LIVRE XXIII. ^ ATTRACTION UNIVERSELLE
loyens angjulaires de révolution et d& rotatiou de notre itctiite. Â cause de cette égalité parfaite, la Lune prémte toujours le même côté à la Terra (Uv» jsj^ cli. x , I et XXIX. t. m^ p. 406, ft2â et 486). Ubéaiisphèrç ue nous voyons aujourd'hui est précisément celui qu£ oyaient nos ancêtres aux époques les plus reculées; 'est exactement rhémisphàre qu'observeront no&arrièro' fiveux.
Les causes finales dont ccdptains pbilosophea ont usé ivec si peu de réserve pour rendre compte d'un gmnd lombre de phénomènes naturels, étaient» daoa le cm yarticulier que nous signalons,, sans application possible. Comment prétendre, en effet, que les hommes pourraient noir un intérêt quelconque à apercevoir sans cesse le nêine hémisphère de la Lune » à ne jamais entrevoie Thémisphère opposé? D'autre part, une égalité parfaite» mathématique, entre des éléments sans liaison nécessairct tels que les mouvements de translation, et de rotation d'un corps céleste donné, ne choquait pas moins les idéea de probabilité» Il y avait d'ailleurs deux autres colncidcDces numériques tout aussi extraordinaires : une orieup talion identique, relativement aux étoiles, de l'équateur et de l'orbite de la Lune ; des mouvements de précession de ces deux plans ,, exactement égaux* Cet ensemble de phénomènes singuliers, découverts par J.-D. Cassini, constituait le code mathématique de ce qu'on a appelé la libration de la Lune.
La iibration était encore une vaste et très-f&cheuse lacune de l'astronomie physique , quand Lagrange la ht dépendre d*une cùrconstance, dans la figure de notre
satellite, non observable de la Terre, quand il la rattacha complètement aux principes de l'attraction universelle.
A répoquc où la Lune se solidifia, elle prit, sous Faction de la Terre, une forme moins régulière, moins simplt que si aucun corps attractif étranger ne s'était trouvé i proximité. L'action de notre globe rendit elliptique m équateur qui, sans cela, aurait été circulaire. Cette actioo n'empêcha pas l'équateur lunaire d'être partout renflé, mais la proéminence du diamètre équatorial dirigé vers la Terre , devint quatre fois plus considérable que celle du diamètre que nous voyons perpendiculairement.
La Lune s'offrirait donc à un observateur situé dans l'espace et qui pourrait l'examiner transversalemeat comme un corps allongé vers la Terre, comme une sorte de pendule sans point de suspension. Quand un pendule est écarté de la verticale , l'action de la pesanteur Ty ramène ; quand le grand axe de la Lune s'éloigne de sa direction habituelle, la Terre le force également à y revenir.
Voilà donc l'étrange phénomène complètement expliqué, sans recourir à une égalité, en quelque sorte miraculeuse, entre deux mouvements de rotation et de translation entièrement indépendants. Les hommes ne verront jamais qu'une face de la Lune. Les observations nous l'avaient appris; maintenant nous savons de plus que cela est dû à une cause physique calculable et visible seulement avec les yeux de Tesprit ; que cela est dû à l'allongement qu'un diamètre de la Lune éprouva, quand l'astre passa de l'état liquide à l'état solide, sous l'actioo attractive de la Terre.