‹ Œuvres complètes de François Arago (volume 4)Chapitre 380 sur 582 · LIVRE XXXII. — SAISONS ET CLIMATS · texte numérisé non relu

LIVRE XXXII. — SAISONS ET CLIMATS

irtie de la journée jusque vers les cinq ou six heures du ir. La cause de ce vent est facile à trouver, d'après expérience de Franklin : il dépend en effet, évidemment, !s échauffements inégaux que Taction des rayons solais fait éprouver aux terres continentales et à l'Océan. Chaque jour, lorsque, à partir de neuf heures du ma- Q, la température de la côte commence à dépasser la mpérature moyenne qui est toujours à peu près celle B la mer, l'air qui repose sur celle-ci souffle vers la ^rre. Après neuf heures du soir, au contraire , lorsque i température de la côte est retombée au-dessous de la moyenne, l'air reflue de la terre vers la mer. A la brise e mer ou du matin succède ainsi chaque jour, après juelques heures de calme, la brise du soir ou de terre. jes marins profitent de ces deux vents pour entrer dans ss ports ou pour en sortir.

A propos de cette explication des brises de terre et de ner, je consignerai ici une remarque qui me parait pro~ )re à expliquer pourquoi, sur la côte orientale des États- [Idîs, la température, en été, est si excessive. Si je ne me trompe, la brise de mer, ce vent modérateur des températures, ne peut pas exister sur cette partie des côtes des États-Unis, toutes les fois que le vent d'ouest y souffle. Ce dernier vent, en effet, doit refouler le vent de direction contraire qui, sans cela, se serait répandu de l'Atlantique sur toute l'étendue des côtes des États-Unis..

I^es brises cessent de se faire sentir à une petite distance des côtes, et à leur place régnent en mer les vents qu'on appelle des maussonSf mot qui vient de l'arabe et signifie disons, parce que ces vents soufflent six mois dans un

sens et six mois dans l'autre. L'observation montre q\^. dans l'hémisphère boréal, la mousson de printemps cc»inmence en avril et la mousson d'automne en octobre; dans l'hémisphère austral, où nous avons vu que les saisom sont contraires, la mousson d'automne commence pd avril et la mousson de printemps en octobre. Une rootË-son est toujours dirigée vers l'hémisphère que le Soleil échauffe le plus de ses rayons. Le passag^^d'une mouron à la suivante est souvent une époque critique pour la navigation, soit parce que plusieurs vents forment ui^ espèce de conflit d'où il résulte des tempêtes, soit parce que, ailleurs, il règne un calme plus ou moins prolongeentre les deux moussons contraires. La conformation des mers et des côtes influe sur ces phénomènes de manière à leur imposer des lois particulières dans chaque région. Vers l'équateur, le Soleil frappant la Terre de ses rayons, dans une direction perpendiculaire ou très-peu obliquement, y produit, comme nous l'avons vu, une température constamment plus élevée que dans les autres points de notre globe. Il en résuite que des deux hémisphères doivent affluer vers l'équateur deux courants inférieurs. A cause du mouvement de rotation diurne de la Terre, ces courants rencontrent des couches animées d'une vitesse croissante dans le sens de l'ouest à Test. L'air qui était sur un parallèle de plus petit rayon venant à rencontrer l'air placé sur un parallèle de pIu^ grand rayon, marche moins vite qu'il ne le devrait pour suivre notre globe dans son mouvement ; il est en retard pour un observateur et il doit, par conséquent,' paraître se mouvoir en sens contraire du mouvement diurne. Il

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