LIVRE XXXII. — SAISONS ET CLIMATS
e 3 mètres. Sa tête pesait plus de 200 kilog., etc., etc. ; lais la peau se faisait remarquer par une circonstance mte particulière et très-digne d'attention : elle était cou- 3rte de crins noirs et d'un poil ou laine rougeâtre. Les irs blancs, en dévorant les chairs, avaient enfoncé avec urs pieds, dans le sol humide, plus de 15 kilogrammes esant de poils et de crins, qui furent retirés par M. Adams. e cou était garni d'une longue crinière. . Cette double fourrure des éléphants polaires, les poils rides de 7 à 8 centimètres de long qui couvraient la sau du rhinocéros du Wilhoui, étaient trop bien adaptés la rigueur du climat sibérien, pour qu'au moins il soit ermis de mettre en question si ces animaux n'auraient as pu résister à de basses températures, que, dépourvus es mêmes fourrures, leurs analogues vivants ne pourdent pas endurer. Au reste, mon illustre ami, M. de lumboldt, a recueilli dans son voyage en Asie, un fait (trémement important, qui se rattache directement à otre sujet et semble destiné à l'éclairer d'une nouvelle unière. Il a constaté que le tigre royal des Grandesides, qu'on est accoutumé à appeler un animal de la )ne torriide, vit encore aujourd'hui en Asie à de trèsaules latitudes; qu'en été, par exemple, il fait des excurons jusqu'à la pente occidentale de l'Altaï, près de arnaoul, où l'on en a tué plusieurs d'une taille énorme, out porte donc à croire que des éléphants à poils épais Qt pu, jadis, se transporter, durant l'été, jusqu'en ibérie. Or, là, il a dû suffire d'un accident bien ordiaire, même d'un simple éboulement, pour que leurs adavres aient trouvé dans le sol des couches congelées
capables d'empêcher toute putréfaction. 11 résulte, en effet, des observations de M. de Humboldt, que, dm les steppes situées au delà du 62* degré de latitude, la Terre, à la profondeur de ft à 5 mètres, reste éternellement gelée.
Ainsi, il est constaté qu'on pourrait rendre compte ae la présence des éléphants fossiles en Sibérie, sans admettre que cette contrée ait éprouvé un changemeoi subit de climat. Si malgré cela on persistait à croire qu'un tel changement a eu lieu par l'effet d'un choc d^ comète, je rappellerais qu'il a été établi précédemmev (liv. XX, chap. xxv, t. m, p. 349) que, à raison de la grande protubérance liquide équatoriale, il est impossible' de supposer que la Sibérie ait jamais été voisine de? régions équinoxiales, sans admettre en même temps que ses plaines, que toutes ses montagnes se trouvaient an fond de la mer, sous une nappe liquide de plus de 5 lieue? d'épaisseur. Plus de place, conséquemment, sous ce? latitudes, ni pour les éléphants, ni pour les rhinocéros. Avant le choc de la comète; la mer sibérienne aurait éi ' plus chaude qu'aujourd'hui; mais, avec cela, la solution du problème, loin de s'être simplifiée, serait devenue plus difficile.
M. Élie de Beaumont a trouvé le secret de dire encore quelque chose de neuf sur cette question des éléphants de Sibérie, que tout le monde croyait épuisée. Voici comment ce célèbre géologue résoudrait le problème :
La distance du Thian -Chan à l'embouchure du fleuve Lena est de 800 à 900 lieues. A raison de 100 lieues par