteurs observées du baronoètre la correction qui dépend de la variation de la pesanteur à différentes latitudes. M. Poggendorf calcule une petite table de cette correction d'apn:s la formule :

6= 6^5 (1 — 0.0025935 cos2 9),

où b représente la hauteur du baromètre à la latitude 9 et 645 la hauteur correspondant à 45*. Cette formule fait voir que la correction est soustractive de ûS" à Féquateur, additive de 45* au pôle. Loin de faire disparaître la dépression équatoriale indiquée par les observations non corrigées, la correction l'augmente donc; mais elle atténue , sans toutefois l'expliquer entièrement , les déprespolaires : la correction maximum en allant du pôle à l'équaleur serait l"""-. 83.

Dans une atmosphère en repos la pression au niveau de la mer serait partout égale. Les différences que la correction ne détruit pas ne peuvent donc être attribuées qu'à l'état de mouvement.

M. Poggendorf donne en terminant sa Note le tableau des hauteurs barométriques réunies par M. Schouw, réduites à zéro et au niveau de la mer, avec et sans la correction de pesanteur. Cette table la voici réduite en millimclrcs :

Htntenr dn baromètre m niTeaa do II mer, à 0* Homf au lienx. Latitodei. '■■! ^ tmi

non corriiïée corrigée

de la pesauteor. de la pesauteor.

mlll. nill.

Le Cap 33* 55' S. 763.01 762 20

Rio-de-Janeiro 22 5â leUM 762.65

Christfansborç 5 30 N. 760.10 758.16

La Guayra 10 37 760.16 758.33

Saint-Thomas 18 20 760.51 758.95

Macao 22 11 762.99 761.61

TéDériffe 28 30 764.21 763.10

Madère 32 38 765.18 ISluZii

Tripoli 32 53 767.41 766.60

Palerme 38 7 762.94 762.47

Naples 40 51 762.34 762.06

Florence 43 47 761.93 761.82

Avignon 43 57 762.02 761.95

Bologne 44 30 762 17 762.13

Padoue 45 24 762.17 .762.17

Paris 48 50 761.41 761.68

Londres 51 31 760.96 761.41

Altona 53 33 760.42 761.00

Danzig 54 21 760.10 760.76

Kœnigsbei-g 64 43 760.49 761.14

Apenrade 55 3 759.58 760.71

Edinburgli 55 57 758.25 759.00

Christiania 59 54 758.64 759.63

Ilardanger . 60 0 756.94 757.94

Bergen 60 24 757.01 758.00

Reikiavig 64 8 752.00 753.20

Godthaab 64 0 751.93 753.13

lîyafjord 65 40 753.58 754.89

Godhavn 69 14 753.53 755.16

Upenavig 73 0 755.18 756.11

Ile Melville 74 47 757.08 758.74

Spitzberg 75 30 756.36 75848

L*étude de la variation de la pression atmosphérique moyenne au niveau de la mer a fait des progrès depuis la communication que je viens de reproduire. Après les beaux Mémoires de Schouw et de mon illustre ami M. de

Humboldt, cette question a reçu de nouvelles lumières à la suite des voyages scientifiques de M. Erinan.

Ce savant physicien a adressé, en août IS&S, à TAcadémie des sciences une Note qui contient le résumé des recherches qu'il a faites sur la pression moyenne à la surface des mers pendant son voyage autour du monde. J'en extrais le passage suivant :

