SUR LA VISION CONFOSE
de la pupille, communication d'irritabilité à des points voisins sur la rétine. La vue confuse est celle où le foyer ne tombe pas exactement sur la rétine , mais tombe ou devant ou derrière la rétine. Les queues des étoiles sont l'effet de la vision indistincte, autant qu'elle dépend de la constitution du cristallin. D'après un très-ancien Mémoire de Hassenfratz (1809) « les queues, au nombre de 4 ou 8, qu'offrent les étoiles ou une bougie vue à 25 mètres de distance, sont les caustiques du cristallin formées par l'intersection des rayons réfractés. » Ces caustiques se meuvent à mesure que nous inclinons la tête. La propriété de la lunette de terminer l'image fait qu*elle concentre dans un petit espace la lumière qui sans cela en aurait occupé un plus grand. Cela est vrai pour les étoiles fixes et pour les disques des planètes. La lumière des étoiles qui n'ont pas de disques réels conserve la même intensité, quel que soit le grossissement. Le fond de l'air, duquel se détache l'étoile dans la lunette, devient plus noir par le grossissement, qui dilate les molécules de l'air qu'embrasse le champ de la lunette. Les planètes à vrai disque deviennent elles-mêmes plus pâles par cet effet de dilatation. Quand la peinture focale est nette, quand les rayons partis d'un point de l'objet se sont concentrés en un seul point dans l'image , l'oculaire donne des résultats satisfaisants. Si , au contraire , les rayons émanés d'un point ne se réunissent pas au foyer en un seul point, s'ils y forment un petit cercle , les images de deux points contigus de l'objet empiètent nécessairement Tune sur l'autre ; leurs rayons se confondent. Cette confusion , la lentille oculaire ne saurait la faire disparaître.
L'ofiice qa^elle remplit exclusivement, c'est de grossir; elle grossit tout ce qui est dans Timage, les défauts comme le reste. Les étoiles n'ayant pas de diamètres angulaires sensibles, ceux qu*elles conservent toujours tiennent pour la plus grande partie au manque de perfection des instruments (à la courbure moins régulière donnée aux deux faces de la lentille objective) et à quelques défauts et aberrations de notre œil. Plus une étoile semble petite, tout étant égal quant au diamètre de l'objectif» au grossissement employé et à l'éclat de l'étoile observée, et plus la lunette a de perfection. Or le meilleur moyen de juger si les étoiles sont très-petites, si des points sont représentés au foyer par de simples points , c'est évidemment de viser à des étoiles excessivement rapprochées entre elles et de voir si dans les étoiles doubles connues les images se confondent, si elles empiètent l'une sur l'autre ou bien si on les aperçoit bien nettement séparées.