LIVRE XXIX. — SATURNE
lomération dTune multitude de satellites dont les orbites
3 touchaient presque de manière à former à la distance ui nous en sépare un corps continu. Dans ce système, ontre lequel on pourrait faire des objections sérieuses, n parviendrait peut-être plus facilement à expliquer la )rmation de Tanneau intérieur observé en 1850 (ch. m, '. &&0). Mais ce sont là des points délicats que je dois 16 contenter d'indiquer ici à l'attention des astronomes t des géomètres.
En essayant de remonter jusqu'à l'origine des choses >our expliquer la forme bizarre de Saturne, qui ne s'est >eut-être pas reproduite une seconde fois parmi les milioDs d'astres que le firmament étale à nos regards, les iosmologues ont disposé à leur guise de la matière chaoique qui remplissait l'espace avant la formation des plalètes. Quoique, à vrai dire, ils aient fait un usage trèsimple de la force attractive combinée avec certains mouvements giratoires, c'est à peine si Saturne est sorti Je leurs hypothèses avec quelques rudiments de la forme que nos lunettes lui assignent. Voici de quelle manière, selon les théoriciens, se serait transformée en un anneau de Saturne la queue d'une comète qui dans sa course vint à passer très-près de la planète.
On ne saurait nier qu'une molécule matérielle, se mouvant autour du Soleil dans une grande ellipse, ne puisse être détournée considérablement de sa route primitive par l'attraction de quelque puissante planète, si elle vient
4 en passer très-près. Le calcul fait même connaître, dans chaque cas, quelle devra être, numériquement, l'intensité de ia force attractive, pour que la molécule abandonne
son ancien centre de mouvement, pour qu'elle soit forcé^ de circuler comme un satellite autour de la planète troi^ blante.Ce que la puissance de la planète aura opéré suruo^ première molécule, elle le renouvellera sur une secoixki sur une troisième, etc., dès que ces molécules se trouve* ront dans les mêmes conditions de distance et de viless^ Toutes les molécules qui parcouraient primitivement oi( même ligne droite près d'une planète, deviendront aiœl une série de satellites circulant exactement dans la mêio^ courbe. Si , originairement , ces molécules se trouvaienl très-rapprochées; si elles étaient en très-grand nombre; si, en un mot, elles occupaient une ligne suffisainro^ longue, elles formeront autour de la planète, après qat leur route aura été infléchie, un anneau fermé qui, vu à loin, paraîtra continu et extrêmement délié.
Ce que je viens de dire d'un premier filet rectilignl doit s'appliquer, mot à mot, à tous les autres filets pla ou moins éloignés de la planète, pourvu toutefois qu*o] ne sorte pas de certaines limites de distances.
La queue d'une comète, quelle qu'en soit d'ailleurs li nature, semble pouvoir être assimilée à un faisceau d( filets moléculaires analogues à ceux que nous venons d( considérer. En passant près d'une grosse planète, chacun de ces filets s'infléchissant comme je viens de Texpliquer, leur ensemble doit prendre la forme d'une enveloppe annulaire sphérique ou elliptique, ayant à fort peu près son centre ou son foyer au centre même de la planète.
Nous voilà arrivés, par des déductions mathématiques, à une enveloppe annulaire, à une espèce de voûte suspendue. S'il en existait de cette espèce autour des planètes^