‹ Œuvres complètes de François Arago (volume 4)Chapitre 262 sur 582 · LIVIIE XXVIII. — VITESSE DE LA LUMIÈRE · texte numérisé non relu

LIVIIE XXVIII. — VITESSE DE LA LUMIÈRE

Supposons maintenant que chaque point du tube se meuve avec la vitesse précédente, non plus pen>cndlculaircment à la ligne AB, mais dans une direction oblique et parallèle à la ligne BE (fig. 337). Dans ce eau, si Ton veut que la molécule qui a passé par l'ouverture A soit arrêtée par la plaque B lorsque cette plaque parviendra en K, il faudra d'abord que la plaque ne se trouve pas originairement sur la ligne AB ; que, de plus, elle soit en un point B' situé à gauche de cette ligne AB, et que les deux côtés AB et BB' du triangle ABB' soient entre eux comme la vitesse de la molécule est à la vitesse du point B ; ce sera alors seulement que la molécule, en arrivant en B, y rencontrera la plaque B.

11 faudra bien remarquer que Tangle BAB' , que nous venons de déterminer pour le cas du mouvement oblique du tube, est plus petit pour des vitesses égales que l'angle correspondant au mouvement du tube perpendiculaire à la ligne AB ; en effet, ce dernier angle se déterminerait, ainsi qu'on l'a vu précédemment, en menant par le point B un 3 ligne perpendicylaire à BA, et prenant sur cette ligne un point R éloigné de AB d'une quantité <^gale à BE, ce qui place le point R à gauche du point B'.

Il est un cas,, outre celui que nous avons déjà considéré du repos absolu du tube, dans lequel la ligne AB restant verticale jouira de la propriété que la molécule passant par A rencontre la petite plaque inférieure : ce sera celui où le tube, quelle que soit sa vitesse, se meut précisément dans la direction BA.

Tout ce que nous venons de dire d'une molécule matérielle passant par l'ouverture A et aboutissant au repère

inférieur B, pourra s'appliquer sans modification au cas où Ton observe une étoile avec une lunette. La molécule matérielle tombante deviendra alors une molécule lumineuse partant de l'étoile ; Touverture A sera le centre optique de l'objectif; enfin la plaque B sera le point de croisement des deux fils opaques placés au foyer derrière lequel l'image observée de l'astre vient se placer et même disparaître quelquefois.

Les rayons qui tombent sur l'objectif, tout autour de son centre optique, ne font que changer l'intensité de Pimage totale sans altérer en rien l'exactitude de la comparaison que nous avons cherché à établir entre le tube et la lunette.

Voyons maintenant si le rapport entre la vitesse de la Terre et la vitesse de la lumière est assez grand pour que, dans le maximum d'effet, la ligne AB s'éloigne sensiblement de celle qui aboutit à l'étoile.

Si la Terre est une planète, elle parcourt tous les ans une orbite à peu près circulaire dont le rayon est de 38 millions de lieues, et dont la circonférence par conséquent est égale à 239 millions de lieues ; en divisant ce nombre par celui des secondes dont l'année se compose, on trouve que la Terre parcourt en une seconde de temps 7 lieues 6 dixièmes, tandis que la lumière franchit dans le même intervalle 77,000 lieues. La vitesse de la Terre se trouve ainsi être en nombre rond la dix-millième partie de la vitesse de la lumière. En revenant à la figure 336, dans laquelle la ligne AB est perpendiculaire à la direction BB*', nous aurons AB est à BB'' comme 10,000 est à 1. On trouve ainsi par la trigonométrie ou par une

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