LIVRE XXVII. — JUPITER. 3Î
ant cette intéressante recherche en 1677, il arriva à ne rotation de 9^ 55" 50*. Mais un si bel ycord s'évaouit en 1690. Ayant alors observé une tache qui parai&- 3iit adhérente à la bande méridionale fort voisine du entre , il trouva pour valeiu" de la rotation 9^ 51". Ce ésultat si différent des premiers fut confirmé en 1691 »ar Tobservation de deux taches brillantes placées sur î bande obscure la plus voisine du centre vers le nord, t aussi par une tache obscure placée entre les deux mandes centrales. En 1692 , des taches donnèrent même H)ur la durée de la révolution 9^ 50"".
Les différences considérables de ces divers résultats >nt conduit à supposer que les taches sont des nuages lageant dans une atmosphère très-agitée. Les taches, îinsi que cela se déduit des résultats précédents, ont an mouvement d'autant plus rapide qu'elles occupent une position plus voisine du centre de la planète. Ainsi , dit Fontenelle , on pourrait comparer les mouvements de ces taches à celui des courants qui régnent près de réquateur terrestre. Mais l'assimilation me paraît porter à faux : les alizés soufflant de l'orient à l'occident, entraînent dans la même direction les nuages situés dans cette portion de l'atmosphère. Ces nuages correspondent donc, par leur déplacement en vingt-quatre heures, à des parties de plus en plus occidentales de la croûte solide de notre globe; par conséquent, un observateur qui, situé dans la Lune ou dans. le Soleil, déterminerait la durée de la rotation de la Terre par l'observation d'un de ces nuages devrait trouver un nombre plus grand que celui que lui fournirait l'observation d'un point de
la croûte solide ; c'est Tinverse qu'on a remarqué dâj^ Jupiter.
Herschel a publié en 1781 un Mémoire dans lequel il rapporte des déterminations de la durée de ta rotation de Jupiter qu'il a obtenues en 1778 à l'aide d'une seul^ et même tache noire; elles varient depuis 9^ 55* h^ jusqu'à 9** 54" 53'. En 1779 une tache claire, également équatoriale, donna pour le temps de la rotation tantut 9^ 51- 45* et tantôt 9*^ 50" 48\
Herschel explique les grandes différences de toutes les observations par les mouvements propres des taches; fl croit, comme Fontenelle, à l'existence dans les régions équinoxiales de la planète, de vents analogues à dos alizés, mais sous la réserve que nous venons de faire tout à l'heure quanta leur direction. Nous dirons que, pour concilier les divers résultats d'Herschel avec la détermination 9*" 56'° donnée généralement par Cassini pour des taches extra-équatoriales, il faut supposer que certains nuages observés par l'astronome de Slough avaient en 10 heures un mouvement propre de près de 8 degrés de l'équateur de Jupiter, c'est-à-dire une vitesse de 96 lieues à l'heure.
Les observations les plus récentes qu'on ait faites sur la rotation de Jupiter sont celles de MM. Maedler et Béer : elles embrassent l'intervalle compris entre le mois de novembre 1834 et le mois d'avril 1835. Par des tache? situées à 5 degrés* de latitude nord, ils ont obtenu 9^ 55" 26'. Sur quoi il faut remarquer que ce résultat est la moyenne et que les durées obtenues par l'observation des deux taches simultanées ne sont pas égales. Des