‹ Œuvres complètes de François Arago (volume 3)Chapitre 97 sur 161 · A PARIS · texte numérisé non relu

A PARIS

La répartition des pluies entre un nombre plus ou moins grand de jours est une question qui n'est pas moins intéressante que celle de la mesure de la quantité absolue d'eau tombée.

On doit donc se proposer aussi de déterminer si , dans un lieu donné, le nombre moyen annuel de jours pluvieux augmente ou diminue. La Hire et Fouchy ne nous ont pas laissé les observations de ce genre qu'ils avaient faites à Paris. Je ne pourrai donc remonter qu'à celles de Messier, et j'y ajouterai les résultats des observations

modernes. Les jours de pluie renferment ceux de neige qui contribuent à la mesure des quantités d'eau tombées dans les récipients.

Nombre moyen pir an d« joon d« ploit. d« Joun de aeite.

De 1773 à 1785 160 #

De 1786 à 1795 152 12

De 1796 à 1805 12& ih

De 1806 à 1815 13& 15

De 1816 à 1825 153 9

De 1826 à 1835 ià» 6

De 1836 à 18A5 164 17

Moyennes l/t7 12

De 1689 à 18&5, il est arrivé trois fois qu'un mois entier s'est écoulé sans pluie mesurable. Ces mois sont : le mois de janvier 1691, le mois de février 1725, et celui de janvier 1810.

Cette table n'indique pas plus que celle donnée dans le chapitre précédent une détérioration dans le climat de Paris.

SUR LB8 VARIATIONS QU*ÉPROUTElfT LES QUANTITÉS Dl PLUIl

TOMBÉRS EN QUELQUES UEUX

1* Observations faites à Fiviers.

Au midi de la France, suivant quelques météorologistes , la quantité de pluie va en augmentant dans certaines localités d'année en année. Les observations sur lesquelles ils appuient plus particulièrement cette opinion sont celles que Flaugergues a faites à Viviers

(latit. &&*29' ) pendant &0 ans. Je les ai groupées dans le tableau suivant, par dizaines d'années :

Finie moyenne Nombres moyeu

en mili. da joan de ploie.

Il paraît douteux que ces résultats, malgré leur régularité, soient suiTisamment nombreux pour motiver la conclusion trop générale qu'on en a déduite. Si Ton n'avait eu à Paris que les observations comprises entre les années 1719 et 1785, on aurait pu également supposer que la pluie moyenne annuelle augmentait rapidement; et cependant cela est à la fois démenti et par les observations antérieures et par celles qui suivent. Une augmentation dans la pluie annuelle à Viviers ne serait, au demeurant, guère favorable à l'opinion que les pays boisés sont ceux dans lesquels il pleut davantage; attendu, dit Flaugergucs, que, depuis le commencement des observations et principalement dans les dix dernières années, on n'a cessé de détruire les forêts, tant sur le territoire de Viviers que dans tout le département de l'Ardèche, où il ne reste plus aujourd'hui aucun bois considérable.

2* Observations faîtes à Joyeuse (Ardèche).

Les causes qui déterminent la formation et la chute de la pluie, l'influence que les vents, la position géographique, l'élévation au-dessus de la mer et d'autres circonstances locales exercent sur ce phénomène» sont ou

^nnues ou mal appréciées; il est donc convenable îcueillir les observations qui , comme celles de ardy de la Brossy, maréchal de camp d'artillerie traite, semblent faites avec exactitude, surtout lorsles embrassent un assez grand nombre d'années pour i puisse supposer que l'effet des variations accidcndisparaîtra dans la moyenne, ville de Joyeuse est par 44' 32' de latitude nord, longitude ouest, à 147 mètres de hauteur au-dessus i mer. Une montagne de 1400 à 1600 mètres (le rque) est située au nord, à la distance de 10 à 12 lètres, et se présente comme un mur taillé à pic la direction de l'est à l'ouest, ici d'abord le tableau des nombres de jours de pluie vés et des quantités d'eau recueillies pendant une de de 23 années par M. Tardy de la Brossy :

A„„/„ Nombre de jours Qnantité

^^^^' plnTieax. d'eau toii.béo.

mlll.

1805 iOl 1,006.8

181Zi 112 1,2/43.0

1817 73 9ti7.ll

424 SUR LA PLUIB. .

1822 88 M07ii

1826 83 i,76à.li

Tableau du nombre moyen des Jours pluvieux^ et de la quantUé moyenne de pluie de chaque mois sur les vingt-trois années observées.

Mois.

Janvier

Mars

Avril

Mai

Juin

Juillet

Août

Septembre.

