LIVRE XXIX. -* SATURNE
ouïrait regarder ce qui précède comme donnant le it de leur formation. Mais Tanneau de Saturne n*a été sans raison appelé un anneau. II a une largeur idérable, tandis que son épaisseur est extrêmement e. On doit le considérer presque comme un plan. r qu'un faisceau de filets moléculaires rectilignes , en durbant autour d'une planète, engendrât la figure de leau de Saturne, il serait nécessaire que, primitivet, le faisceau fût plan lui-même; or les filets dont queue de comète se compose dessinent dans l'espace iylindre ou un cône. Jamais on n'en a vu qui formas- ; une couche plane presque sans épaisseur. Il est donc >li que, si l'on considère les éléments d'une queue me détachés et tout à fait indépendants les uns des res, ils ne pourront pas, en changeant de route auprès ne planète, s'y disposer en forme d'anneau. Hais, dira-tron, pourquoi ne pas considérer la queue ine comète comme un fluide élastique analogue à notre oosphère, analogue à tant de substances gazeuses dont chimie moderne s'est enrichie? Je réponds que rien iqu'ici ne justifierait cette assimilation. Soit que l'on mpare l'extérieure l'intérieur d'une queue, soit qu'aes avoir étudié sa base on porte ensuite ses regards Ts l'autre exlrémité, aucun phénomène n'y dévoile !8 compressions graduellement croissantes, qui sont le aût distinctif des fluides élastiques. Admettons au sur- '^tpour un moment, que la longue traînée cométaire ût douée d'élasticité, et qu'elle vienne former autour 6 quelque planète une vaste atmosphère, elle s'aplatira ^s le sens de son axe de rotation ; elle prendra beau-
coup d'extension sur toute l*étendue de Téquateur. Ih
encore loin de là à cet anneau de Saturne, donti seur est presque insensible, et qui , dans tous ses poinii est séparé du corps de la planète par un intervalle i plus de 9,000 lieues. Voudra-t-on former Panneaa « dépens de matières qui se déposeraient aux limites eit rieures de Tatmosphère tournante? La supposition a admissible ; mais qu*aura-t*on gagné à faire intervenîra comète? Ces précipitations, ces agglomérations de m tières opaques, ne pouvaient-elles pas se former tout aoi bien dans l'atmosphère primitive de la planète?
Maupertuis est, je Tai dit plus haut, le premier quii considéré l'anneau de Saturne comme une queue comète qui s'enroula autour du centre de la planète f reflet de la puissante attraction de celle-cL Quand s mémoire parut dans les Transactions philosophiques Londres , on savait déjà que l'anneau n'était pas simp qu'il se composait de deux anneaux distincts, faiblem^ séparés; que leur lumière, et principalement celle l'anneau intérieur, surpassait en intensité la lumière disque; qu'ainsi, suivant toute probabilité, la matière d anneaux était plus dense que celle de la planète, etc., eU mais il laissa ces circonstances à l'écart, il n^en fit f même mention. Pour lui, le mystère se réduisit à expliqu comment une auréole lumineuse enveloppe Saturne toute part. Une théorie aussi vague méritait à peine quel(( attention il y a un siècle. Aussi n'en ai-je présenté la ci tique qu'à cause de l'obligation que je me suis imposée' faire un catalogue complet des prétendues interveotioi cométaires dans les phénomènes du monde matériel.