LIVRE XXXI. — NEPTUNE
Le célèbre astronome de Brème avait cru remarquer ae les orbites de Gérés et de Pailas se coupaient en 3UX points de l'espace par lesquels vint à passer ultéeurement Torbite de Junon. Ce fait remarquable, et uelques observations sur des irrégularités du reste fort ifficiles à constater, dans la forme des nouveaux astres, amenèrent à supposer qu'ils étaient les fragments d'une rosse planète qui fit jadis explosion dans l'un des deux oints communs aux trois orbites. II imagina que d'autres •agments de cette planète primitive devaient exister dans îs mêmes régions, et passer, à chacune de leurs révolutons autour du Soleil, par les points d'intersection dont
vient d'être parlé. Ces points se trouvaient dans la ^ierge et dans la Baleine. Olbers s'attacha donc à oberver chaque année les étoiles de ces constellations, pariculièrement aux époques où elles sont en opposition, in brillant succès couronna ses efforts, et, le 29 mars 807, il découvrit Vesta.
Je demanderai maintenant aux personnes les plus prévenues , d'expliquer quelle ressemblance, quelle analogie 1 peut y avoir entre l'idée ingénieuse, mais si bizarre, rOlbers; entre la supposition qui conduisit ce célèbre istronome à la découverte de Yesta, et les calculs de M. Le Verrier, fondés, sans hypothèse d'aucune sorte, sur la théorie de l'attraction universelle. A l'aide de ces calculs, ^n a pu, non pas seulement annoncer qu'une planète, si elle existait, viendrait à passer à une époque indéterminée dans telle ou telle constellation; mais on a démontré qu'une planète existait nécessairement au delà d'Uranus, dans une direction déterminée etàune distance déterminée.
bU ASTRONOMIE POPULAIRE.
On a dit qu^en se fondant sur la loi empirique à, Titius, quelques astronomes avaient annoncé qu'il exisUi:! une nouvelle planète au delà d'Uranus. La loi de TititËi n'autorisait aucune conclusion de ce genre ; tout ce qu osi pourrait déduire logiquement, c'est que si une plaDèiti existait dans les régions indiquées, sa distance au SoIe^i devait être à peu près double de celle d'Uranus. Remar^ quons, d'ailleurs, que cette prétendue loi, si souven^ citée sous le nom de Bode, n'a aucun fondement thèi-i rique, qu'elle manque d'exactitude, qu'elle ne pouva^^ pas indiquer la direction dans laquelle il fallait placer k nouvel astre, ni même servir à constater son existence^
L'importance qu'auraient pour la recherche des planètes nouvelles, des cartes astronomiques renferroac toutes les étoiles de neuvième grandeur et même celiej de dixième grandeur, a été signalée d'une manière éclâ^ tante par la découverte de la planète Neptune faiti^ \ Berlin par M. Galle aussitôt après la réception des indicâ tions de M. Le Verrier. C'est en grande partie aux carte^ dites de l'Académie de Berlin que l'on doit la découvert^ des petites planètes si nombreuses qui parcourent leur| orbites à des distances du Soleil comprises entre celles de Mars et de Jupiter. Les astronomes modernes on| fondé sur la construction de pareilles cartes une méthode féconde de recherches, et c'est à Bessel que doit être reportée la gloire de ce service immense rendu aux sciences. Dans son éloge de Bessel , M. Encke s'est exprimé à cet égard dans les termes suivants , que nous reproduisons afin de compléter ces rapides indications relatives à l'histoire de l'astronomie planétaire. « On sait, dit M. Encko.