‹ Œuvres complètes de François Arago (volume 4)Chapitre 381 sur 582 · LIVRE XXXII. -- SAISONS ET CLIMATS · texte numérisé non relu

LIVRE XXXII. -- SAISONS ET CLIMATS

suite de la combinaison de ces deux effets des vents estants, nommés vents alizés, d*un vieux mot français ai signifie l'uniformité, la constance; ces vents auront ^cessairement, en toute saison, si d'autres causes n'inrviennent pas dans le phénomène, la direction du nord- X dans Thémisphère boréal, et celle du sud-est dans lémisphère austral II est bien entendu que beaucoup ; circonstances locales pourront apporter des changeents à ce résultat théorique. Ainsi, comme Ta appris le ipitaine Basil Hall, entre 8* et 22* de latitude nord, on ouve un vent d'ouest à peu près permanent sur la mer ii baigne la côte occidentale du Mexique, de Panama à péninsule de Californie.

Lorsqu'il s'éloigne des régions équatoriales , et à lesure qu'il se rapproche des zones tempérées sur lesjelles il va retomber en les refroidissant, le courant ipérieur rencontre des couches d'air animées d'une loiodre vitesse dans le sens du mouvement diurne. 11 1 résulte que le retour des vents alizés donne lieu dans s zones tempérées à un vent qui souffle du sud-ouest our l'hémisphère boréal, et du nord-ouest pour Thémi- )hère austral. C'est cette circonstance qui explique 3mroent à Paris le vent souffle plus souvent du sud-ouest ue de toute ïiutre direction.

Dès les premières disputes sur le mouvement réel de i Terre, les coperniciens présentèrent les vents alizés omme une preuve du mouvement de rotation diurne, irigé de l'occident à l'orient. Le venl alizé était à leurs eux, comme le rapporte Cassini dans son Mémoire de 693 sur la lumière zodiacale, une simple illusion.

Uobservateur entraîné par le mouvement de la partit solide de notre globe aurait quitté Tair atmosphériqGt qui, dès lors, aurait semblé produire un vent soufflant es sens contraire, ou de Torient à Toccident. Nous venons de voir que c*est la combinaison des vitesses différentes d^une part des couches d'air déplacées par suite de^ différences de température des divers points du glob et d'autre part des couches atmosphériques entralDécs dans le mouvement diurne , qui produit réellement te vents alizés.

La théorie des vents alizés exige l'existence d^uii contre courant supérieur; plusieurs observations en ont dom^ la preuve. Le capitaine Basil Hall a observé que dans la région des vents alizés, les nuages trës-^levés roarcheni constamment dans une direction opposée à celle du veut inférieur. Le même voyageur trouva, dans le mois d'août 1820, au sommet du pic de Ténériffe, un vent du sudouest, c'est-à-dire un vent diamétralement opposé au vent alizé qui soufflait à la surface de la terre. Le 32 juin 1799, lors de l'ascension que fit sur la même montagne mon illustre ami M. de Humboldt, il régnait sur le sommet du Piton un vent d'ouest très-violent.

Voici une autre preuve de l'existence de ce même contre-courant des vents alizés, déduite de Ta chute à là Barbade des poussières lancées par le volcan de Pile de Saint- Vincent (liv. xx, chap. xiii, t. m, p. 160).

Dans la soirée du 30 avril 1812, on entendit pendaut quelques instants, à l'île de la Barbade, des explosioas tellement semblables aux décharges de plusieurs pièces de gros calibre, que la s:arnison du château Sainte-Anne

Page 1