‹ Œuvres complètes de François Arago (volume 4)Chapitre 226 sur 582 · LIVRE XXVll. — JUPITER · texte numérisé non relu

LIVRE XXVll. — JUPITER

réformé, ce qui semble présenter en sa favear une antériorité de dix jours sur les observations de Galilée, qui suivait déjà le calendrier grégorien.

La préface dont est accompagné Touvrage de Marius de i61&9 en la supposant véridique, prouverait que cet astronome avait déjà reconnu, à la fin de novembre ou au commencement de décembre 1609, que de petites étoiles circulent autour de Jupiter. Mais doit-on ajouter foi à la réclamation tardive de Marius lorsqu'on songe qu*il s'était déjà trouvé quelque peu impliqué dans Taocusation de plagiat que fit Galilée à un seigneur Capra, i Toccasion du compas de proportion, procès que le grand astronome de Florence gagna complètement?

Au surplus, la révélation d'une découverte par une lecture académique ou par l'impression sont les seuls moyens de constater les droits à une invention, et, sous ce rapport, la priorité ne saurait être contestée à Galilée^

Nous opposerons aussi cette dernière remarque aux réclamations posthumes qu'on a faites en faveur d'Harriot, savant anglais très-distingué, et qui mourut fort jeune. Ses manuscrits, a dit M. de Zach, renferment la preuve qu'Harriot vit les satellites de Jupiter dès le

1. Tai été étonné de 1!re dans rouvrage de mon meiUeur ami , le Cosmos de M. de Humboldt, que, malgré les principes rccon> DUS libéralement par lui-môme en tant d*occasions, il attribue la première découverte des satellites de Jupiter à Marius. Le mathémaUcien de Télecteur de Brandebourg n'a droit à être cité sur cette matière que pour avoir eu Tidée, malheureuse & tant d'égards, de donner à ces satellites les noms d'Io, d'Europe, de Galisto et celui de Ganymède.

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16 janvier 1610, date postérieure à celle des premières observations de Galilée, et qui le serait bien davantage si Fauteur anglais avait compté diaprés le calendrier julien.

Une lettre récente du doct^r Robertson à sir David Brewster renferme les renseignements plus précis qu'on .va lire. Les premières observations des satellites faites par Harriot sont du 17 octobre 1610. La feuille manuscrite où se trouvent les configurations pour ce jour-là porte cette note de la main d' Harriot : « &Ia première observation des nouvelles planètes. » Sur une autre feuille, on lit «1611 : Seconde année de mes observations des planètes de Jupiter. » Des dessins grossiers des configurations des satellites sont, au reste, tout ce qu*on trouve dans ces manuscrits.

M. de Zach nous apprend que les satellites de Jupiter étaient observés à Aix, en Provence, dans le mois de novembre 1610, par Peyresc, Gassendi et Gautier.

Après avoir nié Texistence des quatre satellites de Jupiter, il se trouva des astronomes qui accusèrent le grand philosophe de Florence de n'avoir aperçu qu'une partie de la vérité. Scheiner déclara qu'il y avait non pas quatre, mais cinq satellites. Rheita porta leur nombre à neuf. D'autres en comptèrent jusqu'à douze. Mais il est évident aujourd'hui que ces petits astres ajoutés si libéralement aux quatre découverts par Galilée, ne pouvaient être que de petites étoiles dans le voisinage desquelles Jupiter s'était transporté par son mouvement propre, et les observations faites avec les plus puissante télescopes n'ont jamais montré la plus petite trace des satellites additionnels de Scheiner, Rheita, etc.

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