‹ Œuvres complètes de François Arago (volume 5)Chapitre 113 sur 153 · PENDANT LE JOUR · texte numérisé non relu

PENDANT LE JOUR

On observe qu'une lumière forte fait disparaître une lumière faible placée dans le voisinage. Quelle peut en être la cause? Il est possible physiologiquement que l'ébranlement communiqué à la rétine par la lumière forte s'étende au delà des points que la lumière forte a frappés et que cet ébranlement secondaire absorbe et neutralise en quelque sorte l'ébranlement provenant de la seconde et faible lumière. Mais sans entrer dans ces causes physiologiques, il y a une cause directe qu'on peut indiquer pour la disparition de la faible lumière : c'est que les rayons provenant de la grande n'ont pas seulement formé une image nette sur la rétine, mais se sont dispersés aussi sur toutes les parties de cet organe , à cause des imperfections de transparence de la cornée. Les rayons du corps plus brillant a, en traversant la cornée, se comportent comme en traversant un corps légèrement dépoli. Une partie de ces rayons réfractés régulièrement forme l'image même de a, l'autre partie dispersée éclaire la totalité de la rétine. C'est donc sur ce fond lumineux que se projette l'image de l'objet voisin 6. Cette dernière image doit donc ou disparaître ou être

1. Note remise en 18/i7 par M. Arago à M. de Humboldt, et insérée dans le tome III du Cosmos^ p. 287.

affaiblie. De jour, deux causes contribuent à l^affaîblîssement des étoiles : l'une de ces causes c'est l'image distincte de cette portion de l'atmosphère comprise dans la direction de l'étoile (de la portion aérienne placée entre l'œil et l'étoile) et sur laquelle l'image de l'étoile vient se peindre ; l'autre cause , c'est la lumière diffuse provenant de la dispersion que les défauts de la cornée innpriment aux rayons émanant de tous les points de l'atmosphère visible. De nuit, les couches atmosphériques interposées entre l'œil et l'étoile vers laquelle on vise n'agissent pas ; chaque étoile du firmament forme une image plus nette, mais une partie de leur lumière se trouve dispersée à cause du manque de diaphanéité de la cornée. Le même raisonnement s'applique à une

deuxième, troisième, millième étoile. La rétine se

trouve donc éclairée en totalité par une lumière diffuse, proportionnelle au nombre de ces étoiles et à leur éclat On conçoit par là que cette somme de lumière diffuse affaiblisse ou fasse entièrement disparaître l'image de rétoile vers laquelle on dirige la vue.

Page 1