Octobre

Novembre

Décembre

Les 12 mois 97.5 1,290.0

On voit que la quantité moyenne de pluie tombée annuellement à Joyeuse est de 1,290 millimètres, c'està-dire plus que le double de celle mesurée à Paris dans la cour de l'Observatoire (580 millimètres, p. 409). On en a recueilli, en 1828, 2197 millimètres; Tannée 1825, la moins abondante de toutes sous ce rapport, a fourni seulement 893 millimètres d'eau.

Les mois de mai, d'octobre et de novembre sont, comme on voit, ceux où l'on recueille le plus de pluie, ceux de mars , de juin et de juillet sont les plus secs.

Joan plaTieoz.

QoiBtité d*Ma tombé*.

SUR LA PLUIB. 4t5

Le nombre moyen de jours de pluie ou de neige est le 97.5 par an. Les extrêmes, en 23 années, ont été .17 et 73.

En 1807, le 9 août, M. Tardy recueillit 250 milli- Qètres d'eau en un seul jour, c'est-à-dire environ la Qoitié de ce qu'il en tombe dans une année commune à ^aris. Les habitants des contrées septentrionales se font peine une idée de l'abondance avec laquelle la pluie ombe par moment dans le Midi. En octobre 1812 , I. Tardy a observé des averses qui donnaient 2""^-. 25 Teau en moins de 2 minutes, ou 81 millimètres à l'heure, )ans les intermittences dont ces fortes pluies sont habi* uellement accompagnées , elles pourraient fournir en un eul jour 1"'.95 d'eau, ou quatre fois autant qu'on en ecueille à Paris dans une année entière.

Le résultat que donnent les observations de M. Tardy le la Brossy est évidemment supérieur à la pluie moyenne ous le &5* degré de latitude. Il faut donc qu'il y ait à foyeuse des circonstances locales qui modifient les lois générales. Voici, suivant M. de la Brossy^ la cause de 'anomalie dont on lui doit la découverte.

Lorsque des nuages peu élevés trouvent une montagne ur leur route , ils sont arrêtés où , tout au moins , leur itesse est considérablement ralentie. Ces nuages seraient »eut-être passés sans pluie ; l'obstacle qui les arrête les orce donc de déposer une grande partie de l'eau dont Is sont chargés dans une localité où il aurait plu à peine, k Joyeuse, les pluies les plus fréquentes et les plus abon- <antes arrivent par le vent du sud ; une montagne située £1 nord de la ville, et dirigée de l'est à l'ouest, serait

i26 SUR LA PLUIB.

donc très-propre à y accumuler les nuages peu élevés que les vents méridionaux y amènent ; or, une telle montagne existe : c'est le Tanargue , dont la hauteur est de 1,400 à 1,600 mètres, et qui, à 12 kilomètres seulement au nord de Joyeuse, forme comme un mur presque vertical. Partout où de telles circonstances de position se trouveront réunies, il faudra s'attendre à recueillir plus de pluie que le climat ne semblerait le devoir faire supposer.

Viviers, par exemple, où observait Flaugergues, n'est distant de Joyeuse que de 8 lieues à l'est, et se trouve presque sous la même latitude. Néanmoins, la quantité annuelle de pluie y est moindre de 395 millimètres. A Viviers, les nuages qui viennent du sud poursuivent sans obstacle leur course par la vallée du Rhône ; à Joyeuse, ils sont arrêtés par la barrière que le Tanargue forme au nord. « Or, dit M. Tardy, puisque les pluies les plus abondantes et les plus fréquentes dans le Vivarais arrivent précisément par les vents du sud , on concevra pourquoi, lorsqu'à Joyeuse j'avais, en 1811, recueilli 1"'.730 d'eau, M, Flaugergues n'en avait dans son observatoire que 1"\015. »

3" Observations faites à La Rochelle*

Dans l'état actuel de la science , une observation me tcorologiquc isolée a généralement très-peu d'intérêt mais il n'en est pas ainsi des résultats moyens qui fondes sur des observations répétées un grand nombe d'années, peuvent être considérés comme caractérisait

^1 climat. Ces résultats doivent être recueillis D dans les journaux de science, puisqu'ils servijour à établir avec certitude les lois qui régissent bution de la chaleur et celle de la pluie à la surglobe. Tel est du moins le motif qui m'a déterinsérer ici le résumé de plusieurs tableaux dont ronnaissance. Je suis redevable des observations Rochelle à la complaisance de M. Fleuriau de !, correspondant de l'Académie des sciences et de la Chambre des députés.

luie à la Rochelle, de 1777 à 1793 inclusivement.

Quantités rxtrémes Nombres Nombres extrêmes

is Floie de plnie. moyens de jonrs de plaie.

ois. moyenne. ^ " < "^ — de jonrs -^ • ■■

maxtiua. mlniina. de ploie. mftxlm». minima.

miU. miU. mill.

sr 65.0 162 9.0 ili 23 3

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