LIVRE XXllI. — ATTRACTION UNIVERSELLE. SI
cbir. Il est donc bien établi que Tattraction mutuelle des planètes ne peut rien changer à Fordonnance actuelle du monde planétaire.
Après le premier Mémoire de Laplace, il restait encore plusieurs questions intéressantes qu'il a résolues également de la manière la plus heureuse, en i78&. Voici comment il résume lui-même, dans YEcoposition du syslhme du monde, ce nouveau travail : « Les ellipses planétaires ontrelies toujours été et seront-elles toujours à peu près circulaires? Quelques-unes des planètes n'ont -elles pas été originairement des comètes dont les orbes ont peu à peu approché du cercle, par l'attraction des autres planètes? La diminution de l'obliquité de l'écliptique continuera-t-elle au point de faire coïncider l'écliptique avec l'équateur, ce qui produirait l'égalité constante des jours et des nuits sur toute la Terre? L'analyse répond à ces questions d'une manière satisfaisante. Je suis parvenu à démontrer que, quelles que soient les masses des planètes, par cela seul qu'elles se meuvent toutes dans le même sens, et dans des orbes peu excentriques et peu inclinés les uns aux autres, leurs inégalités séculaires sont périodiques et renfermées dans d'étroites limites, en sorte que le système planétaire ne fait qu'osciller autour d'un état moyen dont il ne s'écarte jamais que d'une trèspetite quantité. Les ellipses des planètes ont donc toujours été et seront toujours presque circulaires; d'où il suit qu'aucune planète n'a été primitivement une comète, du moins si l'on n'a égard qu'à l'action mutuelle des corps du système planétaire. L'écliptique ne coïncidera jamais avec l'équateur, et l'étendue entière des varia-
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lions de son inclinaison ne peut pas excéder trois degfés. >
Les magnifiques travaux de Laplace. dont je viens de rendre compte ne permettaient plus, du moins dans notre système solaire, de considérer l'attraction newtonienne comme une cause de désordre; mais était-il impos* sible que d'autres forces se mêlassent à celle-là et produisissent les perturbations graduellement croissantes qpe Newton et Euler redoutaient? Des faits positifs semblaient justifier ces. craintes.
Les observations anciennes, comparées aux observa^ tions modernes, dévoilaient une accélération continuelle dans le mouvement de Jupiter, une diminution non moins manifeste dans le mouvement de Saturne. De ces variations résultaient les plus étranges, conséquences.
D'après les causes présumées de ces. perturbations, dire d'un astre que sa vitesse augmentait de siècle en siècle, c'était déclarer en termes équivalents qu'il se rapprochait du. centre du mouvement» L'astre, au contraire, s'éloignait, de ce même centre, quaxid sa. vitesse se ralentissait;
Ainsi^. chose singulière, notre système, planétaire semblait destiné à perdre Saturne, son plu& mystérieux orner ment; à. voir cette planète, accompagnée deJ- anneau et des huit satellites, s'enfoncer graduellement dans les régions inconnues où l'œil armé des .plus puissants télescopes n'a jamais pénétré, Jupiter^ d'autre part, ce globe à côté duquel le nôtre est si. peu de chose, serait allé, par une marche inv^rae^ s'engloutir, dans la matière incandescente du Soleii..
Bien de douteux, de systématique n'entrait. dans ces