(( Examinons d'abord l'influence de la latitude. A partir du GO*' degré de latitude sud, par exemple, et en suivant le même méridien, les moyennes pressions vont en augmentant sensiblement jusqu'à la limite des vents alizés, c'est-à-dire jusqu'au 25' degré de latitude sud environ. Depuis ce parallèle elles décroissent régulièrement jusqu'à réquateur, où elles atteignent un minimum relatif, puis elles croissent de nouveau jusqu'à la limite boréale des . vents alizés, et, dans notre hémisphère, les choses se reproduisent d'une manière symétrique comme dans l'hémisphère opposé. La différence de pression aux limites des vents alizés, d'une part, et à l'équateur, de l'autre, est de 4"""^ .06, d'après nos huit passages à travers l'une et l'autre zone des vents alizés. Ce résultat a été confirmé depuis par les observations que sir John Herschel a faites durant son voyage au cap de Bonne-Espérance. A partir du maximum de pression qu'on trouve vers le 25* degré de latitude et en se dirigent vers le*pôle, la diminution de la pression est beaucoup plus rapide que dans la zone des vents alizés. Elle est telle que la différence entre les pressions moyennes aux côtes du Kamtschatka et au cap Horn sont respectivement de IS'^'^-.Se et de 12"»^". 18 inférieures à la pression maximum du grand Océan. Des

séries d'observations faites sur les côtes d'Islande confirment pleinement ce résultat.

« La pression moyenne de l'atmosphère est en second lieu dépendante de la longitude. A latitude égale, elle est de 3"**". 5 plus forte sur l'océan Atlantique que dans la mer Pacifique. Ce résultat a été obtenu par la comparaison des observations faites sous vingt-quatre parallèles différents, en tenant compte de l'influence des saisons, et sur ces vingt-quatre comparaisons, aucune n'a affecté un résultat individuel d'un signe contraire à celui de leur moyenne.

« L'inégalité de pression sur divers points du globe et dans une même couche de niveau étant démontrée , il restait à savoir si la même inégalité subsisterait pour les gaz permanents de l'atmosphère, et d'autant plus que, lors de la première annonce de ces résultats, quelques météorologistes ont, en effet, pensé que les différences observées dépendaient uniquement de l'inégale tension de la vapeur aqueuse. Mais je me suis assuré positivement que les mêmes relations subsistent pour l'air sec comme pour la totalité de l'atmosphère. Seulement, la pression maximum dans chaque hémisphère est un peu reculée vers les pôles, et la différence entre ce maximum et le le minimum équatorial est bien plus forte, puisqu'elle s'élève à ll'^-.Oe. Par contre, la diminution de pression vers les pôles est bien moins rapide pour l'air sec que pour l'atmosphère totale. Quant à la longitude, il suffit d'ajouter que la différence que nous avons trouvée entre les deux Océans tient à la fois à la pression de l'air sec et à la tension de la vapeur d'eau. »

La vaste étendue d'eau qui recouvre près des trois quarts de notre planète donne incessamment naissance à une énorme quantité de vapeurs qui, partant de la surface de la Terre, s'élèvent vers les régions supérieures de l'atmosphère dont notre globe est entouré. Parvenus à des hauteurs variables avec les lieux, avec la température, avec les courants d'air, ces vapeurs se condensent, forment les nuages, puis se résolvent en gouttes de pluie qui, obéissant aux lois de la pesanteur, retombent sur la Terre. Quand la température s'abaisse à celle de la congélation de l'eau ou au-dessous, il tombe des flocons de neige. Ce phénomène est un des plus beaux et des plus féconds en résultats, de ceux qu'il est donné à l'homme d'étudier dans ses phases diverses et d'approfondir dans ses causes et dans ses effets. J'y ai consacré une partie du temps qu'il m'a été permis de donner à la météorologie. J'ai dû aussi l'examiner au point de vue des intérêts de l'agriculture et de l'aménagement des rivières. Je vais réunir ici les diverses opinions que j'ai pu émettre soit dans les Annales de chimie et de physique et dans VAnntiaire du Bureau des longitudes^ soit dans des communications faites h l'Académie des sciences, soit enfin dans des discours prononcés au sein de la Chambre des députés. Je n'ai

d'autre prétention que d'avoir posé les termes de plusieurs questions dignes, selon moi, des préoccupations des hommes de science et des hommes d'État, et relatives aux diverses circonstances qui influent sur la vie des végétaux et des animaux qui peuplent notre globe.

SUR LA COMPOSITIOIf DES MATIÈRES CONTENUES DANS

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