LIVRE XXIX. — SATURNE
contraire, sur Tanneau une ombre noire très- facile à distinguer et à reconnaître par son parallélisme aux bords de la planète qui la produit
L*anneau disparaît dans la plupart de nos télescopes quand son plan prolongé passe par la Terre, Tanglc qu'il sous-tend étant alors trop petit pour produire un effet sensible sur nos yeux. Cependant la lumière réfléchie par la tranche reste toujours perceptible lorsqu'on emploie des télescopes de la puissance de ceux de William HerscheL II disparaît aussi lorsque son plan prolongé passe par le Soleil, les rayons de cet astre glissant alors, pour ainsi dire, sur la surface de Tanneau sans lui imprimer la propriété d'émettre de la lumière. II disparaît enfin à une époque intennédiaire entre les deux premières, et peu éloignées Tune de Tautre, quand Tanneau, par son prolongement, passe entre le Soleil et la Terre et est éclairé par la face que nous ne voyons pas.
Le plan de Tanneau dans le mouvement de circulation de la planète autour du Soleil restant toujours parallèle à lui-même, il est évident que les positions propres à amener sa disparition, c'est-à-dire le passage de son plan par le centre du Soleil, doivent se reproduire deux fois pendant la durée de la révolution de la planète autour du Soleil et se représenter conséquemment tous les quinze ans environ.
Dans tout ce qui précède, nous avons parlé du plan de l'anneau ; mais il n'est pas certain que cette dénomination soit rigoureusement exacte ; en effet, il est toujours arrivé, à l'époque des disparitions, qu'une anse s'éva-
serait placé sur le prolongement de Taxe de la planète.
Ce qui précède est le résumé de ce que les astronomes avaient aperçu en étudiant Panneau de Saturne avec les plus grands télescopes. Nous devons dire maintenant que des singularités extraordinaires sont venues s^ajouter récemment à celles qui avaient été signalées aDtérieorement et dans lesquelles il paraît difficile de ne pas voir le résultat de créations nouvelles qui sembleraient impliquer la conséquence que Saturne est encore aujourd'hui, dans son ensemble, le théâtre de révolutions naatériellfô dont nous pouvons difficilement nous faire une idée. Voici, en abrégé, un extrait des observations faites par MM. Bond, assistants de l'Observatoire d'Harvard, près de Cambridge, en Amérique :
Les premières observations de M. G. -P. Bond remontent au 11 novembre 1850. Ce jour-là M. Bond aperçut une lumière en dedans de l'ancien anneau. Cette lumière paraissait se terminer brusquement avant d'atteindre le corps de la planète.
Le 15, M. W.-C. Bond, examinant Sat'.me avec divers oculaires, entre autres avec un grossissement de 400, aperçut distinctement le même phénomène : le nouvel anneau était bien défini, le bord touchait à la planète. L'observateur crut que le nouvel anneau n'était pas adhérent à l'ancien, mais il ne put pas l'affirmer. Od suivit le nouvel anneau sur le corps de la planète.
M. G. -P. Bond, avec des grossissements variant de 4 &0 à &00, ne put pas s'assurer si le nouvel anneau était séparé de l'ancien, mais il vit le bord intérieur bien terminé.