‹ Œuvres complètes de François Arago (volume 4)Chapitre 8 sur 582 · LIVRE XXIII. — ATTRACTION UNIVERSELLE · texte numérisé non relu

LIVRE XXIII. — ATTRACTION UNIVERSELLE

semblables, il conclut que le tout attire la partie ; qu'ainsi la Terre attire les substances terrestres, la Lune les substances lunaires , le Soleil les substances solaires , et de même pour tous les autres corps célestes. Il ne va pas cependant jusqu'à admettre que les corps célestes s'attirent les uns les autres, mais il sent qu'il y a lieu d'examiner pourquoi la Lune ne tombe pas sur la Terre ; je prends la traduction d'Amyot :

• Et toutefois, il y a le mouvement de la Lune qui , en garde qu'elle ne tombe, et la violence de sa révolution , ne plus ne moins que les pierres et cailloux, et tout ce que l'on met dedans une fronde sont empeschés de tomber parce qu*on les tourne violemment en rond. Car chaque corps se meut selon son mouvement naturel , s'il n'y a autre cause qui l'en détourne. C'est pourquoi la Lune ne se meut point selon le mouvement de sa pesanteur, estant son inclination déboutée et empeschée par la violence de sa révolution circulaire. »

L'idée de la gravitation se précise d'âge en âge. Nous venons de voir les idées de Platon et d'Âristote , 400 ans avant notre ère. Au vr siècle , Simplicius exprime d'une manière générale cette pensée que l'équilibre des corps célestes tient à ce que la force centrifuge a la haute main sur la force qui attire ces corps vers les régions inférieures. Vers le même temps, Jean Philopon, élève d'Ammonius Herméas, attribue le mouvement des planètes à une impulsion primitive et à un effort constant pour tomber. Copernic, au milieu du xvi* siècle, estime que la gravité est une attraction naturelle qui fait de chaque corps céleste un centre agissant sur le reste de

U ASTRONOMIE POPULÂIRB.

r univers. C'est là une vue nouvelle, clairement exposée, que bientôt Kepler soumet pour la première fois au ealcuL Mais rillu3tre auteur des lois des mouvemei^ pUmétaires ne peut que donner une «appréciation ine^iaote de la gravitation réciproque de la Terre et de la Lune» iuivajrt le rapport de leurs inasses. En effet, çomne le reaian|iie Delambre, «par une distraction , ou plutôt par une préoccupation difficile à concevoir, Kepler crut qm l'attraction devait décroître en raison de la simple diakanecw quoiqu'il eût solidement établi que l'intensité de ta lumiètQ diannoe en raison des surfaces sur lesquelles elle ae distribue» c'est-à-dire en raiscm du carré da la distance. » C*<at amai que Kepler a laissé à NewUm la gloire de trouver la cavae physique capable d^ faire parcourir aux planites des courbes fermées, et de placer dans d^es for^s la principe diç la conservation du monde»

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