‹ Œuvres complètes de François Arago (volume 4)Chapitre 309 sur 582 · LIVRE XXX. — URANDS · texte numérisé non relu

LIVRE XXX. — URANDS

ations de déplacement angulaire dont ils pouvaient alors isposer.

Je regrette de laisser planer quelque incertitude sur ) nom du savant qui reconnut le premier la nécessité e recourir à une orbite à peu près circulaire. Dans le )me IV des Mémoires de V Académie de Pélersbourg , ublié en 1785, Lexell disait qu'il pourrait prouver par i témoignage de plusieurs astronomes que cet honneur ji appartenait ; mais la preuve, c'était pourtant Tesseniel, il ne la donna point; Lexell n'indiqua pas même a date de ses essais. Or Laplace, dans sa théorie du nouvement et de la figure elliptique des planètes, mise m jour en 178&, par les soins de M. de Saron, fait emonter au mois d'août 1781 sa détermination d'un )rbe circulaire d'un très-grand rayon. En rapprochant liverses circonstances, il serait facile de prouver que ians le mois d'août 1781, Lexell n'avait certainement rien achevé encore touchant la marche circulaire du nouvel astre. Il nous manque d'ailleurs l'élément d'après lequel les droits des inventeurs sont toujours appréciés sans équivoque : la date de la publication. Dans ce cas-ci, Taltention du monde savant étant vivement excitée par la comète rebelle sans queue et sans chevelure, les correspondances privées donnaient cours sur-le-champ aux nioindres paroles prononcées devant les Académies, et roême aux simples conjectures communiquées confidentiellement à des amis. Aussi l'Europe entière savait-elle q^e notre système solaire s'était enrichi d'une belle planète, assez longtemps avant d'en avoir les preuves sous '^•5 yeux.

Malgré tous mes soins, je n*ai trouvé aucun moyen de prononcer avec certitude que Laplace a précédé Lexell dans la détermination de Torbite circulaire d*Uranu^. pas plus qu'il ne me serait possible d'affirmer que Tastronome de Pétersbourg a eu rantériorité sur Tillustre géomètre français*. Il n*y a que le président de Saron, dont tous les compétiteurs reconnaissent eux-mêmes les droits. La justice conmiande donc, ce me semble, de citer d'abord de Saron pour avoir montré, contre l'opinion commune, que le nouvel astre était à une immense distance : deux fois au moins plus éloigné du Soleil que Saturne^, et d'attribuer ensuite, mais sans distinctioD, à Lexell et à Laplace la première preuve qu'on ait eue qu'une orbite circulaire représentait assez bien l'ensemble des observations.

1. La priorité semblerait appartenir à Lexell, s'il fallait en croire un Mémoire où Lalande parle d'une lettre de Tastronome de Pétersbourg, écrite de Londres en juin ou en juillet 1781, et communiquée à TAcadémie des sciences. A cela je réponds que Lexell fait mention lui-môme de cette lettre dans son travail : qu'il cite Magellan , sod correspondant, comme la personne qui en donna connaissance aut académiciens de Paris; mais qu'il n'y est question que d'une orbite parabolique, ayant au moins 8 pour distance périhélie, « ce qni servit, ajoute Lexell, à convaincre ceux des académiciens qui doutaient des résultats trouvés par le digne et respectable président de Saron, lequel en examinant quatre observations du nouvel astre, avait trouvé qu'une orbite parabolique, avec 1/ii de distance périhélie, satisfaisait assez bien aux observations. » (Académie de Pétersbourg ^ t. IV.)

3. Si l'on mettait en question le mérite qu'il y a eu à s'assurer que l'éloignement du nouvel astre était extrême, Je dirais que Méchain, dont l'habileté comme calculateur n'a jamais soulevé un doute, trouvait dans ses premiers calculs, pour la distance périhélie, O.tiC} au Heu de 8.28.

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