LIVRE XXVI. — MËTËORBS COSMIQUES. 31T
suit, en conséquence, notre globe dans ses mouvements? Dans cette hypothèse, les corps dont il s'agit, en entrant dans cette atmosphère impondérable, décomposeraient le fluide neutre, par leur action inégale sur les deux électricités, et ce serait en s'électrisant qu'ils s'échaufferaient et deviendraient incandescents, b
Les phénomènes que présentent les météores cosmiques n étant pas constants, il est d'ailleurs naturel d'admettre que plusieurs causes peuvent concourir à leur manifestation. Dans une lettre à M. Quetelet, M. Schmidt, directeur à l'Observatoire de Bilk, près de Dusseldorf, a fait avec raison remarquer < que dans les météores les transitions de la couleur du blanc le plus éclatant au jaune, au rouge jaunâtre, au vert et au gris nébuleux, ainsi que la différence de couleur entre la queue et le corps proprement dit de l'étoile filante, trahissent une différence chimique individuelle, de sorte que toutes les étoiles filantes ne doivent pas être regardées comme ayant la même constitution. »
2^ es appendices et les queues, ajoute le même astroe, ne sont pas moins dignes d'attention ; car, chose nante, ces dernières sont tantôt parfaitement droites avec des bords parallèles, tantôt plus larges et plus brillantes vers le milieu; tantôt elles se montrent le plus larges et le plus éclatantes à l'endroit où le météore s'éteint Le décroissennent plus rapide de lumière qui a lieu quelquefois dans le milieu des traînées, semble confirmer en général ce qu'on a déjà supposé plusieurs fois, c'est-à-dire que les queues ont la figure d'un cylindre ou d'un cône creux.
818 ASTRONOIIIE POPULAIRE.
Un grand nombre de physiciens et d'astronomes ost supposé qu'il y avait une certaine liaison entre les grandes apparitions de météores cosmiques et les aurores boréales; mais la concordance des deux phénomènes a éié trop rarement observée d'une manière certaine poor qu'on doive admettre le fait comme démontré jusqu'à présent.
Nous avons dit que c'est dans une direction diamétralement opposée au mouvement de translation de la Terre dans son orbite qu'apparaissent ordinairement les grandes averses d'étoiles filantes. Cette observation conduit à admettre qu'en prolongeant une tangente à l'orbite te^ restre au point où la Terre se trouve à chaque instant, on doit rencontrer sur la voûte étoilée la constellation d'où] les étoiles semblent diverger. 11 y a quelquefois plusieursl points de départ qui ne sont pas toujours situés dans ial même constellation, et il faut en conclure que les essaimsi de météores forment des anneaux distincts autour dul Soleil. «Pour la période d'août, dit mon illustre ami Alexandre de Humboldt, M. Ileis a trouvé, outre Ici centre principal d' Algol, dans la constellation de Pei'sée, deux autres centres dans le Dragon et dans le pôle Nord. > M. Heis a opéré de la manière suivante :
«Afin, dit-il, d'obtenir des résultats exacts sur les points d'où rayonnaient les trajectoires des étoiles filantes, durant la période de novembre, pour les années 1839, 18Û1, 1843 et 1847, j'ai tracé sur un globe céleste de 80 centimètres les trajectoires moyennes ap* partenant à chacun des quatre points : Persée, le Uon, Cassiopée et la tête du Dragon, et j'ai marqué chaque