LIVRE XXXÎ. — NEPTUNE
ayant date certaine; hors de là tout est confusion et obscurité. M. Âdanis n*ayant communiqué ses travauic analytiques qu'à des astronomes anglais qui les ont tenus secrets et qui n*en ont pas tiré parti pour la recherche de Neptune, il n*a aucun droit à prendre une part quel* conque de la gloire de la découverte de cette planète. C'est là un arrêt définitif que Thistoire enregistrera , et contre lequel d'ailleurs, M. Adams, dont les calculs postérieurement publiés sont très- remarquables, ne s'est jamais élevé.
Les calculs de M. Le Verrier destinés à faire connaître la place occupée par Neptune au moment même de sa découverte étaient d'une justesse qui devait exciter l'admiration ; mais on a eu tort de vouloir trouver dans les éléments approximatifs de l'orbite hypothétique de la nouvelle planète donnés pour servir à sa recherche, une exactitude qui devait s'étendre à l'avenir. Le problème qu'il s'était agi de résoudre consistait à indiquer le lieu où il fallait chercher, à un moment donné, la planète extérieure qui expliquerait les variations anomales des rayons vecteurs d'Uranus. Ce problème, M. Le Verrier l'a complètement résolu , et c'est en faisant l'application du résultat de son travail analytique que M. Galle, de Berlin, a trouvé Tastre nouveau. L'histoire de toutes les autres planètes démontre que jusqu'alors une seule, Vesta, avait été découverte autrement que par l'effet d'un heureux hasard. Les détails que j'ai donnés dans le chapitre ii du livre XXX de cet ouvrage sur les recherches d'Herschel relatives à Uranus démontrent que la découverte de cette planète n'a été la conséquence, ni d'une idée préconçue.
ni d'une combinaison systématique d'observations. Je rappellerai ici Thiatoire de la découverte des petites planètes.
Kepler ayant remarqué un hiatus , c'est son expression, entre les orbites de Mars et de Jupiter, imagina qu'une planète devait exister entre ces deux corps du système solaire. V hiatus devint très -manifeste lorsqu'on eut enchaîné les rayons des orbites des anciennes planètes, et même celui de Torbite d*Uranus, par la loi empirique connue sous le nom de loi de Bode, mais qui devrait s'appeler, comme je Tai expliqué (liv. xxv, chap. I, p. 143), la loi de Titius. Persuadés de l'existence de cette planète, intermédiaire entre Mars et Jupiter, vingt- quatre astronomes allemands s'associèrent, sous la présidence de Schrœter, pour en faire la recherche. Leurs efforts n'amenèrent aucun résultat.
Piazzi, occupé de la formation d'un catalogue d'étoiles, découvrit Gérés, à Palerme, le premier jour du xix* siècle.
Deux ans après, le 28 mars 1802, Olbers, de Brème, apercevait fortuitement Pallas, en étudiant la région da firmament où se mouvait alors Gérés.
Harding constata l'existence de Junon, pendant qu'il explorait le ciel pour y puiser les éléments de ses belles cartes.
Jusqu'ici , le hasard seul a présidé à ces intéressantes observations. La découverte de Yesta , au contraire, fut amenée par une idée d' Olbers, fort étrange, mais appuyée cependant sur des considérations assez spécieuses dont j'ai déjà donné un aperçu (liv. xxv, ch. xuv, p. 175).