A PARIS
Les premières observations régulières qu'on ait faites à Paris sur la quantité de pluie qui y tombe annuellement remontent à l'année 1689. A cette époque, on plaça, par ordre de l'Académie des sciences, un récipient adapté à cet usage au niveau de la grande salle de la méridienne de l'Observatoire, dans la tour orientale qui était alors découverte, 17 mètres plus bas que le récipient actuel de la terrasse. La Hire se chargea des observations et les continua jusqu'en 1719. Maraldi qui lui succéda, se servit des
mêmes iDstruroents, et fut remplacé en 17M par M. de Foachy. A partir de 1755, on cessa de faire ces observations, ou du moins de les publier. Elles n'ont été reprises qu'en 1805. Voici le tableau des résultats moyens exprimés en millimètres, pour chaque période de dix ans à partir de 1689.
Finie moremiA annaelle.
mm.
De 1689 à 1698 527
De 1699 à 1708 USS
De 1709 à 1718 Â93
I De 1719 à 1728 358
De 1729 à 1738 389
De 1739 à 17Û8 /|24
De 1769 à 175a 51Â
De 1805 à 181/i /|83
De 1815 à 1826 696
De 1825 à 1836 699
De 1835 à 1866 513
De 1865 à 1853 537
Afin de remplir, autant que possible, la lacune qu'on remarque dans ce tableau entre 1754 et 1805, je vais rapporter la moyenne des observations faites par Messier à Thôtel de Cluny, rue des Matburins-Saint-Jacques, depuis Tannée 1773 jusqu'à l'année 1785 inclusivement:
miU.
De 1773 à 1785 566
Pour rendre ces résultats comparables, il faut, comme on l'a vu précédemment (p, 408), tenir compte des inégales hauteurs des divers récipients au-dessus du sol. En admettant, ainsi qu'il parait naturel de le faire, que les différences entre les quantités de pluie soient propor-
tionnelles aux différences de ces hauteurs y nous trouverions que pour réduire les anciennes observations, celles de 1689 à ilbli, aux observations qui se font maintenant sur la terrasse de l'Observatoire, il faudrait retrancher à la moyenne &0 millimètres.
La diminution à appliquer aux observations de Hessier aurait à peu près la même valeur.
Ces corrections sont légères et ne changeront rien à la conséquence qu'on peut déduire de la simple inspection du tableau précédent, savoir : qu'il n'existe aucune raison de supposer que le climat de Paris soit maintenant plus ou moins pluvieux qu'il ne l'était il y a 150 ans. La petite augmentation que les nombres présentent dans les derniers groupes, ne surpasse pas, en effet, les écarts qu'on remarque dans les périodes antérieures.