‹ Œuvres complètes de François Arago (volume 4)Chapitre 45 sur 582 · LIVRE XXIII. — ATTRACTION UNIVERSELLE · texte numérisé non relu

LIVRE XXIII. — ATTRACTION UNIVERSELLE

corps qaî tombe ou le plomb suspendu à Textrémitë d'un S\ de se diriger exactement vers le centre de la Terre. Toutefois, à cause de Timmensité de la grandeur de la Terre comparée même avec les plus grosses montagnes, on doit concevoir que ht déviation du fil à ploral) ne peut être que très-petite. Il faut avoir recours, pour la mettre en évidence, à des observations délicates. Si Ton suppose qu*on détermine par les méttiodes astronomiques que nous avons feît connaître (liv. xix, chap. xix, t. m, p. 25{|t)^ les latitudes des deux stations situées sur un mênrïe méridien , Tune d'un côté , Tautre de Fautre côté d'une montagne, ta différence de ces deux latitudes donnera l'angle des verticales réelles des tieux ïeux. Si maintenant, par des opérations géodésiques, on mesure la diâtamce qiiî existe entre les deux stations, on calculera, dans rhypothèse de Tapfl'atissement conmi de la Terre, quelle doit être aussi la différence de leurs latitudes. Cette différence sera Tangle des deux verticales hypothétiques non déviées par la monta^. La comparaison des deux nombres obtenus par les deux méthodes, tout compte tenu ^es erreurs d'observation, tSonnerale double de la déviation cherchée.

lia première tentative qu'on ait faîte potrr évaluer la déviation qu'une montagne peut occasionner dans ht direction du fil à plomb , date de 1788, c^est-è-dire de Tépoque où une commission de membres de T Académie de Paris mesuraient le degré du Véron. Le voisinage du Chimboraço seniblaît singulièrement propre à ce genre de recherches; Bouguer avait trouvé par un calcul approximatif, et en supposant la montagne entièrement

solide, que Teffet surpasserait V 30''; mais malheureusement les observations donnèrent un nombre beaucoup plus petit, car par une moyenne la double déviation ne s'éleva qu'à 15''. Du reste, si, vu la petitesse du cjuart de cercle dont on se servait et les discordances des mesures partielles, on peut à peine conclure de ce travail que la montagne avait exercé une action sensible sur le fil à plomb , à plus forte raison n'est-il pas permis de compter sur l'évaluation numérique de l'effet.

En 1773, Haskeline a répété les mêmes expériences au pied des monts Shéhalhiens, en Ecosse, et de la déviation qu'il constata, il chercha à déduire le rapport de la masse de la Terre à celle de la montagne et par suite la densité de la Terre elle-même prise dans son ensemble; il trouva un nombre plus faible d'environ une unité que celui qui fut plus tard déterminé par Cavendish à Taide des expériences que nous avons fait connattre(ch. vm, p. 3&). Nous avons déjà vu que la différence entre la longueur calculée et la longueur observée de l'arc d'un degré du méridien correspondant à l'opération géodésique exécutée en Italie par MM. Plana et Carlini, entre Andrate et Mondovi, ne peut s'expliquer que par l'attraction exercée sur le fil à plomb par la chaîne des Alpes (liv. XX, chap. xxm, p. 337).

Je ne puis pas cependant m'empêcher de faire remarquer que les astronomes font peut-être jouer un trop grand rôle aux attractions locales, et qu'ils ont voulu expliquer par là des discordances que très-souvent il eût été peut-être plus naturel d'attribuer à de simples erreurs d'observation.

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