‹ Œuvres complètes de François Arago (volume 4)Chapitre 373 sur 582 · CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI

DIFFÉRENCES ENTRE LES TEMPÉRATURES MOYENNES DBS SEMBLABLEMBNT SITCÉS AU NORD ET AU MIDI DE L^ÉQCUEI] — LE SOLEIL VERSE UNE ÉGALE QUANTITÉ DE CHALECR LES DEUX HÉMISPHÈRES TERRESTRES

Il résulte de la théorie que nous venons de donner d saisons, que des points semblablement situés au nordi au midi de Téquateur devraient avoir la même tempéii ture moyenne; il n'en est rien, cependant. Quelle pei elre l'origine de cette différence? On a pensé première ment à Tattribuer à une cause astronomique dont m n'avons pas d'abord tenu compte, afin de ne pas comp^ quer l'explication. Je veux parler des changements i\ distance du Soleil à la Terre dans les différents mois à Tannée.

Si l'orbite apparente du Soleil était une circonféreno de cercle, nous n'aurions pas un seul mot à changer ce qui précède. Mais cette orbite est une ellipse ; nou Y avons distingué deux points, le périhélie et Taphéli (liv. XVI, chap. vu, t. ir, p. 226) correspondant à dt distances du Soleil à la Terre assez dissemblables; I dislance périhélie étant 0.9832, on a trouvé, par des nu sures micrométriques, que la dislance aphélie s'élève 1.0168, ou, en d'autres termes, que la distance périhéli étant représentée par 100, la distance aphélie est expn mée par 113. Le Soleil doit éclairer et échauffer u horizon terrestre donné, d'autant plus qu'il est plus prè; d'autant moins qu'il est plus loin, et cela dans le rappoi

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arré des distances. Or, maintenant le Soleil passe à

périhélie vers le mois de décembre et à son aphélie

le mois de juin. Il est donc le plus loin possible de

,, Terre pendant le printemps et Tété de l'hémisphère

1, et le plus près pendant Tautomne et Thiver de ce ^ ne hémisphère.

«a moindre distance du Soleil dans ces deux dernières , ions doit contribuer à tempérer le froid, et la plus ..Dde distance, qui s'observe dans le mois de juin, doit

linuer les chaleurs du printemps et de Tété. L'inverse :a évidemment lieu dans Tbémi^phère sud. Le prinnps et Tété y seront plus chauds que si l'orbite du Soleil lit circulaire, tandis que Pautomne et l'hiver y seront js froids qu'on ne le trouverait dans la même supposition.

Tout ce que nous venons de dire est évident de soiême; mais ne négligeons pas de remarquer que le ^leil se meut plus lentement lorsqu'il est loin et plus vite uand il est près, et qu'en conséquence de ces inégalités e vitesse, le Soleil emploie huit jours de plus à aller de équînoxe de printemps à l'équinoxe d'automne, qu'à )arcourir la demi -circonférence comprise entre l'équiloxe d'automne et l'équinoxe de printemps. Ainsi les deux «lisons chaudes dans notre hémisphère sont certainement un peu plus froides que les saisons chaudes de l'hémisphère sud, mais aussi elles ont plus de durée. Tout compte fait, la compensation est exacte, et l'on trouve ^ue le Soleil, malgré ses changements de distance, verse sur les deux hémisphères de la Terre précisément la même quantité de chaleur; ce n'est donc pas dans le phénomène astronomique lié h la forme elliptique de l'orbite

solaire, ce n*est pas dans les changements de distaooi cet astre à la Terre que nous devons chercb«- la ci de rinégalité de température moyenne qu*OD a trci en comparant des observations faites dans des lieui i blublement situés de part et d'autre de Téquateur, a la température moyenne des tlesMalouines, parei^c et la température moyenne de Londres.

Empressons-nous de le répéter, tout ce que cette ï galité de distance peut entraîner, c'est une inégale ré|| tition des températures dans les différents mois àeU née ; quant au résultat moyen il devrait être absolooH le même ; mais il est une cause liée à la constitution pi sique de notre globe, Tinégale répartition des terres des mers entre les deux hémisphères opposés, qui pt conduire à une explication plausible du phénomène, aii que nous allons essayer de le montrer.

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