‹ Œuvres complètes de François Arago (volume 5)Chapitre 106 sur 153 · DU DISQUE SOLAIRE · texte numérisé non relu

DU DISQUE SOLAIRE

Des phénomènes de la polarisation colorée donnent la certitude que le bord du Soleil n'a pas une intensité de lumière notablement différente de celle du centre ; car en plaçant dans le polariscope un segment du bord sur un segment du centre, j'obtiens (comme effet complémentaire du rouge et du bleu) un blanc pur. Dans un corps solide (dans une boule de fer chauffée au rouge) le même angle de vision embrasse une plus grande étendue au bord qu'au centre, selon la proportion du cosinus de l'angle; mais, dans la même proportion aussi, le plus grand nombre de points matériels émettent une lumière plus faible en raison de leur obliquité. Le rapport de l'angle est naturellement le même pour une sphère gazeuse ; mais l'obliquité ne produisant pas dans les gaz le même effet de diminution que dans les corps solides, le bord de la

i. Note publiée dans le troisième volame du Cosmos de M. de Humboldt à qui M. Arago l'a remise en 1847. — Voir le quatrième Mémoire sur la photométrie, p. 234 à 241.

fj^ .cre goz^ease serait plus luminem que le centre. Ce que Lvis appelons le disque lomineiix du Soleil est la photosphère gazeuse, comme je Tai prouvé en constatant le manque aheola de traces de polarisation sur le bord du di^oe. Pour expliquer donc Tégalité d'intensité du bord et du centre indiquée par le polariscope, il faut admettre une enveloppe extérieure qui diminue (éteint) moins la lumière qui vient du centre que les rayons qui viennent sur le long trajet du bord à rœil. Cette enveloppe extérieure forme la couronne blanchâtre dans les éclipses totales du Soleil. La lumière qui émane des corps solides et liquides incandescents est partiellement polarisée quand les rayons observés forment avec la surface de sortie un angle d'un petit nombre de degrés; mais il n'y a aucune trace sensible de polarisation lorsqu'on regarde de la même manière dans le polariscope des gaz enflammés. Cette expérience démontre que la lumière solaire ne sort pas d'une masse solide ou liquide incandescente.

La lumière ne s'engendre pas uniquement à la surface des corps ; une portion naît dans leur substance même , cette substance fût-elle du platine. Ce n'est donc pas la décomposition de l'oxygène ambiant qui donne la lumière. L'émission de lumière polarisée par le fer liquide est un effet de réfraction au passage vers un milieu d'une moindre densité. Partout où il y a réfraction, il y a production d'un peu de lumière polarisée, les gaz n'en donnent pas, parce que leurs couches n'ont pas assez de densité. La Lune, suivie j>cïi<iant le cooars d'une lunaison entière, offre des effet* ^ ï>oUr««tion, excepté à l'époque de la pleine lune et <1<^v; jAni^^ <;i^ù en approchœt beaucoup.

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