LIVRE XXX. — URANDS
Quant aux éléments elliptiques de Tastre d'Herschel, s ont été calculés, pour la première fois, par Laplace t par Méchain. Les éléments de Laplace furent commuiqués à 1* Académie des Sciences dans le mois de janier 1783. On les trouve dans l'ouvrage intitulé : Théorie u mouvement et de la figure elliptique des planètes.
Herschel ne prit aucune part au long débat qui suivit annonce de sa belle découverte ; mais , quand les reherches de Saron, de Laplace, de Lexell eurent montré |ue rétoile mobile découverte le 13 mars 1781 était, lon une comète, comme on l'avait d'abord supposé, mais tne grosse planète, située aux confins de notre système, l réclama le droit qui lui appartenait incontestablement, le donner un nom à ce nouvel astre. Le nom qu'Hers- M proposa fut celui de Geargium sidus^ l'astre de George *• L'astronome témoignait ainsi de sa juste reconnaissance envers le souverain, ami des sciences , qui venait de le placer dans une position indépendante. Lexell remarqua avec raison que le mot sidus (étoile) impliquait la fausse idée d'immobilité. U proposa d'appeler la nouvelle planète le Neptune de George IIL « Ce sera, disait-il , un moyen d'éterniser la mémoire des grands exploits que les flottes anglaises ont faits pendant les deux dernières années. » Pour le coup, la flatterie était singulière. Je- ne discuterai pas ici les exploits, mais n'était-il pas burlesque qu'en vue de les éterniser, on proposât de choisir une découverte qui n'appartenait, ^us aucun rapport, à des Anglais? Ce fut, en effet, le
!• Horace avait dit Julium sidus.
Hanovrien Herschel qui reconnut le mouvement propi^ du nouvel astre ; ce furent les recherches» les calculs de< Français et des Allemands qui en déterminèrent la nature, qui en firent véritablement une planète.
En France, Lalande voulait qu'on suivît Tusage déjà adopté dans des circonstances pareilles par les anatomistes, par les botanistes ; il demanda pendant plusieurs années avec beaucoup de vivacité, que la nouvelle planète s'appelât Herschel. Sa persistance fut sans résultat: les amis de la mythologie remportèrent; mais dans ce camp aussi il existait des dissidences.
Prospérin se croyait sûr du succès en proposant le nom de Neptune. Saturne ne se serait-il pas trouvé alors entre ses deux fils, Tun, Jupiter, plus rapproché du Soleil que lui, l'autre , Neptune, plus éloigné?
Lichtemberg ne pouvait pas réussir en appuyant le nom d'Aslrée sur cette considération épigrammatique qu'en quittant la Terre, où vainement elle avait cherché à établir son règne, la déesse de la justice dut aller, par dépit, se réfugier le plus loin possible de notre globe.
Poinsinet ne voyait rien à opposer au choix qu'il avait Oait du nom de Cybile. Les pères des dieux, Saturne et Jupiter, occupant une place dans le firmament, ne serablait-il pas impossible que leur mère en restât plus longtemps bannie?
Bode, à son tour, exposait avec une entière confiana* le motif qui l'avait porté à préférer le nom d'Uranus, On devait une réparation au plus ancien des dieux ; les régions les plus enfoncées dans les profondeurs de noire