LIVRE XXXIII. — LE CALENDRIER
îs divers jours de Tannée, des remarques telles que elle -ci: La mer devient orageuse, pluie, grand vent, jnnerfe, neige, grêle fréquente, etc.
Des indications semblables se lisent dans le traité intinié Apparition des fixes^ et attribué à Ptolémée ; Fauteur nnonce jour par jour les états de l'atmosphère.
L'Annuaire agronomique de Columelle renferme des prédictions, résultats d'une observation imparfaite, et |ui , aujourd'hui même, ne manquent pas d'être accueilles avec confiance paroin grand nombre de cultivateurs. *line nous a conservé les remarques qu'on avait faites mtérieurement à son époque.
Les Romains avaient distribué çà et là, dans le cours le Tannée , des jours dans lesquels on devait plus particulièrement s'attendre à des insuccès dans les entreprises politiques ou particulières. Le mot néfaste, qui d'abord ne signiliait que des jours où il était défendu de rendre la justice, prit peu à peu une acception défavorable. On comptait vingt-six de ces jours dans Tannée, savoir deux en chaque mois et trois en janvier et en avril. Il va sans dire que ces jours néfastes étaient spécialement indiqués dans les calendriers romains.
Si Ton consulte l'ouvrage de Lydus publié au \V siècle, on demeurera convaincu que les prédictions de toute nature, fondées sur les aspects des astres, relatives au monde physique et au monde moral, ne sont pas une invention moderne.
Dans cet ouvrage on trouve, en effet, des passages tels que ceux-ci : Si la Lune est éclipsée dans les Gémeaux, la direction des affaires politiques changera de mains; si
un tremblement de terre arrive entre le 9 et le 19, il annoncera des désastres aux gouvernants; et, enfin, s'il a lieu entre le 20 et le 25 ^ les gens de lettres seroDl menacés de la perte de leur crédit.
Ce dernier trait montre que Lydus avait appliqué sor savoir divinatoire à des choses bien peu importantes.
On vient de voir que chez les anciens il n'était guèn question que de calendriers applicables à toutes les année?. Dans le moyen âge , les calendriers généraux furent trè>communs; on les plaçait en tête des livres d'heures ou de. prières.
La publication des calendriers annuels, des almanachs annuels, de ceux qui concernent une année déterminée, remonte à une époque peu ancienne.
Le premier de ces almanachs qui ait été vraiment populaire est celui de Tan bissextil 1636, publié à Liège, sous le nom de Mathieu Laensberg, chanoine de cette ville*; mais l'existence de ce personnage n'est rien lnoin^
1. Nostradamus , célèbre médecin de Provence, avait publié, î partir de 1550 jusqu*à sa mort, un calendrier contenant des pr^ dictions sur les saisons et les temps les plus favorables aux divers travaux agricoles. Je n'ai pas ce calendrier sous les yeux , je ne saurais dire conséquemraent s'il doit être rangé dans les calendrier^ perpétuels ou dans les calendriers annuels. Il ne faut pas coDfoDdrt' ces prédictions météorologiques avec les centuries du même auteur, dans lesquelles il annonçait l'avenir en vers presque inintelligibles, et qui, & cause de cela peut-être, lui valurent la protection de U superstitieuse Catherine de Médicis.
Rabelais est cité par ses biographes comme Tauteur d'almanach^: pour les années 1533, 1535, 15^8 et 1550; quelques-uns de ces almanachs, à ce qu'on assure, renfermaient des pronostics; mais il^ sont devenus très- rares. Au reste, on ne peut douter du peu d»» confiance que le facétieux curé de Meudon accordait à ses propres prédictions, lorsqu'il se mêlait de prédire Tavenir, par le passage sui-