AVEC LES LIEUX
J'ai reconnu vers l'année 1824 que l'oscillation diurne descendante du baromètre entre 9 heures du matin et 3 heures du soir est complètement nulle au Saint- Bernard. J'ai trouvé aussi que la valeur de cette oscillation n'est pas uniquement réglée pour la latitude dans des stations voisines de la mer, comme La Ghapelie près de Dieppe et Marseille.
Voici les résultats obtenus à l'Observatoire de Dorpat sur la période diurne barométrique. Ils m'ont été transmis en 1841 par M. Msedier. Je les présente ici réduits en millimètres et ramenés à la température de 0* :
0 henres 3 henres
du matin. du soir.
mill. nin.
• Novembre 18^0 75A.668 75^646
Décembre 761 .658 761 .591
Janvier 1861 752.987 753.Û54
Février 760.992 760.669
Mars 755.2A0 755.060
Avril 756.153 765.936
Dans le compte rendu de la séance de TAcadémie des sciences du 20 septembre 1841, j'ai inséré la Note suivante relative à la variation diurne :
I M. Arago a trouvé, dans les observations de M. le capitaine Lamarche, la confirmation d'une remarque qu'il avait faite depuis longtemps sur la propriété qu'a la mer, dans nos climats, d'affaiblir, par son voisinage, l'amplitude de la période diurne barométrique descendante qui se manifeste de 9 heures du matin à 3 heures du soir. Rien de plus propre à rendre cette influence évidente que la comparaison des observations de Toulouse à celles de Marseille. A Toulouse, par 43* 36' de latitude, on trouve, entre le matin et l'après-midi, l^'^.S de descente de la colonne mercurielle ; à Marseille, par 43* 17', ce mouvement: ne dépasse pas O*"*".?. D'après Tensemble des observations de Paris, on a, pour la valeur de cette même période, ©""^.S. Les trois années d'observations de M. Lamarche n'ont donné à M. Arago que 0°""\4. Déjà les observations de M. Nell de Bréauté faites à La Chapelle près de Dieppe (par 49* 55' de latitude) conduisaient à 0"^" .36 seulement. Mais ici on pouvait craindre que le phénomène ne fût modifié par quelque influence dépendante de la hauteur de la station au-dessus de la mer. »
Voici maintenant d'autres remarques tout à fait décisives :
tt Si l'on compare entre elles, m'écrivait M. Charles Martins en mars 1844» la variation diurne du baromètre et l'oscillatioQ mensuelle moyenne, on trouve un antagonisme complet entre les lois qui les régissent. Ainsi,
380 SUR LA PRESSION ATMOSPHeRIQUB.
l"* Tamplitude de la variation diurne va en diminuai de réquateur vers le pôle ; elle est de 1"^.16 à Tou louse et seulement de 0°^-.80 à Strasbourg. L'amplitud de Toscillation mensuelle moyenne va au contraire e augmentant de Téquateur au pôle ; ainsi, à Alais elle ei de 17"^K95, à Strasbourg, de 22-^-.81. 2- Tampli tude de la variation diurne diminue à mesure quon s*a{ proche de TOcéan, ainsi que vous Tavez fait voir I premier. » M. Martins faisait allusion dans ce passag à la Note que je viens de reproduire. Le savant météc rologiste ajoutait encore : « L'amplitude de roscillatio mensuelle moyenne est au contraire plus grande sur le côtes que dans Tintérieur des terres. Cet antagonism entre la variation diurne et Toscillation mensuelle s maintient , si Ton compare en France les oscillations d baromètre avec les oscillations correspondantes du tber momètre. Ainsi, la variation diurne de la pression se li à la variation diurne de la température, et Taraplitud de Tune et de Tautre diminue à mesure qu'on se rap proche des côtes ; mais il n'existe aucun rapport entr les oscillations mensuelles du baromètre et les oscillations correspondantes du thermomètre. »
YARIATIONS DU BAROMÈTRE A LA HAYAIIS
Dans la Connaissance des temps pour 1817 j'ai insér la Note suivante relative aux observations barométrique faites, à la Havane, pendant les années 1810, 1811 e 1812, par don José Joaquin de Ferrer :
SUR LA PRESSION ATMOSPHÉRIQUE. 3dl
Hauteur moyennt Moif. da
baromètre.
miU.
Janvier 768.09
Févrirr 763.01
Mars 76/^.28
Avril 763.01
Mai 761.99
Juin 764.53
Juillet 76Û.53
Août... 761.23
Septembre 760.98
Novembre 764.53
Décembre 766.56
Moyenne 763.71
La plus petite hauteur du baromètre, pendant ces trois années, eut lieu le 25 octobre 1810, et était égale à 744"^-. 72 ; on observa la plus grande hauteur le 20 février 1811, et elle fut de 775°^"^-.45; la différence de ces deux nombres ou 30°*'"-. 73 est la plus grande variation barométrique qu'on ait jamais observée dans celte île. Le 25 octobre 1810, à l'époque du plus grand abaissement du baromètre, le thermomètre marquait 25*. Le vent souffla du sud-sud-ouest pendant vingtquatre heures sans interruption, avec une extrême violence. Cet ouragan fit échouer beaucoup de navires dans le port même de la Havane, bouleversa entièrement la campagne, depuis Jaruco jusqu'à Bahia-Honda, et détruisit un grand nombre de caféries et de plantations de cannes à sucre.
38S SUB LA PRESSION ATMOSPH&RIQOb:
SUR LA HAUTEOR IIOTRNNE DU BAROMÈTRE RÉDUITS AU RiyRAU DE LA MER PAR DIFFÉRENTES LATITUDES
Pour comparer la valeur de la pression de ratinosphère par les différentes latitudes, il faut supposer que toutes les observations sont réduites à ce qu'elles seraient au niveau de la mer ; on fait ainsi disparaître les différences provenant des variations de l'altitude , et on a la véritable mesure de la hauteur moyenne barométrique en divers lieux *.
M. de Iluniboldt m'a adressé en juin 18â6, et j'ai communiqué à TAcadémio des sciences les résultats qu'il a obtenus pour la hauteur moyenne du baromètre. Dans son exploration de TAmérique, cette hauteur avait paru au célèbre voyageur moindre de 2 millimètres environ entre les tropiques que dans la zone tempérée, ce qu'il attribuait au courant ascendant équatorial dans l'atmosphère. [Essai sur la géographie des plantes^ 1807, p. 90.) Son baromètre était comparé à celui de l'Observatoire de Paris. Depuis, et par des observations plus exactes, avec deux baromètres comparés et marchant d'une manière parfaitement semblable, M. Boussingault trouve à la Guayra 336''«.98 (760'"^".17), c'est-à-dire. 1"»^M0 de moins qu'à Paris, si l'on adopte le nombre 755.856 que j'ai donné plus haut (p. 365), ou l""''.2/i, si Ton adopte, avec M. Bouvard, la valeur moyenne 755.99,