LIVRE XXVII. — JUPITER
k)leil : c'était le monde de Copernic en miniature ; les dées de ce grand homme semblaient désormais ne pouvoir plus être rejetées. Aussi rapporte-t-on que Kepler m apprenant les observations de l'astronome de Florence, s'écria, en parodiant l'exclamation de l'empereur lulien : Galilœe, vicisti!
Galilée voulait qu'on appelât les étoiles nouvellement iperçues Astres de MédiciSj mais le nom de satellites ie Jupit^ a prévalu.
Dans mie lettre au grand -duc de Toscane écrite en I612y Galilée donne les résultats suivants pour les durées des révolutions des satellites de Jupiter :
Premier satellite... V IS*"
Deuxième 3 13 1/3 environ.
Troisième 7 U à peu près.
Quatrième 16 18 à peu près.
On a prétendu que la découverte des satellites de Jupiter fut accueillie dans le monde avec une satisfaction universelle. Des documents, empruntés aux sources les moins contestables, prouvent qu'il n'en fut pas ainsi. Une Académie tout entière, celle de Cortone, prétendit que les satellites étaient le résultat d'une illusion d*optique produite par la lunette. Dans les dialogues contenus dans l'ouvrage de Sizio, lorsqu'un des interlocuteurs demande pourquoi on voit quatre satellites autour de Jupiter seulement, on lui répond : parce que la lunette est propre {praporxionato) à produire de telles apparences à la distance de Jupiter et non à d'autres distances. (Venturi, 1. 1", p. 126.) Clavius disait, en octobre 1610, que pour voir les satellites, il fallait d'abord con-
siruire une lunette qui les engendrât 11 est vrai que dès le mois de décembre suivant il abandonna cette opinion absurde aussitôt qu'il eut observé lui-même les. astres en question (page 1&2). Galilée rapporte qu'il y avait, à Pise, un philosophe nommé Libri, qui ne consentit jamais à mettre Tœil à la lunette pour voir les satellites de Jupiter, t J'espère, ajoute Fillustre philosophe (ledit Libri venait de mourir), que n'ayant jamais voulu voir les satellites sur la terre, il les aura aperçus en allant au ciel. > (Page i/i&.)
On eut recours même aux causes finales pour démontrer la non-existence des satellites. Horky demandait à quoi serviraient, au point de vue astrologique, les quatre satellites de Jupiter annoncés dans le Nuntius sidereiis, Woderbonius, auteur écossais, contemporain de Galilée, répondait, avec beaucoup d'esprit et d'à -propos : t iL< serviront à confondre les Horky et tous les astrologues superstitieux. • (Page 129.)
Enfin, en Allemagne, Simon Marins affirma qu'il avait fait l'observation avant Galilée. Consacrons quelques lignes à ses prétentions. La publication de Simon Marias au sujet des satellites de Jupiter, son Mundus jovialis, est de 161 & ; elle est postérieure de quatre ans à l'apparition du Nuntius sidereus de Galilée, qui parut à la iui de 1610, et dans lequel ce grand honmie faisait connaître le résultat de ses premières investigations sur les satellites de Jupiter. La première observation donnée par l'astronome allemand correspond à la seconde de Galilée; mais l'identité ne paraît pas au premier coup d'œil, parce que Simon Marins date d'après le calendrier non